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Intervention de Didier Le Reste sur le désamiantage des voies parisiennes

Intervention le 19 novembre sur la délibération concernant des travaux de retrait des matériaux amiantés sur les voies et sols extérieurs parisiens

"Madame La Maire, chers collègues,

Le 11 octobre dernier, sous la tour Montparnasse un rassemblement de victimes de l’amiante a eu lieu, montrant une fois de plus que le scandale de l’amiante est loin d’être de l’histoire ancienne.
Selon des chiffres de l’Inserm, l’amiante pourrait être à l’origine de 50 000 à 75 000 décès d’ici à 2050.

L’utilisation de l’amiante est déjà responsable de 35 000 décès survenus entre 1965 et 1995. On dénombre en France pas moins de 10 000 nouveaux cas de cancers professionnels causant 3500 à 7000 décès par an.
Cette hécatombe fait de l’amiante le plus grave, le plus important scandale de santé publique en France. L’amiante est un cancérogène redoutable, capable de tuer à 30, 40 voire 50 ans de distance ceux qui en ont inhalé les fibres. Un cadeau en héritage pour trois générations.

Le chiffre annoncé dans cette délibération, estimant que « Près de 40% de la surface totale des chaussées parisiennes est susceptible de contenir de l’amiante », doit dans ce contexte retenir toute notre attention.

Rappelons, tel que c’est indiqué dans la délibération qu’il s’agit ici du chiffre global tenant compte de de la présence d’amiante industrielle (dite chrysotile), mais aussi d’amiante présente de façon naturelle sous la forme de fibres contenues dans les cailloux ou sables de carrières et entrant dans la composition d’enrobés bitumineux (dite actinolite).

Rappelons également ici que l’amiante présente dans les chaussées parisiennes est fixée et inerte et ne représente pas a priori un danger immédiat sous cette forme.

Le risque sanitaire pour les riverains comme pour les travailleurs doit être en revanche au cœur de notre préoccupation lors de la réalisation de travaux sur les chaussées.

Je note qu’un certains nombre de précautions sont prises dans les demandes faites aux entreprises dans le cadre de l’appel d’offre, notamment sur la question du traitement des eaux contaminées par l’amiante.

Les règlementations sociales en vigueur sont également mentionnées et reprise dans le « CAHIER DES CLAUSES ADMINISTRATIVES PARTICULIERES » annexé à cette délibération.

Ceci étant dit, je pense que notre vigilance doit être totale et que la possibilité de contrôle de la ville de Paris doit pleinement s’exercer. A la fois pour garantir la fiabilité du traitement des déchets amiantés, le respect des normes sanitaires et environnementales pour les Parisiens, et le respect du droit du travail pour les salariés des entreprises qui seront recrutées par le biais de cet appel d’offre.
La responsabilité de la ville de Paris est engagée auprès des ces travailleurs qui agiront sur la base d’une commande de la ville, et qui fourniront un service pour les Parisiens.

Nous devons être particulièrement attentifs à ce que l’entreprise qui sera retenue dans le cadre de cet appel d’offre réalise les travaux dans les meilleures conditions techniques possibles de sécurité sanitaire, au-delà même des obligations légales, pour le bien de tous, des riverains comme des travailleurs."

Publié le

19 novembre 2014

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