Rechercher sur le site

Intervention de Didier Le Reste sur le budget transport

Intervention en séance du conseil de Paris des 15, 16, 17 et 18 décembre 2014

Madame la Maire,

Avant d’évoquer le budget 2015 sous l’angle de la problématique « transports », je voudrais vous faire part de deux réflexions :
Premièrement, dire que notre groupe n’a pas boudé son plaisir d’entendre ce matin plusieurs élus de droite reconnaître à leur façon la portée, la consistance, l’efficacité de l’action des communistes à Paris. Une fois n’est pas coutume, cela devait être relevé.

Deuxièmement, j’ai été aussi ce matin surpris et interpellé par les leçons de bonne gestion, de moindre endettement assénées par Mme Nathalie Kosciusko-Morizet qui a pourtant fait partie de gouvernement de droite dans le quinquennat de Nicolas Sarkozy faisant progresser la dette publique de 600 milliards d’euros en quelques années, passant de 66% à 86% du PIB.

J’en appelle donc sur les bancs de la droite au devoir de mémoire et à une certaine humilité.

Pour en revenir concrètement au budget, le groupe Communiste Front de gauche constate avec une certaine satisfaction que la lutte contre la pollution atmosphérique a été prise par le bon angle, celui des investissements importants dans les transports publics.

Des investissements dans les transports qui se font notamment sous l’impulsion du syndicat des transports d’île de France dont nous faisons partie. En matière d’organisation des transports, la dimension régionale est pertinente. C’est donc plus d’1 milliard d’euros qui seront investis par le Stif pour le budget 2015. Des investissements dont les parisiennes et les parisiens profiteront.

Nous pouvons notamment parler du prolongement de certaines lignes, (les lignes 14 et 10) du métro parisien et de la fusion de ses lignes 3 bis et 7 bis, qui amélioreront la qualité de vie de ceux qui vivent et travaillent à Paris. Les 140 millions d’euros de ressources supplémentaires pour la région, issues de recettes fiscales nouvellement créées vont participer au renouveau du tissu du transport Francilien.

Nous pouvons également nous réjouir de la mise en place du pass navigo à tarif unique, avancée permise par la gauche au conseil régional, qui abolit en partie le système de zones des transports Franciliens pour donner plus d’unité sur la région île de France, et marque une nouvelle étape nécessaire à la transition écologique.

Nous avons gagné des batailles très importantes sur les investissements, mais il nous reste encore de nombreux chantiers pour réaliser cette transition écologique, qui devient de plus en plus indispensable et qui doit être portée par le service public si nous voulons qu’elle soit partagée par tous.

Nous pensons à l’acheminement des marchandises dans Paris dans une conception de multimodalité. Des investissements doivent être réalisés en ce sens aux fins de développer le fluvial et le ferroviaire pour que les pôles multimodaux servent à un nouveau développement économique de Paris. Un développement économique écoresponsable pour faire revivre l’industrie dans le respect de l’environnement.

A cet effet et toujours dans le souci de d’améliorer la qualité de l’air, nous proposons de lancer une filière de construction de bus électriques bénéficiant à nos opérateurs publics, comme la RATP notamment.

Comme vous le mentionnez dans votre communication, nous insistons sur le fait que, pour ne pas insulter l’avenir, des infrastructures de transports comme la petite ceinture ferroviaire, doivent être préservées pour organiser cette multimodalité. Nous ne pouvons nous passer des ressources qui sont déjà à notre disposition pour créer un Paris durable, écologiquement responsable, pour que les bienfaits d’un plus grand respect de l’environnement soient bénéfiques à tous.

Au niveau du budget parisien, nous actons positivement le fait que nous nous dirigeons vers la réduction de la place de l’automobile, comme des véhicules à énergie fossile en général.

C’est un plan de lutte contre la pollution atmosphérique qui se met en place pour lequel s’organise l’alternative à l’utilisation des hydrocarbures dans notre ville, en limitant l’utilisation des véhicules diésel.

Si nous sommes bien entendu d’accord avec l’esprit, nous devons cependant être vigilants sur les moyens que nous mettons en place pour y arriver.

La transition écologique est un défi qui doit profiter à tous les acteurs de notre territoire, et le cadre budgétaire contraint ne doit pas, de notre point de vue restreindre les dispositifs de promotion de l’utilisation des transports en commun.

Je veux parler de la réforme du passe Navigo Emeraude Améthyste (NAM), qui a été mis en place pour favoriser l’utilisation des transports par les personnes âgées. L’amendement présenté par ma camarade Danièle Premel a aussi pour but de ne pas diminuer ces incitations à privilégier les transports publics.

A l’exception des remarques que nous avons faites sur certains aspects, la part transport du budget 2015 est dans l’ensemble satisfaisante. Beaucoup a été fait et beaucoup reste à faire, mais ce processus doit continuer d’associer les parisiennes et les parisiens si nous ne voulons pas casser cette dynamique.

Je vous remercie.

Publié le

16 décembre 2014

Auteur-e-s