Rechercher sur le site

L’avenir est au rail et au fleuve

Intervention de Didier Le Reste

Nous ne pouvons pas inciter les usagers à prendre les transports en commun, sans que les conditions d’investissement soient réunies. Notre réseau de transport collectif est déjà saturé. De plus, le principal problème est l’acheminement de marchandises par poids lourds et par camionnettes polluantes. Interdire ces véhicules doit s’accompagner d’un investissement massif pour le fret par le rail et par voies fluviales. Or nous ne voyons rien venir de concret du côté de l’Etat, ni de la SNCF, ni de RFF.

Les mesures proposées par ce plan de lutte contre la pollution sont ambitieuses, en particulier en matière de transports. Les nouveaux projets de lignes comme l’extension du tramway T3, les nouvelles liaisons entre les gares parisiennes et le développement des circulations douces apportent leur pierre à la construction d’une réelle alternative à la voiture à Paris et en Ile de France.

Ces avancées sont à mettre également au compte de de la Région, qui dans le contrat de plan Etat-Région s’est battue pour obtenir 7,5 milliards d’euros investis en faveur des transports en commun qui, s’ajoutant à ceux levés par la société du Grand Paris, permettront d’engager dans les 6 ans à venir environ 15 milliards d’euros pour la construction de nouvelles infrastructures.

On peut d’ailleurs ajouter à cela la mise en place de la zone unique en île de France, incitant encore davantage les habitants de notre région à faire le choix des transports publics pour se rendre à Paris.

Ces moyens déployés sont indispensables pour améliorer la qualité de l’air sur notre territoire. Un front conjoint des collectivités, de l’Etat, des citoyens doit s’organiser pour muter, ensemble, vers un modèle plus écologique, plus durable et économiquement viable.

La pollution est le fruit d’une production. Le triste record de premier producteur Français de Gaz à effet de serre que notre Ville détient ne réjouit personne dans cette assemblée, tant ses effets sur l’environnement comme la santé publique, fort bien décrits dans l’exposé du projet, sont dramatiques.

Mais elle est le corolaire de l’activité économique de la Ville et de nos modes de vie. Les gaz à effet de serre et les particules sont autant le fruit de notre modèle économique dépassé que de notre dynamisme économique et de nos emplois.
C’est là que réside une grande partie du problème. Le projet du Paris que nous voulons, ce Paris pour toutes et tous, actif, culturel, accueillant, se doit de réduire sa production de pollution mais cela ne peut se réaliser sans dynamisme économique et sans emploi.

Et à l’inverse, nous ne pourrons pas durablement lutter contre la pollution, sans proposer des alternatives non polluantes dans l’activité économique Francilienne, en particulier dans le transport de marchandises.

Le principal regret du nouveau contrat de plan Etat-Région est le manque d’intérêt pour le développement du FRET, fluvial et ferroviaire.
Ce n’est ni compréhensible, ni acceptable !

Rappelons qu’aujourd’hui, 88% des transports de marchandises se font par la route en Ile de France avec entre autres, 40 000 poids lourds de plus de 3,5 tonnes.
Que 60% du trafic routier dans Paris est un trafic de transit et que les axes parisiens sont utilisées en grande partie pour faire fonctionner l’économie de notre Ville mais aussi celle de notre région.

Réduire le recours au FRET routier par la mise en place d’alternatives viables, par le fleuve et le rail, favorisant le dynamisme économique de notre territoire, sera une des clés majeures du projet parisien.

Les actions parisiennes doivent s’inscrire dans une stratégie régionale. L’optimisation de la chaîne logistique urbaine dans son ensemble ne peut être poussée qu’à l’échelle de la Région.

Cela passe par la mise en place d’une organisation en amont, par la massification et la mutualisation du transport de FRET vers des plateformes logistiques qui permettent les dessertes finales avec des véhicules propres.

Ainsi, les projets structurants comme celui d’un hôtel logistique sur le site de la Chapelle Internationale dans le 18ème, doivent être encouragés, et de ce dans une conception de multimodalité.

Cela dit, ce projet porté de bonne façon par la SOGARIS semble plombé dans son volet environnemental puisque la société VIIA, filiale du groupe SNCF, a annoncé en octobre 2014, ne plus être en mesure d’assurer la navette ferroviaire entre le Val d’Oise et Paris.

Nous demandons une intervention ferme de la Ville de Paris vis-à-vis de l’entreprise publique SNCF qui pose là des actes contraires aux enjeux environnementaux comme le fait d’ailleurs aujourd’hui la loi MACRON, visant à développer les relations grandes distances par autocars au détriment du rail public.

On le voit, nous ne pourrons pas faire tout tout seul. L’Etat devra déployer des moyens considérables pour assumer la planification écologique qui nécessiteront forcément de nouvelles recettes pour les financer.

L’élargissement et l’harmonisation du Versement Transport, en le rendant obligatoire dès le premier salarié, qui pourrait rapporter 800 millions d’euros, faire contribuer également les réels bénéficiaires des transports en commun que sont les grands centres commerciaux et les parcs de loisirs, et la réactivation d’une taxe poids lourds, font partie des pistes de mesures à prendre pour réaliser nos objectifs.

Même si les causes des pollutions sont diverses et variées, il est des chantiers qu’il y a lieu d’investir comme la création d’une filière française de bus électriques pour doter de véhicules propres, le parc de bus de la RATP, fort de 4300 bus ainsi que le réseau OPTILE, sans parler des 80% des taxis parisiens qui fonctionnent au diesel.
Pour se donner les moyens de nos objectifs politique en matière de désaturation des axes routiers et de mise en œuvre de solutions alternatives à la route, il convient comme le recommande l’IAURIF (Institut d’Aménagement et d’Urbanisme de la Région IDF) de préserver les sites et infrastructures de transports, ce qui permettrait après travaux de modernisation, de réutiliser comme nous le demandons avec la FNAUT-IDF, quelques tronçons de la petite ceinture ferroviaire, à des fins de transports.

Tout en restant mobilisés pour obtenir les moyens nécessaires à une vraie transition écologique, juste socialement, les personnes les plus modestes ne devant pas subir de doubles ou triples peines, une transition écologique profitable à tous, nous accompagnerons ce plan de lutte contre la pollution.

Publié le

9 février 2015

Auteur-e-s