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Intervention de Ian Brossat sur la tarification des équipements sportifs à Paris

Intervention en séance du 10 juillet 2012

Monsieur le Maire, chers collègues,

En étudiant l’ordre du jour de ce conseil, j’entendais déjà le discours de nos collègues de droite concernant cette délibération sur les équipements sportifs municipaux. Les trémolos, les yeux qui roulent, les mains qui tremblent : « la ville de Paris favorise le sport de haut niveau au détriment de sport de proximité ». La musique est bien connue.
C’est une vieille scie qui casse les oreilles des Parisiens depuis des années. Et cette mauvaise ritournelle est d’autant plus lassante qu’elle est fausse. Et que les habitants de notre ville le savent très bien. Il suffit d’ailleurs de comparer les subventions et les investissements de ces dernières années pour s’en rendre compte.

On réalise ainsi que, pour la période 2008-2014, la ville investit 600 millions d’euros dans des équipements sportifs – dont les deux tiers, 400 millions, en faveur du sport de proximité dans les quartiers. Souvenons-nous qu’entre 1995 et 2001, la droite n’a investi que 120 millions, en tout et pour tout.

Et tandis que la gauche a divisé par 6 la subvention au PSG depuis 2001, souvenons aussi qu’au PSG de Canal +, la droite parisienne versait plus 6 millions d’euros. Alors, même si je sais que nos collègues de l’autre côté de l’hémicycle ont la tête dure et les idées fixes, je voudrais leur dire que plus personne ne les croit depuis longtemps, et qu’il faut passer à autre chose.

La majorité municipale n’a aucune leçon de politique sportive à recevoir de vous : balayez devant votre porte, pensez aux fausses promesses de Nicolas Sarkozy qui promettait 3 % du budget national dédié au sport. On a vu le résultat, à la hauteur du bilan de ce Président de la République-là : 0,1 %. Quand on réalise trente fois moins que ce que l’on annonce, on a bien mérité de se taire.

Car l’ajustement des tarifs des équipements municipaux est une affaire sérieuse. Nous en avons déjà discuté depuis un certain temps, et l’année a été consacrée à une concertation des services avec les mairies d’arrondissements et les associations concernées. Je constate que cette concertation n’a pas été inutile puisque les tarifs ne sont plus multipliés aujourd’hui que par quatre – on évoquait encore le double, l’année dernière. Ce n’est pas un cadeau que l’on fait aux clubs, mais la reconnaissance d’une réalité. Car ils font le mouvement sportif à Paris, Ils sont à l’image des Parisiens, selon les quartiers, selon les disciplines : les budgets sont plus ou moins contraints.

Je veux remercier mon ami Jean Vuillermoz dont la réforme des tarifs apporte une réponse à ces disparités et à ces injustices. Sur les trois millions d’euros que rapportera l’augmentation des tarifs de ces équipements, un million et demi sera reversé aux clubs. Aux plus populaires, aux plus fragiles, à ceux qui font le sport dans les quartiers politiques de la ville.

C’est l’ambition que porte cette réforme : une ambition de progrès et d’égalité, de progressivité, de redistribution. Sans aucun doute, il faut voir là les vrais motifs d’agacement de nos collègues de droite.

Parce que leurs différences et leurs disparités en font l’articulation la plus délicate du mouvement sportif parisiens, les clubs méritent cependant encore toute notre attention dans les mois qui viennent. Car la mécanique est fragile, les équilibres précaires : il suffirait d’un rien pour mettre une association en difficulté.

C’est à cette fin que le Groupe communiste et élus du Parti de Gauche propose aujourd’hui deux vœux afin d’évaluer en temps réel l’impact de cette nouvelle tarification – et en corriger des conséquences néfastes au plus vite. Ainsi, d’une part, nous vous demandons la création d’un comité de suivi qui permette d’accompagner les clubs et d’abonder leur budget en fonction de l’impact de la réforme sur leurs finances. Et d’autre part, nous vous proposons de baisser encore la subvention au Paris Saint-Germain à la rentrée, de 250 000 euros, la ramenant à un million. Et d’aider ainsi d’autant mieux les clubs des quartiers. Je crois également que lier ces deux décisions – une nouvelle tarification des équipements et une baisse de la subvention au PSG – donne à voir de quelle manière nous pensons le sport, au bénéfice de la pratique amateur, comme un droit.

Je vous remercie.

Publié le

19 juillet 2012

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