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Intervention de Ian Brossat sur le serment des Villes Compagnons de la Libération

Intervention en séance du Conseil de Paris du 10 juin 2013

Monsieur le Maire, chers collègues,

Quand la France vivait les heures les plus tragiques de son histoire, quand les forces criminelles issues des rangs les plus réactionnaires s’étaient emparé des institutions, l’honneur de notre pays s’est éveillé dans l’ombre, sous les traits d’ouvriers, de paysans, et d’intellectuels, hommes et femmes, jeunes et vieux, qui entrèrent en Résistance. Ces héros anonymes ont libéré Paris. Ils ont apporté la victoire et rendu à notre ville les valeurs qui sont les siennes.

Paris n’a pas été libérée par des armées alliées. Paris s’est libérée grâce à l’action déterminée de son peuple. Cette bravoure extraordinaire a valu à notre ville d’être élevée à la dignité de Commune Compagnon de la Libération. C’est un honneur pour toutes les Parisiennes, tous les Parisiens, d’hier, aujourd’hui et demain.

Mais c’est aussi une importante responsabilité. Car si l’ordre de la Libération est clos et ne s’éteindra jamais, il sera perpétuellement porté avec orgueil par les cinq Communes distinguées. Avec Nantes, Grenoble, Vassieux-en-Vercors et l’Île-de-Sein, Paris assumera son rôle et l’honneur qui lui a été fait. Elle n’oubliera pas la gloire des héros tombés pour sa libération.

C’est un enjeu historique, c’est aussi un enjeu essentiel à la République. Aujourd’hui, comme hier, le fascisme contamine certains esprits. Il est nécessaire de se battre contre cette idéologie.

C’est notre rôle d’élus, mais c’est celui de toutes les citoyennes et tous les citoyens de veiller à faire vivre la Résistance. Cela passe par le combat impitoyable contre les idées de haine, mais aussi par la force constructive et libératrice qui doit nous animer, comme elle animait le Conseil National de la Résistance lorsqu’il rédigeait son programme.

Tout recul, toute faiblesse dans l’application et la défense de ce programme est un grave reniement. Notre responsabilité de Commune compagnon est aussi de veiller à la préservation des idéaux de ce programme.

Liberté et indépendance de la presse à l’égard des puissances d’argent ; égalité absolue de tous les citoyens devant la loi ; instauration d’une véritable démocratie économique et sociale, impliquant l’éviction des grandes féodalités économiques et financières de la direction de l’économie ; subordination des intérêts particuliers à l’intérêt général ; droit au travail et droit au repos ; libertés syndicales ; sécurité sociale…

Ce programme était un projet économique et social destiné à relever un pays ruiné par des années d’occupation et de pillages. Mais ce fut aussi un projet de nouvelle République, de nouveaux droits pour la retraite, pour la santé, la sécurité sociale, les droits syndicaux. Le programme signé par les membres du Conseil National de la Résistance est un texte d’une modernité exemplaire. Un texte qui doit vivre et guider l’action politique de tous les élus de la République soucieux de faire vivre la Résistance, non comme un chapitre émouvant des livres d’Histoire, mais comme un combat quotidien que nous ont transmis nos aînés et que nous transmettrons à nos successeurs.

C’est dans cet esprit que mon groupe accueille le serment de cette déclaration et, vous l’aurez compris, nous voterons avec une grande fierté cette délibération.

Je vous remercie.

Publié le

10 juin 2013

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