Rechercher sur le site

Intervention de Hervé Bégué "Dotation et convention pour le fonctionnement du Centre de planification du groupe d’oeuvres sociales de Belleville"

Madame La Maire, mes chers collègues,

Les centres de planification et d’éducation familiale (CPEF) assurent des consultations de contraception ainsi que des actions de prévention portant sur la sexualité, d’écouter et d’orienter pour une demande d’Interruption Volontaire de Grossesse médicamenteuse ou non et donc de privilégier une maternité choisie, lutter contre le Sida et les infections sexuellement transmissibles, mais c’est aussi prévenir les comportements sexistes.

Les mineures qui souhaitent garder le secret sur leur vie intime peuvent obtenir, gratuitement et sans autorisation de leurs parents, une consultation médicale, la prescription d’un moyen contraceptif, la contraception d’urgence, ainsi que les bilans et le suivi nécessaires. Toute personne sans couverture sociale personnelle peut aussi bénéficier de ces prestations gratuitement.

Dans ces centres, tous les sujets peuvent y être abordés sans tabous. L’anonymat et le secret sont respectés. Ce sont des structures qui ont des missions de service public. Le premier objectif du planning familial fut d’obtenir le droit à la contraception qui a été interdite jusqu’en 1967.

Il est donc indispensable de renforcer ces structures qui sont un pilier essentiel à la société que nous voulons défendre, celle de l’égalité pour toutes et tous. L’égalité des femmes et des hommes passent par la liberté des femmes de disposer de leur corps et de vivre leur sexualité comme elles l’entendent et quel que soit son milieu social : ces centres de planification sont des lieux gratuits, ouverts à toutes et tous, et dans lesquels chacun bénéficie d’une écoute en toute confidentialité.

Je tiens à vous rappeler que le 17 janvier 2015, c’étaient les 40 ans de la loi sur l’avortement. Le droit à l’avortement a été le fruit de longues luttes des associations féministes, des personnels de santé et de personnalités. Ce quarantième anniversaire nous rappelle le chemin parcouru pour assurer l’accès à l’IVG à toutes les femmes, il a fallu se battre pour le remboursement à 100 %, l’accès anonyme aux mineures, l’allongement du délai légal d’avortement, passé de 10 à 12 semaines, et
pour supprimer de la loi la clause de détresse.

En France, la loi Bachelot sur l’hôpital de 2009 dite loi « Hôpital Patients Santé Territoire » a entraîné la fermeture de nombreuses maternités où sont pratiqués les IVG. Au total se sont plus de 130 centres qui ont fermé depuis une dizaine d’années.

Il est urgent de garantir l’accès à l’IVG à toutes sur tout le territoire que ce soit en termes d’ouverture de structures de proximité comme le planning familial, de renforcement des effectifs, de réduction du délai d’attente, de formation des professionnels mais aussi en termes d’informations données aux femmes pour qu’elles puissent faire librement leur choix entre les différentes méthodes d’avortement.

A l’heure où le droit à l’avortement est ouvertement mis en cause par les mouvements réactionnaires, comme nous avons pu le voir devant l’Hôpital Tenon. Il est nécessaire de rester mobilisé. Face à l’obscurantisme, le droit des femmes à disposer de leur corps est un pilier fondamental de la liberté et de notre république que nous devons renforcer.

Accorder cette subvention à l’association GOSB qui se situe rue de Belleville dans un quartier populaire, où résident un nombre important de familles en difficultés et de jeunes est donc naturel et indispensable si nous voulons d’un Paris égalitaire entre toutes et tous mais aussi entre nos quartiers.

Le planning familial est une structure indispensable qui défend que « Toute personne a droit à une information globale qui lui permet de s’approprier la démarche contraceptive et de choisir la méthode qui lui convient le mieux en fonction de sa situation personnelle, sociale et relationnelle pour vivre une sexualité épanouie ».

Je terminerai en rendant hommage justement à Simone Iff décédée le 29 décembre 2014 à l’âge de 90 ans. Elle était l’initiatrice du «  Manifeste des 343  » et présidente du Planning familial de 1973 à 1981, pionnière du combat notamment pour la légalisation de l’IVG et son remboursement.
Je citerai les quelques mots de Carine Favier et -Véronique Séhier, coprésidentes du Planning familial, « Simone, merci pour ce que tu as été, 
pour ce que tu as fait pour les femmes et 
les hommes.  ».

Publié le

11 février 2015

Auteur-e-s