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Intervention de Hervé Bégué sur les maraudes d’intervention sociale

Intervention en séance du Conseil de Paris des 29, 30 septembre et 1er octobre 2014

Madame la Maire, mes chers collègues,

Vous nous proposez aujourd’hui de poursuivre les efforts de la Ville de Paris en matière de lutte contre la grande exclusion au travers du soutien apporté aux maraudes d’intervention sociale et spécialisées.

Bien entendu, les élu-e-s du groupe Communiste-Front de Gauche apporteront leur soutien à cette délibération. Mes collègues adjoints au maire chargé de la lutte contre la grande exclusion, je pense notamment à Nicolas Liebault dans le 14e, Michel Bilis dans le 11e et Gérald Briant dans le 18e, me rappellent régulièrement l’importance de ces actions en direction des publics sans abris et sont très attachés au travail et aux relations qu’ils entretiennent avec ces acteurs incontournables de la lutte contre la grande exclusion.

Car il faut savoir que la population leur signale régulièrement des personnes qui se trouvent dans des situations d’extrême détresse. Il est alors très apprécié de pouvoir compter sur les maraudes pour aller à la rencontre de ces personnes. La réactivité des équipes nous permet de mettre l’accent sur l’accompagnement social de ces personnes. Il est important de pouvoir apporter ces réponses sociales à ces interpellations, de proposer des accompagnements sur le long terme à ces personnes sans-abris que certains n’hésitent pas à considérer comme des nuisances, des problèmes d’hygiène, voire pour ceux qui manient le mieux la langue de bois : des dysfonctionnements de l’espace public.

Nous soutiendrons donc cette délibération tout en poursuivant notre questionnement sur l’action de la Ville en la matière et sur l’avenir du pacte de lutte contre la grande exclusion. Pour élaborer ce pacte, vous avez souhaitez mettre en place une démarche collégiale qui laisse une grande place à la concertation et à la co-construction. La lecture de cette délibération nous laisse entrevoir les difficultés qu’il faudra relever dans ce cadre-là. Je lis notamment que la demande de de subvention faîtes par l’association Emmaüs pour le financement d’un poste rattaché à la « maraude Nord » n’a pu être satisfaite car la Ville n’en avait pas été informé au préalable par l’association. De même, la DASES ne financera pas la demande de l’association Charonne portant sur la création d’un poste lié à la création d’un accueil de jour dans le 20e car l’observatoire de l’égalité Femmes/Hommes pourrait le financer. Renseignement pris, l’observatoire n’est même pas au courant de ce projet d’accueil de jour. Ces deux exemples apportent la preuve qu’il faut intensifier les échanges et améliorer la communication entre la ville et les associations, mais aussi entre service même de la Ville.

Une autre difficulté qui ressort de la lecture de cette délibération est celle du financement de ces actions. Pour toutes ces demandes, il est expliqué dans la délibération que la Ville a systématiquement suivie les positions de l’Etat, qui dans presque tous les cas a refusé d’augmenter son soutien. Je ne jette pas la pierre à la DASES car il faut bien reconnaitre que l’on agit là sur une compétence qui devrait normalement être assuré à 100% par l’Etat. Mais cette situation met en lumière la difficulté que nous aurons à mener à bien le pacte contre la grande exclusion tout en conservant des budgets à moyens constants.

Publié le

6 octobre 2014

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