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La lutte contre la grande exclusion, grande cause de la mandature

L’absence d’engagements clairs pris par l’État saute aux yeux alors que l’ouverture de places d’hébergement d’urgence et d’accueil de jour, la création de maraudes doit relever de sa compétence. Face à cette situation, nous avons fait adopter deux vœux. La Ville demandera par conséquent à l’État de mieux reconnaître les services de domiciliation administrative et de préciser dans les meilleurs délais ses engagements dans la lutte contre la grande précarité.

Retrouvez l’intervention d’Hervé Bégué

Madame la Maire, mes chers collègues,

Cette démarche nous parait intéressante à plusieurs niveaux.

Elle permet de réunir une grande diversité d’acteurs, Ville, Etat, Associations agissant sur le champ social, les acteurs de la santé et des opérateurs publics tels que RATP ou SNCF.

Tout le monde n’a pas forcément l’habitude de se parler et, de se poser ensemble pour réfléchir à améliorer l’action menée auprès d’un même public ;

Que ce soit :
• L’Etat et la Ville pour le financement des dispositifs et la gestion du droit commun (services sociaux et sécurité sociale, par exemple).
• Les différentes associations qui gèrent des dispositifs tels que centres d’hébergements, maraudes ou distributions alimentaires.
• Les grands opérateurs publics qui sont en première ligne face à l’exclusion dans les gares ou les stations de métro qui sont des lieux de refuge pour les personnes sans-abris.

Cette démarche a abouti à l’élaboration de 106 propositions concrètes dont la qualité principale est de réfléchir sur plusieurs échelles du quartier à l’arrondissement, à la Ville, le Métropole, la région et le national.

Nous espérons que les engagements pris soient suivis d’effets concrets, nous y veillerons et nous nous y engagerons.

A ce sujet je voudrais prendre deux exemples :
1. Sur l’arrondissement : La révision de la charte de prévention des expulsions est une bonne chose, mais nous pensons qu’il faut aller plus loin sur ce sujet. Sur l’exemple de ce qui se pratique dans le 14e arrondissement avec la commission de prévention des expulsions, ce devrait être mise en place dans chaque arrondissement pour informer les personnes de leur droits et pour, parfois, éviter des drames humains et aussi, ce qui n’est pas négligeable, travailler en bonne intelligence avec le commissariat de police.
2. Mesure nationale, avec l’extension de la « garantie jeune » pour mieux accompagner les jeunes en difficultés.

Par contre nous pensons que la question des moyens reste trop peu abordée dans le pacte. Alors que l’Etat est le seul compétant en matière de lutte contre la grande exclusion et que chacun s’accorde à dire que les besoins augmentent de façon très importante comme le démontrent deux exemples :

1. L’augmentation du nombre de demandes d’hébergements au 115 de Paris (chiffres issus du baromètre du 115 réalisé par la FNARS). Nous sommes passés de 491 demandes/jour en décembre 2012 à 794 en décembre 2014.
2. Les solutions d’hébergements proposées par le 115, même si le taux de réponses positives augmente durant la période hivernale, les solutions restent qualitativement médiocres (gymnases et centres temporaires qui ferment au 31 mars, ou hôtels meublés bien souvent de piètre qualité et qui peuvent changer du jour au lendemain).

Les engagements de l’Etat sur l’augmentation et l’amélioration de l’offre d’hébergement rentent très vagues :
• Les objectifs du plan national pour réduire le recours aux nuitées ne sont pas détaillés pour Paris et Ile de France.
• Comme l’exprime l’exécutif au travers d’un vœu, nous doutons de l’engagement de l’Etat pour l’aide à la pierre allouée à la Ville. Là aussi l’Etat partage nos objectifs, nous félicite lorsque nous revoyons notre ambition de création de logements sociaux à la hausse mais il ne nous accompagne pas et réduit sa participation financière.
Nous craignons qu’il en soit de même pour l’hébergement d’urgence.

C’est la raison pour laquelle le groupe Communiste/Front de Gauche a déposé un vœu pour dénoncer ce manque d’engagement financier de l’Etat, pour solliciter la hausse des moyens dédiés à la lutte contre la grande exclusion.

Il en est de même en matière de domiciliation administrative étape incontournable pour la reconnaissance des droits.

L’Etat doit faire respecter par les communes l’obligation de fournir une domiciliation administrative aux personnes ayant un lien avec leur commune.

Il doit créer une ligne de financement pérenne pour les activités de domiciliations.

Je vous remercie.

Retrouvez les vœux relatifs à la grande exclusion déposé par le groupe communiste-Front de Gauche :

Vœu relatif au désengagement financier de l’État

Vœu relatif à la domiciliation administrative des personnes Sans Domicile Fixes

Publié le

20 mars 2015

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