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Intervention de Ian Brossat sur la Carte Emeraude et la Carte Améthyste

Intervention en séance du 9 juillet 2012

Monsieur le Maire, chers collègues,

Depuis le début de cette mandature, le Groupe communiste et élus du parti de gauche insiste sur le droit à la mobilité. Dans la ville d’aujourd’hui, pouvoir se déplacer est indispensable. C’est tout l’enjeu des transports en commun, alors que l’on tente de redéfinir la place de la voiture et de mettre fin aux autoroutes urbaines. On le sait : pour le travail, le logement, l’éducation, les loisirs, ou la santé, la mobilité est une condition sine qua non. Or, tout le monde n’a pas le même accès à la mobilité. Les ressources, le handicap, l’âge ou la situation sociale fragilisent certaines populations, dont l’exclusion se précise à mesure que la mobilité se réduit.

Depuis quarante ans, notre collectivité apporte une solution d’envergure, à destination des Parisiens âgés : la carte Emeraude dont vous nous proposez aujourd’hui la modernisation. Sur ce premier point, d’ailleurs nous n’avons rien à redire. Au contraire : charger aujourd’hui cette carte sur un Pass Navigo est une bonne chose. Ce passage à la télébillétique permettra à ceux qui l’égarent de ne pas perdre le bénéfice d’une année de transport. Ceci étant dit, le Groupe communiste et élus du parti de gauche s’interroge sur le deuxième aspect de la réforme : celui de la tarification.

Alors que la crise frappe fort, que le pouvoir d’achat des Parisiens est exsangue et qu’il est toujours plus cher, voire ruineux d’habiter notre ville, il est impensable en effet de demander aux personnes les plus fragiles, aux plus âgées, aux titulaires de minima sociaux de payer – ne serait-ce que vingt euros par an. Car, ne nous racontons pas d’histoire : pour un grand nombre de ces Parisiens, vingt euros, c’est trop. Le mois est à un ou deux euros près. Et si nous leur demandons vingt euros, une partie d’entre eux ne prendra pas la carte Emeraude. Ce serait pour nous un recul inacceptable du droit à la mobilité pour tous.

C’est pour cette raison que nous vous proposons d’amender ce projet de réforme de la carte Emeraude en restaurant la gratuité de celle-ci pour les titulaires de minima sociaux ou de Paris Solidarité, ceux qui touchent moins de 876 euros par mois et qu’il est prévu de faire contribuer, dans la version initiale de cette délibération, à hauteur de 20 euros. Ces hommes et ces femmes doivent voir leur droit à la mobilité renforcé et non réduit. C’est tout le sens de l’amendement déposé par le groupe Communiste et élus du Parti de Gauche qui vise à faire en sorte que la gratuité soit maintenue pour ceux et celles qui vivent avec moins de 876 euros.

Je profite enfin de cette intervention pour dire à quel point nous sommes attachés aux droits dont bénéficient les Anciens Combattants. Je me réjouis qu’à l’occasion de cette délibération, on permette enfin d’étendre la gratuité des transports en commun aux veuves et veufs d’Anciens Combattants. C’est un combat mené depuis de longues années par les associations d’Anciens combattants. Un combat juste. Un combat légitime. Un combat indissociablement lié à l’histoire de ces hommes et de ces femmes qui ont beaucoup payé, beaucoup donné et qui sont aujourd’hui en droit de recevoir.

Comme ville, comme collectivité, nous avons une dette à l’égard de ces hommes et de ces femmes. Leur permettre d’accéder à la gratuité, c’est une manière de payer notre dette. Remettre en cause cet acquis, remettre en question cette avancée que constitue l’extension de la gratuité aux veufs et aux veuves d’anciens combattants, comme semble vouloir le faire un groupe de notre majorité, c’est petit, c’est mesquin et ce n’est pas très digne. C’est aussi pour cela que je tenais à dire à quel point notre groupe est attaché aux droits dont bénéficient les Anciens Combattants, et demain, les veufs et les veuves d’Anciens Combattants.

Je vous remercie.

Publié le

19 juillet 2012

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