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Intervention de Danièle Prémel à l’avis du Conseil de Paris relatif aux dérogations au repos dominical

Nous continuerons à militer pour un temps libéré pour les salariés, un temps commun dédié à vie sociale et aux loisirs, qui suppose que la grande majorité des habitants de notre ville bénéficient d’un temps libre au même moment.

Retrouvez l’intervention de Danièle Prémel

Madame la Maire,

Cette délibération est tout d’abord une victoire, celle de la conquête du droit de la Ville de Paris d’être une ville comme les autres. La limitation spécifique du droit et des prérogatives du Maire de Paris par rapport à ses homologues, archaïsme hérité de l’histoire politique de notre capitale, ne pouvait pas durer éternellement, et nous nous en réjouissons.

La Maire de Paris a désormais le droit, comme tout Maire dans notre pays, de définir le nombre de dimanches où les magasins peuvent être ouverts. C’est une avancée démocratique pour notre collectivité, une injustice réparée grâce à la question prioritaire de constitutionnalité posée par la Ville.

Le Conseil constitutionnel a donné satisfaction à la ville. Le débat sur l’ouverture dominicale sera désormais une question en partie dépendante du conseil de Paris. Je dis bien en partie, parce que la désignation des zones touristiques internationales a profondément amoindri la portée de notre victoire.

Encore une fois, l’État décide de nier le rôle de représentants démocratiquement élus par les parisiennes et les parisiens en créant ces zones où les magasins sont ouverts sept jours sur sept sans que la ville puisse donner le moindre avis. Parmi les nombreux points négatifs de la loi Macron, ce camouflet adressé une nouvelle fois aux parisiennes et aux parisiens, en reniant la légitimité de leurs représentants, n’est pas un des moindres.

Pour ce qui concerne le vote sur cet avis, nous y voterons favorablement parce que nous héritons de ce nouveau droit en cours d’année, et qu’il faut maintenir la stabilité des décisions politiques prise par le Préfet l’année précédente. Le nombre de dimanches ouverts cette année a été défini en 2015 en concertation avec différentes organisations professionnelles et syndicales, et nous nous y tiendrons.

Mais nous serons stricts sur l’avis à donner pour les dimanches ouvrés de l’année prochaine, et nous militerons pour le moins d’ouvertures possibles.

Dans ce temps futur mais proche, il nous faudra prendre en compte la nouvelle donne, celle de la Métropole qui sera saisie pour avis. Nous savons par avance qu’il nous faudra engager un débat sans concession pour porter au sein de la Métropole notre position d’élus de Paris qui refusent de croire aux chimères libérales du travail du Dimanche et qui continueront à défendre l’art de vivre dans sa famille et sa cité
Nous défendrons toujours le principe du repos dominical, ce repos commun à la grande majorité des personnes qui travaillent dans notre pays. Beaucoup de salariés qui travaillent dans les zones touristiques internationales se plaignent d’une dégradation sensible de leurs conditions de travail, du passage brutal à un mode de vie décalé, et de leur difficulté plus grande à mener une vie de famille.

Derrière les arguments idéologiques développés par la droite, derrière les fausses promesses d’emploi scandées par le medef, c’est bel et bien cela, la suppression du repos dominical : une baisse de la qualité de vie des salariés, une baisse du temps dévolu à la vie sociale et familiale et, par ricochet, une dégradation du vivre ensemble. C’est aussi de plus grandes difficultés pour les petits commerces indépendants de Paris, qui n’arrivent à pas à tenir la cadence des grandes surfaces, et ainsi freiner le dynamisme de Paris.

Nous continuerons à militer pour un temps libéré pour les salariés, un temps commun dédié à vie sociale et aux loisirs, qui suppose que la grande majorité des habitants de notre ville bénéficient d’un temps libre au même moment. Nous militerons toujours pour un jour de repos hebdomadaire régulier, qui est une des conditions pour un rythme de vie stable, et une vie familiale équilibrée.

Nous serons donc vigilants sur le fait que cette avancée pour le statut de Paris soit une avancée pour toutes celles et ceux qui travaillent à Paris, et celles et ceux qui ont le cœur à gauche.

Je vous remercie.

Publié le

26 septembre 2016

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