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Intervention de Emmanuelle Becker sur le conseil parisien de la jeunesse

Intervention en séance du Conseil de Paris des 29, 30 septembre et 1er octobre 2014

Madame la Maire.

Permettez-moi, pour commencer, de remercier les membres du Conseil parisien de la jeunesse pour leur engagement. Cela fait maintenant dix ans que le Conseil parisien de la jeunesse a été créé sous l’impulsion de l’adjointe à la jeunesse Clémentine AUTAIN.

Dix ans, c’est l’heure du bilan !

Et nous constatons, à travers votre communication, que les différentes évolutions du C.P.J. ont permis aux jeunes qui y participent de mieux prendre leur place dans les débats municipaux, de souligner plusieurs problèmes et d’être force de proposition ; je pense notamment au vœu que vous aviez présenté pour dénoncer les contrôles au faciès dans notre ville.

Votre communication ne s’arrête pas au bilan. Vous formulez aussi des souhaits pour que les jeunes Parisiens soient considérés comme des acteurs à part entière de la politique parisienne. En ce début de nouvelle mandature, il n’est pas inutile, je pense, de rappeler ce que les jeunes Parisiens représentent pour notre Majorité et singulièrement pour le groupe Communiste - Front de Gauche. Rappelons aussi ce que nous souhaitons mettre en place avec vous.

Notre société est en profonde mutation. S’il est fréquent d’entendre que, pour les jeunes, l’avenir présente des perspectives incertaines, ceux-ci ne sont pas en dehors des grands enjeux qui nous traversent. Entre capacité d’initiative, inquiétude pour l’avenir et précarité, ils représentent bien plus qu’une seule génération.

A Paris, les enjeux d’une politique ambitieuse pour la jeunesse sont considérables. Vous êtes plus de 400.000 à Paris, vous êtes une ressource pour notre ville et vous contribuez à sa vitalité.

Qu’il soit un homme ou une femme, qu’il soit lycéen, étudiant, apprenti, actif, entrepreneur, demandeur d’emploi, bénévole, handicapé, qu’il soit français, étranger, issu de l’immigration ou de la communauté des gens du voyage, qu’il vive chez ses parents, seul ou en couple, le jeune Parisien est un citoyen à part entière et non pas un citoyen à part.

Depuis 2001, la Ville de Paris et ses partenaires ont mis en œuvre des politiques publiques pour accompagner les jeunes dans leur accès à l’autonomie, notamment en matière d’emploi, de formation, de santé, de logement, de soutien aux projets et d’accompagnement des pratiques sportives et culturelles.

Une chose est sûre : les jeunes veulent s’en sortir par leurs propres moyens. Notre rôle, le rôle du politique, consiste donc à leur donner les outils dont ils ont besoin pour construire eux-mêmes la vie à laquelle ils aspirent.

La jeunesse et la société change. C’est la raison pour laquelle notre politique jeunesse doit régulièrement être réinterrogée pour s’adapter à ces transformations.
C’est dans ce contexte qu’il est nécessaire de se poser aujourd’hui les bonnes questions sur notre politique, dans la continuité des valeurs d’égalité, de justice et de responsabilité qui guident notre action, afin qu’elle soit en phase avec les enjeux actuels et à venir.

C’est pourquoi la réforme du Conseil parisien de la jeunesse que vous proposez va, selon mon groupe, dans le bon sens. Elle peut permettre d’aller encore plus loin dans des politiques de jeunesse qui ne sont pas faites pour les jeunes mais avec et par les jeunes eux-mêmes.

Je profite de cette occasion pour aussi formuler des souhaits sur les enjeux de la démocratie parisienne et de son rapport avec les jeunes Parisiens.

Je pense que vous devez être associés à toutes les décisions qui vous concernent. A titre d’exemple, dans les prochains mois, vont être discutés les futurs contrats jeunesse d’arrondissement qui fixent les grandes orientations des politiques jeunesse locales.

Il n’est pas prévu actuellement de manière formelle que les jeunes Parisiens soient directement associés à la rédaction de ces contrats. Cela me paraît dommageable, alors que notre majorité souhaite donner toute sa place aux jeunes. C’est pourquoi je propose que dans les arrondissements, évidemment où cela est possible, en lien avec la Sous-Direction Jeunesse, en lien avec le Conseil parisien de la jeunesse, en lien avec l’adjointe actuelle à la Jeunesse Pauline VÉRON et son cabinet, nous mettions en œuvre les outils pour faire participer les jeunes de Paris à ces contrats, au même titre que l’ensemble des partenaires jeunesse locaux.

Nous pourrions envisager des consultations, des rencontres publiques, à l’image des matinées citoyennes organisées dans le 13e arrondissement. Nous pourrions aller sur les lieux d’études à la rencontre des étudiants, des collégiens, des lycéens. Nous pourrions nous inspirer du travail mis en place par mon amie Henriette ZOUGHEBI au Conseil régional d’Ile-de-France sur la consultation des lycéens, qui a abouti à des propositions très concrètes.

Pour conclure et résumer mon propos, je pense que nous, élus parisiens, ne pouvons pas seulement demander aux jeunes de participer aux politiques que nous décidons. Nous devons franchir une nouvelle étape en passant d’une vision consultative à une vision co-élaborative. Nos politiques n’en seront que meilleures car partagées et conçues par les acteurs eux-mêmes.
Je vous remercie.

Publié le

7 octobre 2014

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