Rechercher sur le site

"Développer une culture du Vélo à Paris"

A l’occasion du nouveau "Plan vélo 2015-2020" , Danièle Premel a rappelé la necessité de favoriser une nouvelle « culture du vélo ». Pour cela, il faut mobiliser les collectivités, les entreprises comme le secteur de l’économie sociale et solidaire pour aménager la pratique du vélo, et développer l’éducation autour de ce mode de transport pour l’inscrire durablement dans le paysage parisien. C’est enjeu environnemental comme de santé publique et d’emploi.

Retrouvez l’intervention de Danièle Premel.

Retrouvez le vœu du groupe communiste-Front de Gauche sur le plan vélo

Madame la Maire, Chers Collègues,

En introduction de mon intervention, au nom du groupe Communiste Front de Gauche, je relèverai quelques données de la rencontre nationale du Club des villes et territoires cyclables, qui vient de se tenir à l’Hôtel de Ville de Paris ce 31 mars dernier.
Celles-ci peuvent enrichir notre propre débat et éclairer notre réflexion. Notamment lorsqu’il nous est rappelé que sur les 41 millions de déplacements quotidiens des Franciliens, 8,4 millions de déplacements motorisés se situent entre un et cinq Kilomètres. Sur cette masse 6,6 millions pourraient être effectués en vélo.

Ce chiffre de 6,6 millions n’envisage que des déplacements indépendants les uns des autres. Mais Il est encore plus pertinent si l’on envisage une approche complémentaire des déplacements en Ile de France et à Paris, combinant le vélo avec d’autres moyens de transports dans le même déplacement.
Les perspectives de développement du vélo à Paris sont importantes, particulièrement si l’on compare notre situation à celles d’autres grandes villes européennes.

A Berlin, ville de 3 501 872 habitants, la part du vélo dans les déplacements représente 13% et a généré 2 073 emplois existants associés. A Londres, c’est 3% des déplacements, 1 069 emplois pour 7 826 000 habitants.
Nous atteignons, à Paris, 3% des déplacements à vélo sur la totalité des déplacements totaux et 305 emplois existants associés pour 2 234 105 habitants.

C’est dire que nos marges de progression sont importantes. Nous pouvons même mieux faire par rapport à d’autres Villes françaises. A Nantes et à Grenoble c’est déjà 5% à 6% des déplacements qui se font en vélo, et ce chiffre atteint 8% à Bordeaux et 15% à Strasbourg.

Ces quelques chiffres nous montrent tout l’enjeu de ce programme vélo soumis au Conseil de paris aujourd’hui. Il développe, dans sa présentation, deux grands axes : Un lié au service rendu, l’autre au développement durable et à la lutte contre la pollution.

Je voudrais développer des axes complémentaires à ce projet, qui sont de notre point de vue essentiels pour favoriser un vrai mouvement d’utilisation du vélo dans notre ville.

Le premier axe concerne donc l’Emploi. Le volume et le contenu de ce programme demande, pour être mis en œuvre, toute une série de prestations et d’opérations d’aménagement sur lesquels nous devrons être particulièrement vigilants, si nous voulons qu’elles profitent aux populations qui en ont besoin.

Favoriser le développement d’Ateliers d’entretien et de réparation des vélos appartenant à des particuliers, la maintenance et la gestion du parc vélib’, L’installation de parcs et places de stationnement vélo et le développement et entretien des pistes cyclables font partie de ces accompagnements à l’utilisation du vélo dans notre ville.

Les qualifications nécessaires pour assurer ces travaux ne demandent pas obligatoirement au départ un diplôme ou un certificat professionnel. Les postes ouverts peuvent être proposés à des personnes de faible niveau de qualification comme première marche d’un parcours vers un emploi pérenne et plus qualifié.
Il faudra d’ailleurs, pour les travaux d’aménagement prévus, être fermes sur les clauses sociales d’insertion dans nos appels d’offres.

L’autre axe complémentaire, c’est l’approche économique. Développer autour du vélo des nouveaux services comme les Vélos services de portage de paquets, les vélos triporteurs pour visiter Paris aux touristes, aux déplacements de personnes âgées ou peu mobiles, permettront d’inscrire ce mode de déplacement dans le paysage de notre ville, et favoriser sa généralisation.

Ce potentiel de développement également être porté par le monde économique en général.

Sensibiliser au développement de locaux à vélo dans les entreprises, sur la mise en place d’aide à l’acquisition aux vélos électriques, comme nous le faisons dans notre collectivité, où encore sur la mise place d’ateliers d’entretien et de réparation, en faisant notamment appel au secteur de l’économie sociale et solidaire, représenterait un investissement peu important qui apporterait un vrai plus pour les salariés.
Favoriser l’aménagement de douches dans les entreprises fait également partie des pistes que nous devons initier pour inciter au choix du vélo dans les déplacements, et ainsi lier la pratique sportive à la vie quotidienne. Il serait d’ailleurs bon de s’assurer que les agents de la ville de Paris disposent de ce type d’installation.

Enfin, ce programme vélo a toute une dimension de développement durable qui doit inclure une réelle possibilité d’appropriation par les structures de l’économie sociale et solidaires et les associations locales.

En développant un travail éducatif et pédagogique envers les enfants et les jeunes vis à vis de la sécurité et de la prévention des déplacements en ville et du partage de l’espace entre les différents modes pratiqués, permettrait d’inscrire, aux même titre que les aménagements proposés dans la vie professionnelle, une « culture du vélo » qui n’est malheureusement pas encore assez présente.

A ce titre, les propositions expérimentales du projet « petit vélib’ » doivent être encouragées et développées, mais en tentant de sortir ce nouveau dispositif d’un partenariat public privé qui nuit à son image.

C’est donc à la fois pour toutes ces dimensions écologiques, d’une meilleure qualité de vie, économique et emploi et éducative que nous soutenons cette délibération.
Je vous remercie

Publié le

15 avril 2015

Auteur-e-s