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Intervention de Danièle Premel sur la démocratie locale et la participation citoyenne

Intervention en séance du Conseil de Paris du 20 mai 2014

Madame la Maire, Monsieur le Représentant du Préfet, mes chers collègues,

L’attachement à la participation citoyenne et à la coconstruction des politiques publiques est fondamental pour le groupe Communiste - Front de Gauche.

Nous avons la conviction que la citoyenneté active permet de redonner confiance en la politique et aux pouvoirs des citoyens et de sortir ainsi de cette société de défiance mortifère pour nos sociétés et démocraties. À Paris, l’idée de participation citoyenne a été et reste encore le ciment de la majorité de Gauche. Déjà, en 1995, ce sont les arrondissements de l’Est parisien nouvellement gagnés par la Gauche qui ont créé les premiers conseils de quartier et permis de mener des expérimentations très novatrices. Je pense notamment au budget participatif de la voirie qui avait été mis en place en 2002 et 2008 dans le 20e arrondissement. J’en profite pour rendre hommage à notre camarade Jacques BAUDRIER qui était à ce moment-là adjoint au Maire du 20e en charge de la voirie.

D’autres formes de participation ont également été testées à Paris. Je pense notamment à la démarche qu’avait menée Christian SAUTTER pour présenter et expliquer le budget parisien à l’ensemble des conseils de quartier, à la mise en place d’ateliers participatifs sur le grand programme d’aménagement urbain. C’est sur ce socle et ces avancées, et sur des exemples comme Porto Alegre que nous pouvons aujourd’hui construire une nouvelle étape dans laquelle démocratie locale et participation citoyenne se renforcent.

Le groupe Communiste - Front de Gauche est donc favorable à l’adoption du voeu de l’Exécutif qui prend acte de l’importance de redonner un second souffle à la démocratie locale parisienne. Des processus nous sont proposés pour permettre de faire émerger les attentes et les demandes des habitants, et ainsi co-construire l’ensemble des projets que nous souhaitons mettre en oeuvre durant les six années à venir.

Nous sommes plus particulièrement satisfaits de la généralisation des budgets participatifs à l’ensemble des arrondissements parisiens, qui paraît répondre à l’enjeu de redynamisation de la démocratie locale en la couplant à des expériences de démocratie directe suivies d’effets concrets. Il s’agit là d’une avancée majeure que notre groupe souhaiterait à terme voir amplifier jusqu’à l’examen complet du budget par les habitants pour qu’une part toujours plus significative de celui-ci soit décidée démocratiquement avec leur participation active tout en garantissant la qualité du débat public et par là, favoriser leur pouvoir d’agir.

Au-delà des déclarations d’intention, nous porterons une grande attention aux conditions dans lesquelles ces outils seront mis en oeuvre et nous veillerons à ce que le cap que nous propose ce voeu soit bien suivi. Premièrement, la pleine implication des services de l’administration et des agents de la Ville. Si l’on veut que les résultats de la participation citoyenne soient à la hauteur de nos attentes, les services devront intervenir en appui des discussions, fournir les éléments de diagnostic et apporter leur expertise technique pour aider à la prise de décision collective.

Cet objectif, nous ne l’atteindrons qu’en associant le citoyen au processus de la prise de décision du début à la fin. Nous devons nous appuyer sur les habitants et leur expertise du quotidien. La pertinence des politiques que nous mettons en oeuvre repose avant toute chose sur de bons diagnostics qui doivent nécessairement être construits et partagés.

Deuxièmement, la formalisation des dispositifs et une information plus large qu’aux seuls participants. En effet, il nous faut garder à l’esprit qu’il faut ouvrir les conseils de quartier et les autres instances au plus grand nombre pour impliquer les groupes les plus susceptibles d’exclusion tout en s’assurant que le dispositif est lisible pour tout un chacun.

Troisièmement, la mise à disposition d’expertises et de formations pour les participants au processus de proposition ou de décision. Pour cela, l’éducation populaire et ses méthodes devront être mises à contribution pour venir former et accompagner les participants habitants, mais aussi les élus, aux processus de co-construction.

Enfin, nous ne devons pas limiter la participation citoyenne au seul rôle joué par les habitants. Une multitude d’acteurs façonne les contours de notre ville, qu’ils soient salariés, chefs d’entreprise ou acteurs associatifs. La dimension métropolitaine de Paris n’est plus à prouver.

De nombreuses personnes passent le plus clair de leur temps à Paris, que ce soit pour y travailler ou pour s’y divertir. Nous avons pour devoir de les écouter, de les prendre en compte pour que chacun trouve sa place dans ce processus global de participation citoyenne.

C’est pour cette raison que le groupe Communiste - Front de Gauche a proposé à Anne HIDALGO de créer un conseil économique, social et environnemental parisien qui viendra compléter le dispositif mis en oeuvre durant la mandature à venir.

Dans cette perspective, nous demandons qu’une mission de préfiguration visant la création du conseil économique, social et environnemental de Paris soit créée afin de favoriser la consultation des différents acteurs de la vie syndicale, associative et professionnelle et d’engager de nouveaux échanges avec les Parisiens et les Parisiennes lors de conférences thématiques.

Je terminerai en reprenant les propos de Jaurès : "Aller à l’idéal, et comprendre le réel".

Publié le

20 mai 2014

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