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Intervention de Didier Le Reste sur la subvention (400.000 euros) et convention avec l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris pour la modernisation de deux services hospitaliers (10e - 20e)

Intervention en séance du conseil de Paris des 15, 16, 17 et 18 décembre 2014

Madame La Maire ,Chers collègues,

Par cette délibération la ville prévoit d’abonder le budget de l’AP-HP de 400 000 euros, sommes non négligeable, pour la modernisation, la rénovation de services de deux hôpitaux.
En tant qu’élu du 10ème arrondissement, et compte tenu du débat en cours sur le nouvel hôpital Lariboisière-Fernand Widal, vous comprendrez que je me concentre sur ce point de la délibération.

Mais tout d’abord je tiens à remettre cette délibération dans son contexte.
Cette nécessité pour le département, puisque c’est à ce titre que nous votons cette délibération, d’intervenir financièrement pour permettre le bon fonctionnement de services aussi essentiels qu’une maternité et des urgences, au sein d’hôpitaux publics, est la concrétisation de l’échec de l’Etat et de la région, via l’Agence régionale de santé, à assumer leurs responsabilités sanitaires.

Dans la loi de financement de la sécurité sociale pour2015 (PLFSS), l’augmentation de l’ONDAM (objectif national d’assurance maladie), a été limitée à 1,6 %, afin de réaliser 1,2 milliard d’euros d’économies supplémentaires, qui s’ajoute aux 3,2 milliards d’euros projetés pour 2015.
Le gouvernement a fait le choix d’un plan d’économies de 21 milliards d’euros pour les seuls domaines de la santé et de la protection sociale.
Une fois de plus, nous pallions donc aux manques de l’Etat en matière de santé publique.
Le cadre général étant posé, je voudrais maintenant en venir à la situation qui nous occupe ici.
La question du nouvel hôpital Lariboisière-Fernand Widal, fait actuellement l’objet de nombreux débats. Nous en avons parlé ici même au mois d’octobre suite à un vœu que nous avions présenté.

Vous le savez la direction de l’AP-HP met en œuvre depuis plusieurs années une politique de regroupement de ses hôpitaux, entrainant la disparition de certains d’entre eux. Dans ce cadre, la fermeture de l’hôpital Fernand Widal a été annoncée à la fin des années 2000.
Après de vifs débats, un consensus s’était créé, entre la communauté hospitalière du groupe hospitalier Saint Louis/Lariboisière/Fernand Widal, la Direction générale de l’APHP, la Mairie du 10ème arrondissement et la Mairie de Paris.

Le projet de santé inclue le transfert de l’ensemble des activités de Fernand Widal, et notamment les lits de prise en charge des personnes âgées sur le site de l’actuel hôpital Lariboisière.

La liste de rassemblement à gauche conduite par Rémi Féraud et sur laquelle j’ai été élu, avait comme engagement de campagne numéro 3 : le transfert de l’ensemble des services de Fernand-Widal dans le nouvel hôpital Lariboisière.

Aujourd’hui l’incertitude règne autour du transfert des services de Fernand Widal et en particulier sur le devenir des lits de gériatrie.

Martin Hirsch, Directeur de l’AP-HP affirme dans le journal Le Parisien que ces lits de gériatrie pourraient être transférés vers l’hôpital Bichat.

Dans le même temps, Pascale Boistard, Secrétaire d’État auprès de la ministre des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes, a affirmé au Sénat que « La majeure partie des activités des hôpitaux Bichat et Beaujon seront [...] regroupées au sein d’un nouvel ensemble, l’Hôpital universitaire du Grand Paris Nord ».

Une communication, de la ville de Paris évoque et je cite : « La Ville de Paris et l’AP - HP partagent le constat d’inadaptation des structures actuelles des hôpitaux Bichat et Beaujon à une prise en charge efficace, garantissant pleinement et dans la durée qualité et sécurité des soins. »

Les services de gériatrie de Fernand-Widal seraient donc envoyés à Bichat, site inadapté, pour mieux repartir à Saint-Ouen ou Clichy, lieux envisagés du futur hôpital nord ?

La cacophonie est totale.

Concernant les services hospitaliers qui sont aujourd’hui à Lariboisière, rien de rassurant non plus. D’après des documents de l’AP-HP 18% des lits de l’hôpital Lariboisière seraient amenés à être supprimés (soit 108 lits).

L’AP-HP prévoirait pour le site de Lariboisière, et j’attire votre vigilance sur ce point car c’est en lien direct avec ce que nous allons voter maintenant, une cession foncière de « L’ensemble de la partie Ouest du site libre de toute activité hospitalière, une cession de la frange ouest, ouverture et reconversion des « peignes ouest » » du site de l’hôpital Lariboisière.
En l’état actuel des choses, nous n’avons donc aucune garantie sur le devenir de la partie de l’hôpital Lariboisière, située justement dans les peignes ouest, et qui sera rénové grâce à ces 300 000 euros abondés par Paris.

Dans ce cadre d’incertitude ambiant, vous comprendrez notre réticence à faire un chèque en blanc à l’AP-HP.

Les élus parisiens ne peuvent pas abonder au pot tout en étant mis devant le fait accompli.

D’autant plus que les projets en cours semblent contraires aux engagements pris.
Pour toutes ces raisons, nous nous abstiendrons sur cette délibération.

Je vous remercie

Publié le

17 décembre 2014

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