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Intervention de Fanny Gaillanne sur la dénomination d’une place "Rosa Parks"

Intervention en séance du conseil de Paris des 13, 14 et 15 avril 2015

Fanny Gaillanne est intervenue pour rendre hommage à cette pionnière de la lutte pour les droits civiques et rappeler que le chemin à parcourir vers l’égalité des droits reste long

Madame la maire,
Mes cher-es collègues,

Oui, Rosa Parks, par ce geste symbolique de refuser de s’assoir à la place dévolue aux noirs dans les bus de Montgomery en 1955, a donné un visage à une lutte qui durait depuis plusieurs années non seulement en Alabama mais dans de nombreux états du sud, marqués par plusieurs siècles d’esclavagisme.

Comme l’a dit le révérend Jesse Jackson le jour de ses obsèques en 2005 : « Elle s’est assise pour que nous puissions nous lever. »

La ségrégation la choque depuis son enfance. Elle marche pour aller à l’école parce que les bus scolaires sont réservés aux blancs. Elle voit son école brûlée deux fois par les activistes du Ku Klux Klan qui ne supportent pas que les noirs accèdent aux études.

Elle milite depuis 1943 au mouvement des droits civiques, son mari en est un des membres depuis les années 30.

Elle a 42 ans quand son geste de désobéissance civique va l’amener à connaître un mouvement inédit de solidarité. Le pasteur Luther King a 26 ans va mettre toute son énergie et celle du mouvement contre le ségrégationnisme pour que son cas devienne l’exemple de ce qu’il faut faire. Faire évoluer la loi et la constitution américaine par des actes de non-violence mais épaulé par des millions de femmes et d’hommes mobilisés.

L’action de Rosa déclenchera le plus grand boycott d’une compagnie de bus elle durera 381 jours. Elle prendra fin le 20 novembre 1956 quand la cour suprême des États Unis déclarera anticonstitutionnelle la ségrégation dans les transports urbains.
Rosa continuera toute sa vie à militer pour faire reculer le racisme aux Etats Unis. Elle devra attendre 1964 pour que le Civil Act reconnaisse dans les textes l’égalité entre noirs et blancs.

Mais la marche de 1995 à laquelle Rosa participe sera à la fois une marche anniversaire mais aussi l’occasion de souligner qu’il reste des murs invisibles à abattre.

Les mentalités ont la vie dure et les récentes affaires de meurtre de noirs aux USA, suite à des contrôles de police plus ou moins justifiés, montrent que malgré l’élection du premier Président noir aux États Unis le racisme et les ségrégations restent très vivantes. Et que dire de la ségrégation sociale qui fait des USA un des pays les plus inégalitaires au monde.

Notre place Rosa Parks, dans ce quartier populaire de Paris et le clin d’œil de son nom sur le quai d’une station RER, est la démonstration que notre vigilance ne doit pas retomber en cette période où les idées racistes s’expriment encore parfois impunément.

Mais laissons à Rosa le dernier mot : « Jusqu’à présent, je crois que nous sommes sur la planète terre pour vivre, nous épanouir et faire notre possible pour rendre ce monde meilleur afin que tout le monde puisse jouir de la liberté. »

Publié le

13 avril 2015

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