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Intervention de Danièle Premel " l’investissement public permet de mieux répondre aux besoins de la population"

Intervention en séance du Conseil de Paris des 20, 21 et 22 octobre 2014

Madame La Maire, mes chers collègues,

Nous le disons sans détour, la politique d’austérité menée par le gouvernement risque de nous mener droit dans le mur. En voulant réduire de moitié notre dotation globale de fonctionnement, l’Etat remet directement en cause notre capacité à investir dans les équipements et services publics.

Faut-il rappeler que les collectivités locales assurent à elles seules, 71% de l’investissement public ? Contrairement à ce que certain laisse penser, les collectivités ne sont pas dépensière par nature. L’investissement public n’est pas de l’argent jeté par les fenêtres ?

C’est l’investissement public qui permet de mieux répondre aux besoins de la population, de créer les places en crèches et les logements sociaux dont nos concitoyens ont tant besoin. C’est l’investissement public qui nourrit les carnets de commandes de nombreuses entreprises et crée indirectement des dizaines de milliers d’emplois chaque année. C’est l’investissement public qui nous sortira de la crise dans laquelle nous ont plongés les chancres de l’austérité.

Si je m’en tiens au dernier conseil de Paris, je remarque d’ailleurs que nous partageons tous cette conception comme nous l’avons fait savoir en adoptant à l’unanimité la motion de l’Association des Maires de France (l’AMF).

Je constate également que cette conception prédomine dans ce débat d’orientation budgétaire, nous pouvons nous en réjouir. Ce sont en effet 8.5 Milliards d’€ qui seront consacrés à l’investissement dans les 6 années à venir. Nous souhaitons réaffirmer notre volonté de prioriser les investissements en matière de petite enfance, au travers notamment de la création de 5000 places en crèches sur la mandature. Mais également en matière de santé car nous savons que l’offre en secteur 1 est amené à disparaitre dans Paris si nous n’intervenons pas malgré l’explosion de la demande chez la population.

Nous savons également que les quartiers populaires de la capitale ont trop longtemps été délaissés à l’époque où la droite dirigeait Paris. Nous nous devons donc de mobiliser les moyens nécessaires pour rattraper ce retard accumulé en affirmant notre volonté de voir les quartiers populaires prioritairement visé par les investissements de la mandature à venir.

Enfin, nous faisons du logement notre priorité absolue en nous fixant un objectif ambitieux : La création de 10 000 logements par an tout en poursuivant un but de mixité sociale. Il nous faudra ainsi rééquilibrer l’offre en logements sociaux vers les quartiers prioritaires.

Mais pour mener à bien cette politique, il nous faut nous en donner les moyens. Nous le savons, le foncier disponible se fait de plus en plus rare à Paris. La création de logement, surtout dans les quartiers déficitaire du centre et de l’ouest de Paris passe alors par la préemption dans le diffus. Nous pouvons signaler que ce sont déjà 13000 familles qui ont échappé à la vente à la découpe grâce à la préemption.

C’est pour cette raison que nous devons pouvoir compter sur d’importantes réserves inscrites au compte foncier consacré au logement. La volonté d’assurer un rythme de cession d’actifs immobilier de 200 M d’€ par an doit ainsi à nos yeux s’équilibrer avec les sommes que nous consacrerons à l’acquisition foncière et immobilière pour création de logements sociaux. Sans cela, quelle serait la légitimité des cessions demandées si elle ne visées cet objectif ? C’est pour enlever toute ambigüité que nous devons afficher clairement la corrélation entre cession et acquisition en vue de la création de logement ? C’est ce qui remettrait à nos yeux de la cohérence au cœur de notre gestion.

Publié le

20 octobre 2014

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