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Intervention de Fanny Gaillanne sur l’accueil de jour des mineurs et jeunes isolés étrangers

Intervention en séance du Conseil de Paris des 29, 30 septembre et 1er octobre 2014

Madame la maire, mes chers collègues,

Cette délibération portant sur le conventionnement avec la Croix Rouge pour la gestion d’un lieu d’accueil pour Mineur Isolés Etrangers revêt une importance particulière dans le contexte actuel.

Le défenseur des droits, dans sa décision de la fin du mois d’aout, a mis en évidence les travers du dispositif d’accueil des MIE. Je n’en ferais pas la liste exhaustive de peur de dépasser mon temps de parole mais je souhaite m’arrêter sur deux de ces points qui concernent particulièrement le SAJ de la Croix Rouge.

Je note d’abord avec satisfaction l’adaptation de ce dispositif aux nouveaux profils de ces jeunes arrivé seuls en France, qui sont de plus en plus sont âgés de plus de 16 ans.

Disons le haut et fort, ces jeunes isolés n’ont pas vocation à repartir dans leur pays une fois arrivé à leur majorité ; Non, après avoir traversé la moitié de la planète au péril de leur vie, ces jeunes ont vocation à rester en France, à s’y installer et à y faire leur vie. Nous pensons donc qu’il faut que nous nous donnions un objectif clair en la matière, celui d’accompagner tous ces jeunes MIE vers la régularisation. Je note que ce principe n’est jamais explicitement formulé, ce que nous regrettons. Il est en revanche positif de demander au SAJ de réorienter son action vers la mise en place d’accompagnement plus poussé pour l’insertion professionnelle.

Je note également qu’un arrêté pris durant l’été a permis d’élargir la prise en charge aux jeunes majeurs pris en charge par l’ASE. Cela nous parait aller dans le bon sens lorsque l’on voit que ce sont les jeunes de cet âge-là qui sont aujourd’hui les plus nombreux à se présenter et à être pris en charge par l’ASE.

L’adaptation du dispositif d’accueil du Département au nombre et au flux de MIE est d’ailleurs centrale. Le dispositif que nous soutenons aujourd’hui permet l’accueil de 25 jeunes par jour. Est-ce bien suffisant ? Nous sommes persuadé que non au regard du nombre de jeune accueillis.

Je comprends que l’augmentation important et quasi-imprévisible du nombre de MIE ces dernières années ait engorgé des dispositifs sous dimensionné. L’application de la circulaire Taubira, qui n’a pas fait diminué le nombre de jeunes accueillies mais a permis de le stabiliser, doit maintenant nous permettre d’augmenter sereinement les moyens nécessaires à la poursuite de ces missions.

Cette question des moyens se pose dès aujourd’hui et sera posé avec détermination dans les mois à venir tant les besoins en interne et ceux des partenaires associatifs sont important. Je note d’ailleurs que le défenseur des droits préconise l’augmentation des moyens du service d’accueil des MIE, le SEMNA, afin que ce service puisse correctement remplir ses missions.

Cela m’amène à rebondir sur la question des liens étroits que doivent entretenir nos services sociaux avec les associations auxquelles nous faisons appel. Là encore, le défenseur des droits a souligné les faiblesses de l’accompagnement social et professionnel des MIE à Paris en mettant notamment en avant le manque de collaboration entre le département et les associations.

Ce point précis nous pose une question fondamentale. Pourquoi continuer à externaliser ces genres de mission ? Pourquoi continuer à faire appel au secteur associatif pour remplir des missions que nos services pourraient parfaitement assurer ? Cette externalisation créée des difficultés avérées dans la prise en charge de ces jeunes, brouille les responsabilités de chacun et nous empêche d’assurer un pilotage étroit de ces missions.

Bien que nous apportions notre soutien à cette délibération, nous souhaiterions que le retour en régie de ces missions de service public soit étudié dans le cadre de la remise à plat du dispositif qui doit aboutir au printemps 2015.

Publié le

6 octobre 2014

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