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Intervention de Danièle Prémel sur la création d’une mission d’information et d’évaluation sur le thème « le travail dominical et nocturne à Paris : état des lieux et perspectives »

Le débat sur le travail du dimanche revient à nouveau au sein de notre conseil du fait des futurs travaux parlementaires à l’automne mais aussi soyons en conscient de la pression médiatique du MEDEF.

On peut se demander pourquoi attendre l’automne alors qu’il existe déjà une proposition de loi à l’initiative d’Annie David sénatrice communiste votée par l’ensemble de la gauche à l’automne 2011 au sénat qui attend toujours sa lecture à l’assemblée nationale.

Dans ce débat, Paris n’est pas une ville comme une autre elle est au cœur même de l’enjeu dans la mesure où elle sert de phare ou de prétexte au travail dominical.

Levons une ambigüité sur le terme « travail dominical et nocturne » il s’agit en fait du « travail salarié dominical et nocturne » et si nous continuerons à employer le terme travail dominical c’est par commodité mais il faudra entendre travail salarié dominical et nocturne.

Il nous est proposé aujourd’hui une mission d’information et d’évaluation sur le thème « Le travail dominical et nocturne à Paris : état des lieux et perspectives ». Nous voudrions insister et en tirer toutes les conséquences sur le champ de cette mission qui est définit par un thème et pas réduite à l’objet « travail dominical » La nuance est fondamentale « le thème » assure que l’ensemble des problèmes liées au travail dominical devront être abordés et pas seulement le travail réduit au champ économique, des rapports fixés par le contrat de travail, les rémunérations, etc…

Pour le groupe Communiste/ Front de Gauche notre soutien à cette mission et notre participation dépendront de la garantie que le champ de l’information, de l’évaluation, des perspectives et la réflexion sur ce thème prendront en compte également

• que le questionnement sur le travail dominical renvoie à quelle société nous voulons. une société où on a le temps de se cultiver, de passer du temps avec ses enfants, avec sa famille, d’être en relation dans le tissus social, n’est ce pas là le vivre ensemble

• le degré réel de liberté d’un salarié qui est sous l’autorité de sa hiérarchie ou de son employeur vis à vis de la notion de volontariat

• la dimension santé physique et mentale à moyen et long termes des salariés soumis à des rythmes de travail atypique

• la nécessité d’une vie où les temps de respiration existent et accompagnent la relation aux autres et au monde.

• les effets sur le petit commerce de proximité et l’impact sur l’emploi.

• la réalité du surplus salarial et du gain de pouvoir d’achat ainsi que le type d’emploi pérenne

Pour nous, l’implication dans la commission et son travail n’est pas une remise en cause de notre position que vous connaissez :

• interdiction du travail du dimanche qui a été et reste une conquête sociale majeure

• le droit au travail, inscrit dans le préambule de notre constitution, n’est pas le désir individuel qui viendrait s’opposer et remettre en cause les droits sociaux pour tous

Cette conviction n’empêchera pas le débat démocratique et l’analyse de la réalité à condition que le thème du travail dominical soit abordé sous tous ses aspects et dans ce cadre nous voterons cette délibération

Publié le

17 juin 2014

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