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"Changer le cours des choses et refuser la fatalité reste notre boussole"

Notre groupe a demandé que dans ces orientations budgétaires un effort soit fait en direction de ces associations qui luttent pied à pied contre les préjugés et l’ignorance, car le mouvement associatif est le grand absent dans cette communication. Pour ce qui concerne nos politiques territorialisées nous avons tenu à réaffirmer que les aides en direction des zones politiques de la ville ne doivent pas faiblir et doivent pouvoir se développer.

Retrouvez l’intervention de Danièle Premel

Madame la Maire,
Mes cher-es collègues,

Il y a un grand absent dans la communication sur notre Débat d’Orientation budgétaire, c’est la vie associative. Elle est parfois évoquée au détour d’une phrase mais elle n’est pas, à notre goût, suffisamment mise en valeur.

Faut il rappeler que la vie associative est le troisième pillier de l’engagement citoyen et de notre vie démocratique avec l’engagement politique et syndical.
Si j’en crois les dernières statistiques ce sont 16 millions de français qui sont membres d’une association. A faire pâlir de jalousie les militants politiques que nous sommes et syndicaux que nous fûmes.
Alors que nous avons tous dit et redit au moment des attentats de janvier que nous voulions que nous devions nous mobiliser toutes et tous pour favoriser la prévention, l’éducation, la culture et l’éducation populaire.
Nous ne retrouvons pas cet axe dans nos orientations budgétaires.

Nous demandons donc, qu’en cette période troublée qui voit un accroissement des propos et des actes racistes et antisémites mais aussi de propos et d’actes contre la communauté LGBT, un effort soit fait en direction de ces associations qui luttent pied à pied contre les préjugés et l’ignorance. Le travail de notre camarade Hélène Bidard donne quotidiennement corps à notre volonté commune.
Tout comme nous souhaitons que le secteur de la prévention spécialisée, indispensable pour repérer et travailler avec les jeunes au bord de la rupture puisse continuer à se faire dans de bonnes conditions tant en matière budgétaire que de personnel. Mais aussi dans un esprit empreint de confiance avec cette jeunesse qui bien souvent ignore ou méprise les institutions.
Nous y serons attentifs au moment du débat budgétaire.
Pour résumer nous devons garder en nous « quelque chose de Charlie » et ne pas nous laisser glisser vers le seul sécuritaire.
Sans transition, vu le temps imparti vous me permettrez d’aborder un autre domaine celui de la démocratie.

Vous avez donné un coup d’accélérateur à la démocratie participative en octroyant aux parisiennes et aux parisiens la possibilité par leur vote d’orienter les choix municipaux en matière d’investissement. Nous saluons cette démarche.
Nous pensons tout de même qu’il faut encore plus et mieux coller aux propositions et aux choix des parisiens et ne pas « habiller » certains de nos choix municipaux en choix « voulus » par les habitants. Mais nous n’en sommes qu’à la deuxième édition et nous avons encore tout le mandat pour nous améliorer.

Pour ce qui concerne nos politiques territorialisées nous souhaitons, comme cela est confirmé dans le document, que les efforts en direction des zones politiques de la ville et plus largement dans les quartiers populaires ne faiblisse pas mais au contraire qu’elle puisse se développer.

La richesse mais aussi la grande disparité des associations parisiennes, fait que notre politique de subventionnement doit être encore plus lisible et nous serions favorables à ce que l’on mette en évidence les aides aux associations qui œuvrent dans ces quartiers.
Elles sont souvent un filet de secours pour bon nombre de nos concitoyennes et de nos concitoyens pour que le « vivre ensemble » ne soit pas seulement une formule mais bien une réalité.

Vous connaissez l’attachement du groupe et le mien particulièrement aux associations et institutions qui travaillent dans le domaine de l’emploi et de l’insertion. Au moment où notre ville va en cette fin d’année atteindre le chiffre record de 90 000 allocataires du RSA, sans compter celles et ceux qui sont exclus de ce dispositif du fait de leur âge ou de leur situation administrative, ou celles et ceux qui y renoncent, nous vous demandons de ne pas fragiliser ce secteur ainsi que le service public parisien qui travaille avec ces populations.

Le contexte économique et social nous oblige à pallier les manques et les abandons de l’État. Et je dois vous avouer que je n’ai pas beaucoup apprécié la leçon de morale du Ministre Kanner dans le Monde du 21 octobre qui se targue de ne pas baisser les subventions de l’état aux associations et qui en profite pour affirmer : « Chacun fait ses choix en conscience. Quand une collectivité fait porter les économies sur les subventions au secteur associatif, sur l’investissement local ou sur la culture, cela relève plus d’une décision politique que budgétaire. »

C’est vrai pour nombre de collectivités gérées par la droite, c’est un crève-cœur pour nombre de collectivités de gauche.

Et si l’État ne nous asphyxiait pas, je pense que bien entendu il n’y aurait pas de coupes dans ces domaines.

En espérant que nos remarques et propositions seront comprises et suivies d’effet.

Parce que notre groupe souhaite que la ville pour toutes et tous devienne réalité et même si nous avons conscience qu’il est de plus en plus difficile pour les collectivités locales d’être ce bouclier social qu’elles revendiquent d’être.
Changer le cours des choses et refuser la fatalité reste notre boussole, continuons à encourager celles et ceux qui dans le monde associatif ou dans les services publics sont nos alliés sur le chemin d’une société plus juste et plus égalitaire.

Publié le

26 octobre 2015

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