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Plan de lutte contre la grande exclusion "insérer durablement pour permettre l’insertion de tous"

Pour sortir durablement les personnes de la rue, il faut d’abord agir sur l’emploi des personnes des plus en difficultés. La collectivité prend ses engagements au travers du développement des dispositifs d’insertion mais les responsabilités du secteur privé ne doivent pas être oubliées : c’est en assumant de mener des politiques d’embauche ambitieuses et une meilleure gestion sociale que nous lutterons efficacement contre le chômage et la précarité.

Retrouvez l’intervention de Danièle Premel

Madame la Maire, Cher collègues,

Le rapport entre exclusion et insertion ne date pas d’aujourd’hui. Dès 1974, René Lenoir dans son livre « les Exclus » montre que la société de consommation laisse sur le bord du chemin trois catégories de personnes : les personnes âgées qui n’ont que le minimum vieillesse, les handicapés et les personnes marginalisées.

En 1987, ATD Quart Monde présente un rapport sur "la grande pauvreté et la précarité économique" dans lequel il définit la précarité comme "l’absence d’une ou plusieurs des sécurités, notamment celle de l’emploi.

Reconnaissons que Les dispositifs d’aide à l’accès à l’emploi bien que progressivement enrichi de multiples formules d’accompagnement non pas réussir à insérer véritablement les personnes les plus marginalisée dans des formes classiques d’emploi. Alors, qu’économiquement et socialement chaque individu doit pouvoir s’inscrire positivement dans une organisation du travail.

Je relèverai 3 axes qui me semblent plus innovants et au cœur même de l’insertion et de l’emploi.

le 1er Axe : En direction des Jeunes
En adaptant le dispositif premières heures au public jeunes en errance pour favoriser la reprise d’activité professionnelle par quelques heures dans un premier temps puis en les augmentant progressivement au rythme de ce que la personne est en mesure d’assumer.
En mettant en place la « garantie Jeunes » qui vise à conduire des jeunes en grande précarité à s’installer de façon autonome dans la vie active..
Mais ces deux modes d’actions doivent être renforcés par des dispositifs de formation adaptés dans leur contenus et innovants dans leur méthode pédagogiques.

Le 2ème Axe : En direction des sans domicile fixe
En renforçant l’accompagnement des allocataires du RSA sortis de rue par la collaboration entre Pôle emploi et les permanences sociales d’accueil et en inventant de nouvelles formes d’activités adaptées aux grands exclus.
Ces actions reposent à la fois sur une collaboration d’expertises et une capacité d’imaginer, de concevoir, d’animer et de porter des projets innovants

Le 3ème Axe ; En direction des entreprises
En associant les entreprises à la lutte contre l’exclusion
En développant des postes en SIAE et la volonté de mettre en œuvre réellement les clauses sociales par la structuration d’un pôle de facilitateurs de clauses sociales, à l’échelle parisienne

La mise en œuvre de ce 3ème axe demande au-delà des propositions liées à l’opérationnalité un changement de culture et de positionnement vis à vis de l’exclusion et des exclus tant du point de vue des opérateurs institutionnels que des acteurs économiques.
Dans cette démarche les Entreprises et les donneurs d’ordre doivent garantir la qualité sociale et éthique de leurs pratiques et affirmer leur responsabilité sociale par des mises en actes concrètes.

J’interviendrai à présent sur 2 délibérations rattachées

La délibération 162 G concernant la convention d’accompagnement socioprofessionnel des allocataires RSA sans domicile fixe. Si l’objectif de contractualisation a été ramené de 40 à 30% ce qui me semble plus réaliste après le bilan. Je m’interroge sur l’objectif de 50% pour les allocataires en suivi renforcé qui n’a aucune référence scientifique et par ailleurs même pas atteint par les dispositifs qui bénéficient de subventions européennes.

D’autre part, il faudra que Comité de suivi ait les moyens d’une véritable évaluation qualitative et non comme on le constate trop souvent uniquement de bilan chiffré pour jouer un véritable rôle d’impulsion et d’ajustement de l’action.

La délibération 283 G concernant l’accompagnement renforcé « Louez solidaire et sans risque nous saluons l’allongement de la durée cible à 36 mois de prise en charge et qui développe l’aspect logement complémentaire à l’emploi car nous savons combien le logement peut-être un facteur décisif dans l »accès à l’emploi
Pour nous, viser l’inclusion c’est aussi répondre à quelle place nous souhaitons insérer les personnes très marginalisées Dans quelle société ? Pour nous il s’agit avant tout de mettre l’humain d’abord.

Nous sommes convaincu qu’il ne faut pas s’arrêter à l’accompagnement mais proposer des créations d’emploi et développer la production qui seules ouvrent le dépassement d’une action d’aide. C’est ce que nous espérons à travers notre proposition d’une MIE « Fabriquer à paris pour relever les défis sociaux et environnementaux » qui devra tracer des perspectives de nouvelles productions, de nouveaux métiers, de nouveaux emplois et être un levier d’insertion professionnelle pour les plus marginalisés .

C’est dans cette approche que pour nous ce Pacte Parisien, que nous soutenons, peut répondre à la lutte contre la Grande exclusion.

Publié le

20 mars 2015

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