Rechercher sur le site

Intervention de Hervé Bégué sur l’hébergement des familles sans domicile fixe

Intervention en séance du 7 juillet 2014

Madame la Présidente, mes chers collègues,

Vous nous proposez aujourd’hui d’entériner l’expérimentation menée par le depuis une année dans les 11e et 13e arrondissements et d’élargir la coopération engagé entre la DASES, le CASVP et le Samu Social à l’ensemble des arrondissements.

Vous le savez, nous avons déjà eu l’occasion de le dire, l’hébergement des familles est un sujet sur vis-à-vis duquel les élus communiste-Front de Gauche ont toujours porté une grande attention. D’autant plus que depuis plusieurs années, un nombre important et croissant de famille se retrouvent plongées dans une grande précarité.
Cette convention doit apporter de nettes améliorations à la gestion des nuitées hôtelières qui sont prises en charge par le Département au titre de l’aide sociale à l’enfance.

Entre autre chose, la réservation des chambres par le Samu social est un progrès très significatif. Jusqu’à présent les services sociaux transmettaient une liste d’hôtel aux familles, qui devaient ensuite trouver elle-même une place disponible. Alors que leurs situations étaient déjà d’une extrême gravité, que ces familles devaient redoubler d’effort pour assurer la continuité de la scolarité de leurs enfants et continuer à assumer leur fonction professionnelle, cette recherche d’hôtel était un vrai parcours du combattant.

Je tenais cependant à souligner un point de cette convention qui me parait de nature à affaiblir les améliorations apportées par ce partenariat avec le Samu Social. Il est indiqué dans l’article 2 que le Samu Social peut proposer des mises à l’abri « dans Paris ou à proximité à titre exceptionnel quand l’urgence l’impose ». Cette précision, nous le savons, est nécessaire car il peut arriver que le Samu soit dans l’incapacité la plus totale à trouver une chambre disponible dans Paris. Toutefois, il ne faudrait pas que l’exception permise par cette formulation devienne la règle et que les familles soient de plus en plus hébergées en dehors de Paris. Lorsque cela est le cas, l’éloignement nuit à la scolarisation des enfants, contribue à rompre les liens de solidarité qui peuvent se tisser à l’échelle des quartiers, et risque de causer la rupture d’accompagnements sociaux que les travailleurs sociaux de nos services mettent tant de temps à construire avec les familles.

Lorsque le SAMU Social intervient en matière d’hébergement des familles pour le compte de l’Etat, on ne peut pas dire que les pratiques soient irréprochables. Les familles sont ballotées d’hôtel en hôtel, d’un bout à l’autre de l’Île de France. Aujourd’hui, pour 60% des demandes de prise en charge émanant de famille et faite à Paris, le Samu Social propose une chambre d’hôtel en banlieue. Nous ne souhaitons pas que cela deviennent la même chose pour les familles qui bénéficie d’une mise à l’abri au titre de l’aide sociale à l’enfance.

A nos yeux, le Département devrait au contraire tirer les pratiques vers le haut, et mettre en place les conditions d’une plus grande stabilité des familles en situation de précarité.

Cela parait anachronique à certains, nous le savons, mais la grande amélioration que nous pourrons apporter en matière d’hébergement durant cette mandature, serait de créer un véritable service public de l’hébergement d’urgence, service d’excellence, assurant à la fois de meilleures prises en charge et un cadre de travail stabilisé pour des équipes de travailleurs sociaux qui chaque jour font face à une grande misère.
Je vous remercie ;

Publié le

15 juillet 2014

Auteur-e-s