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« la salariée en temps partiel ou le touriste millionnaire : il faut choisir »

Intervention de Didier Le Reste

Les promesses du patronat sur la libéralisation du dimanche et l’extension des amplitudes horaires d’ouverture comme porteurs de chiffre d’affaire et d’emplois est un leurre. Le budget des parisiennes, des parisiens comme des touristes n’a pas de plafond à la journée et les jours supplémentaires pour dépenser n’augmentent pas le volume de consommation. Le détricotage du code du travail voulu par le Medef, en échange de promesses de créations d’emploi qui jamais réalisées devient exaspérante.

Madame la Maire,

D’entrée je voudrais exprimer ma stupéfaction quant à la première intervention de Mr De Froment qui, à bien des égards, est irrespectueuse vis-à-vis du travail qualitatif de la MIE.

J’ai cru qu’il avait réécrit un rapport dans la nuit, dans la foulée du Conseil National de l’UMP. Mr De Froment a bien défendu les intérêts des propriétaires des grandes enseignes et s’est allègrement assis sur les conditions de vie et de travail des salariés des commerces parisiens.

Le groupe Communiste Front de Gauche est, dans l’ensemble, satisfait de la réponse apportée par les représentants de la majorité à la mission d’information et d’évaluation sur le travail dominical et nocturne. Le dimanche n’est pas un jour comme les autres, c’est pour les salariés, l’assurance de bénéficier d’un temps libéré commun à la grande majorité des personnes résidant en France.

Comme l’a exposé notre camarade Danièle Premel, nous réaffirmons dans ce débat notre opposition à la dérèglementation des dispositifs actuels sur le travail dominical et de nuit.

Les promesses du patronat sur la libéralisation du dimanche et l’extension des amplitudes horaires d’ouverture comme porteurs de chiffre d’affaire et d’emplois est un leurre.

Cette marotte du Medef est infirmée par de nombreux cas concrets. On peut prendre l’exemple parisien du Printemps, qui depuis 2007 à élargi les horaires d’ouverture et n’a jamais eu aussi peu de personnel. Pire, 1307 emplois ont été détruits sur cette période. Ou encore celui de Virgin Mégastore, qui, après un grand chantage dans les années 1990, avait obtenu le droit d’ouvrir 7 jours sur 7 et a mis la clé sous la porte et tous les salariés au chômage.

Nous ne voulons pas céder au lobbying des grandes enseignes qui veulent avant tout augmenter leur marges sur le dos de la concurrence. En libéralisant les jours et horaires d’ouverture, elles fragilisent le commerce indépendant de proximité qui n’a pas les moyens de tenir les amplitudes horaires imposées par les grandes surfaces et menacent les emplois stables qui le font vivre.

La suppression du dimanche comme jour de vivre ensemble et l’extension des amplitudes horaires pèse lourd sur la vie personnelle et familiale des employés, de plus en plus de cadres sont en arrêt maladie longue durée par épuisement ou burn out, et les personnes embauchées pour les remplacer, ne restent pas, car à 25 ans ils se rendent compte qu’ils n’auront plus de vie normale.

La position quasi unanime des syndicats de salariés contre le travail dominical nous conforte dans nos convictions. Vendredi dernier, les employés du BHV et leurs représentants se sont mobilisés, pour protester contre le projet d’ouverture du Bazar de l’Hôtel de Ville le dimanche. C’est une action que nous soutenons, au Conseil de Paris comme dans le 4ème arrondissement, par le biais du vœu que nous déposons aujourd’hui.

Le détricotage du code du travail voulu par le Medef, en échange de promesses de créations d’emploi qui jamais réalisées devient exaspérante. Les cadeaux au patronat sans contrepartie réelle, sous Nicolas Sarkozy comme sous François Hollande sont contreproductifs.

La loi sur la croissance et l’activité, la « loi Macron » actuellement, en débat au parlement, évoquant justement le travail dominical et notamment à Paris, fait partie de ces cadeaux. Elle risque d’ailleurs de poser un vrai problème démocratique. Si le gouvernement décide, derrière l’excuse de l’exception parisienne, de fixer lui-même les zones où le travail du dimanche est autorisé, à l’encontre des préconisations du conseil de Paris, nous nous trouverons dans un cas de déni complet de notre assemblée locale, élue par les parisiennes et les parisiens.

Nous serons donc extrêmement mobilisés sur l’évolution de cette loi contre laquelle nous nous opposons, prenant sur tout un ensemble d’aspects une direction politique préoccupante. Nous nous battrons pour préserver les droits et les conditions de protection des salariés, pour qu’ils soient réellement appliqués, notamment par le recrutement d’inspecteurs du travail.

Je vous remercie.

Publié le

9 février 2015

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