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La poste manque d’ambition en matière de logistique urbaine

Nous signalons le manque d’ambition de la Poste en matière de logistique urbaine.
La Ville de Paris et la Poste ont pris des engagements communs sur l’avenir des activités logistiques. Mais ces objectifs ne sont pas assez ambitieux pour répondre à l’urgence écologique. D’autant que la Poste passe sous silence la privatisation des activités de livraisons de colis et sa politique de fermeture de bureaux. Nous nous sommes abstenus de voter cette convention.

Retrouvez l’intervention de Didier Le Reste

Madame la Maire, mes chers collègues,

La convention que nous devons adopter aujourd’hui présente plusieurs points intéressant et très important à la fois pour la Ville de Paris et le Groupe La Poste, mais également pour les usagers, dont nous faisons tous partie, et pour les agents puisque la question des rythmes de travail est plusieurs fois abordée.
Par conséquent, nous regrettons que les organisations syndicales n’aient pas été associées en amont à l’élaboration de cette convention. Alors même que la convention traite de l’avenir du service postal et de ses évolutions, c’est nous qui avons indiqué l’existence de cette convention aux syndicats de la Poste en sollicitant leur avis sur la question.

Ceci étant dit, nous avons également plusieurs remarques sur le fond du propos. Je rappellerais d’abord que le Groupe La Poste regroupe tout un ensemble de filières, notamment sur les livraisons de colis. Par conséquent, tous les véhicules du Groupe ne circulent pas sous les couleurs traditionnelles. Il faudrait nous clarifier la portée de la convention en nous précisant si ces engagements sont pris pour l’ensemble des filières.

Deuxièmement, il est inscrit dans l’article 2 de la convention que La Poste s’engage à livrer majoritairement les colis via des modes de transports doux. Cet objectif ne devrait pas être très difficile à atteindre car actuellement, les ¾ des 1800 tournées de facteurs sont déjà effectué via des modes doux (vélo et piéton). Mais encore faut-il que la Poste compte bien s’appuyer sur son réseau 100 % public et s’engage à le développer.

Je remarque également que la Poste s’engage à multiplier les points de remises de colis, les consignes qui peuvent être placées sur l’espace public ou chez des commerçants. L’objectif est alors de réduire le nombre de kilomètres parcourus. Je vous là deux contradictions. D’abord, en multipliant les points de remises de colis, La Poste multiplie aussi le nombre de déplacement de la flotte de véhicules. Nous ne sommes pas persuadés qu’en bout de course cela permette réellement de réduire le nombre de kilomètres parcourus. Nous sommes d’autant plus interrogatifs que La Poste peut s’appuyer sur un réseau très dense dans Paris. Il existe aujourd’hui environ 180 bureaux de poste ouverts du lundi au vendredi de 8h à 19h voire 20h00, et aussi le samedi de 8h00 à 13h00. La densité de l’offre est là, l’amplitude des horaires d’ouverture aussi. Mais nous savons aussi que la Poste cherche à faire des économies. 30 bureaux sont aujourd’hui menacés de fermeture et beaucoup d’autre voient leur horaires d’ouverture drastiquement resserré. C’est le cas de plusieurs bureaux du 10e, notamment à Gare de l’Est, dans le 18e, à Tristan Tzara, ou dans le 13e où les agents sont d’ailleurs en grève depuis le 7 septembre pour protester contre les réductions de moyens.

Ces différentes mobilisations répondent aux projets de la Direction : le fait de s’appuyer sur des consignes automatiques et des commerçants au lieu de compter sur les agents de la Poste risque de dégrader le service pour les usagers. Sur le service aux entreprises, la voie proposée est la même avec le développement de plateforme logistique mises à disposition des commerçants. Dans tous les cas, ces évolutions vont accentuer la dynamique de suppression d’emploi au sein de la Poste alors même que nous en avons perdu près de 5000 à Paris sur les dernières années.
Pour compléter, je reviendrais sur plusieurs points qui n’apparaissent pas dans la convention. D’abord sur les activités d’acheminent et de tri. Depuis quelques années, la Poste fait le choix de l’acheminement par voie routière au lieu du ferroviaire. La question sort de nos compétences mais la question de l’impact écologique mérite d’être posée. Par ailleurs, depuis plusieurs années les centres de tri parisiens sont déménagés en banlieue. Par conséquent, lorsqu’un courrier ou un colis est envoyé depuis Paris à destination d’une autre adresse intramuros, le courrier transite par la banlieue. C’est une perte de temps et un non-sens écologique. Enfin, rien n’est dit sur les tournées de collecte du courrier. Un bel objectif serait pourtant de réaliser toutes ces tournées au moyen de véhicules propres.

En conclusion, je reviendrais sur le vœu rattaché que nous avons déposé au nom du groupe communiste-Front de Gauche. Il est prévu que le suivi de la mise en œuvre de la convention soit réalisé par la DVD. Nous pensons qu’il est nécessaire d’élargir à la présence des élu-es au regard des objectifs hautement politiques qui sont abordés par la convention.

Je vous remercie.

Publié le

28 septembre 2016

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