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Programme Local de l’Habitat : le cap maintenu

Intervention de Fanny Gaillanne

La boussole est la bonne dans cette délibération portée par Ian Brossat : mobiliser une part importante des ressources de la ville dans la création de logements sociaux, 3 milliards sur la mandature. Lutter contre la spéculation en utilisant tous les moyens à disposition de la ville, comme la préemption dans le diffus. Du logement social partout dans Paris, parce que nous ne voulons plus de ce Paris avec des Zones où des poches de pauvretés côtoient des zones où le nombre de contribuables à l’ISF est supérieur à la moyenne nationale.

Madame la Maire,
Mes cher-es collègues,

Je voudrais tout d’abord dire que cette délibération n’est pas à isoler de
l’ensemble des projets qui ont été portées par la Municipalité et singulièrement par notre ami Ian Brossat.

La boussole est là, mobiliser une part importante des ressources de la ville dans la création de logements sociaux, 3 milliards sur la mandature.
Lutter contre la spéculation en utilisant tous les moyens à notre disposition
comme la préemption dans le diffus.

Corriger des inégalités, comme le sort réservé aux propriétaires de résidences secondaires qui devraient les inciter à mettre en location pérenne ou à la vente des appartements occupés au maximum quelques semaines par an.
Augmenter la taxe sur les logements vides et les bureaux vacants.
Transformer un nombre plus important de bureaux vétustes en logements.
S’engager dans la construction de logements sociaux de manière plus importante dans cette mandature que dans les précédentes.

Voilà en quelques mots le bilan de l’adjoint au logement en quelques mois à peine.
Détaillons quelque peu ce que je viens de résumer :
Il était prévu dans le PLH initial 4000 logements par an jusqu’en 2016. Ce sont 7000 logements qui sont désormais programmés. Dans un souci d’équilibre social de notre ville il est proposé de passer d’un objectif de 25% à 30% de logements sociaux en zone déficitaire.

Nous le savons bien, le choix que fait Paris de produire du logement social est à l’image d’un certain nombre de Maires de France, particulièrement en Banlieue parisienne, car ils sont confrontés eux aussi à une pénurie grave. Ils sont ce qu’on appelle les Maires bâtisseurs.

Dans le même temps, tous, même ceux qui en ont la volonté, n’ont pas nos capacités d’investissements. Et si certains maires de gauche ont réduit la voilure, c’est que le plan Valls d’économies imposées aux collectivités locales, les empêche d’atteindre les objectifs qu’ils s’étaient fixés.

En revanche telle n’est pas la position de certains maires de droite, en particuliers ceux élus l’année dernière, qui se sont empressés d’annuler des opérations de construction prévues par leur prédécesseurs. 8000 logements sociaux en Ile de France ont ainsi été rayés d’un trait de plume par ces édiles qui ne veulent en rien jouer la carte de la solidarité territoriale. Dans l’ensemble du territoire français ce sont 20 000 logements qui ont été ainsi supprimés, et je ne parle pas des 240 communes qui ne respectent pas la loi SRU... La pénurie est bel et bien organisée par certains, mettant ainsi la pression des demandeurs sur les villes qui ont décidé de maintenir cette politique essentielle de solidarité.

Dans ce PLH ce sont désormais ¾ des logements construits qui concerneront les familles. Ce choix d’augmenter la part des logements familiaux vaudra pour toutes les catégories de logements aidés ainsi que pour les projets d’accession à la propriété.
Pour autant les étudiants ne sont pas oubliés et 1000 logements par an leur seront dédiés.

Je sais que des critiques continuent d’être portées sur les pourcentages attribués à chaque catégorie de logements sociaux.

Les communistes parisiens se sont toujours battus pour que le nombre de PLAI construits ne diminuent pas. Nous remarquons que si leur nombre est en augmentation dans le PLH, il reste que leur localisation doit être principalement dans les quartiers qui en sont aujourd’hui totalement ou partiellement privés.

Nous sommes à Paris dans l’obligation de répondre à une grande diversité de demandes. Il y aura donc aussi des engagements précis en matière de logements intermédiaires avec l’objectif de 30% en dehors de la zone de déficit. Il y aura aussi un pourcentage pour les logements intermédiaires dans les ZAC et il est fixé à 20%.
Ceci se fera en complément du logement social et non à son détriment. C’est l’ensemble de l’offre qui progresse, sachons ne pas l’oublier.

Il en est de même pour la transformation de bureaux en logements. Nous sommes favorables à aller au maximum de nos possibilités en matière de transformation, encore faut-il que les entreprises aient une offre de bureaux neufs dans Paris, sinon ceci ne serait qu’un vœu pieu.

Chaque bureau libéré doit pouvoir être transformé en logement. L’emploi dans le tertiaire est très important dans notre capitale. Créer du logement social neuf ou dans des bureaux transformés ne doit pas se faire au détriment de l’emploi dans notre ville. L’avenir de Paris est dans une offre d’emploi diversifié et pas seulement de promouvoir l’activité commerciale ou touristique.

Il est aussi de bonne politique d’étendre les zones "hors- surloyer" pour l’ensemble des quartiers en politique de la ville, mais aussi dans les quartiers en veille active, dans les anciennes zones urbaines sensibles qui ne sont pas incluses dans les quartiers en veille active et enfin, dans les quartiers touchés par le périmètre de rénovation urbaine.

Oui nous voulons du logement social partout dans Paris, nous avons déjà eu l’occasion de le dire, nous ne voulons plus de ce Paris avec des Zones où des poches de pauvretés côtoient des zones où le nombre de contribuables à l’ISF est supérieur à la moyenne nationale.

Paris est à toutes et tous ouvriers, employés, retraités, chômeurs, étudiants et catégories aisées mais il ne doit plus être ce puzzle où les pièces s’emboîtent mais où il est impossible de changer le montage.

C’est la vision de Paris qui est la nôtre. Et si Paris se doit d’apporter sa pierre à la résolution de la question du logement, j’aimerais que recule l’égoïsme de certains, qui veulent bien des gens modestes mais à leur place c’est-à-dire toujours la même : pour être claire, pas dans leur voisinage immédiat.

J’ai tout de même l’impression en lisant un certain nombre d’amendements de la droite qu’ils appliquent la maxime de Lampedusa dans le Guépard : « Il faut que tout change pour que rien ne change ». Et bien non mesdames et messieurs de l’opposition municipale, nous avons été élus, non pas seulement pour maintenir les politiques santés, mais bien pour bouger les lignes et répondre aux attentes des parisiennes et des parisiens.

Nous savons que le chantier est immense. Qu’il faut dans le même temps ou la ville construit, préempte, transforme des bureaux en logements, conventionne, qu’elle veille à ce que les organismes de logement social qu’elle a créé soient irréprochables en matière de gestion locative.

Nous sommes globalement très satisfaits du résultat de ce PLH. Il est la traduction d’engagements de campagne. Il est sans comparaison avec ce que font des villes importantes sur le territoire national et il est porteur d’espoir car derrière chaque logement neuf construit, chaque bureau transformé, chaque chantier d’amélioration de l’isolation ou de solutions plus économes en matière d’énergie, il y a de l’emploi pérenne, de l’emploi non délocalisable et de l’emploi pour la catégorie des parisiens qui souffrent actuellement le plus du chômage. C’est-à-dire les ouvriers et les personnes à faible qualification.

Nous apporterons donc notre soutien à cette modification du PLH.
Je vous remercie

Publié le

9 février 2015

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