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Intervention de Ian Brossat sur le budget supplémentaire 2012

Intervention en ouverture de séance du Conseil du 9 juillet 2012

Monsieur le Maire, chers collègues,

Le projet de budget supplémentaire que vous nous proposez d’adopter aujourd’hui s’inscrit dans la logique des derniers budgets de notre collectivité. Cependant, le contexte a changé : il est à espérer du nouveau gouvernement des relations plus favorables, notamment financières, avec Paris. Au cours des 10 dernières années, les gouvernements de droite se sont comportés en adversaires des Parisiens. Ils les ont maltraités, comme ils ont d’ailleurs maltraité les collectivités territoriales de manière générale. C’est dire que les Parisiens attendent beaucoup du nouveau gouvernement. C’est en ayant ce contexte à l’esprit que notre groupe aimerait apporter sa contribution au débat.

Les relations entre l’Etat et les Collectivités Locales sont en effet à redéfinir à l’aune du « changement », sous le signe duquel François Hollande a été élu, avec une majorité de gauche à l’Assemblée Nationale. Or, les Collectivités Locales viennent d’apprendre que les dotations de l’Etat seraient gelées jusqu’en 2017. Ces dotations ne sont pourtant pas un cadeau. C’est de l’argent que l’Etat doit aux collectivités, au titre des compensations des charges qu’il leur a transférées. Les geler, c’est les réduire, de fait, en les passant au fil de l’inflation qui touche les dépenses. Les geler, c’est mettre en péril la qualité du service public de proximité, c’est entraver les investissements publics dont les trois quarts proviennent des collectivités. Les geler, ce n’est pas le changement. Les geler, c’est faire ce que la droite fait depuis des années : utiliser la décentralisation pour que l’Etat s’endette sur le dos des collectivités. Dans ce Budget Supplémentaire, vous annoncez d’ailleurs une baisse de ces dotations de l’ordre de 21 millions d’euros, que la ville compense par une hausse de ses propres recettes fiscales.

Ce qu’on attend d’un gouvernement de gauche, c’est qu’il tranche avec le précédent gouvernement de droite : qu’il cesse de déléguer sans compenser, qu’il cesse de mette les collectivités à la diète et nous permette de servir les habitantes et les habitants de nos collectivités. Pour le reste, la Ville nous présente un Budget Supplémentaire qui insiste sur le social, et nous trouvons cela juste.

A la crise qui accable les Parisiens, à la dégradation du pouvoir d’achat des plus précaires, il faut apporter des réponses. L’ajustement des dépenses de fonctionnement de ce budget supplémentaire répond à une urgence, et, à ce titre, nous vous proposons quatre amendements qui vont dans le même sens. Chacun d’entre eux vise à soutenir l’action d’associations qui interviennent au quotidien auprès des Parisiennes et des Parisiens. Des associations en difficulté, dont la Ville doit péréniser l’action. C’est notre rôle, en tant que collectivité, de leur tendre la main quand les temps sont durs.

De ce point de vue, la situation de l’association « Femmes Relais 20e » est exemplaire. Son action auprès de Parisiennes de nationalité étrangère ou récemment naturalisées est reconnue, et se développe de manière exponentielle depuis plusieurs années. Pourtant, cette association n’est pratiquement plus soutenue par l’Etat et risque de cesser son activité. Nous vous demandons de la soutenir. De même en ce qui concerne l’association des Familles victimes du Saturnisme, qui s’inscrit, elle, dans le combat que mène depuis longtemps cette majorité contre l’habitat insalubre. Avec des moyens minimes, elle fait un travail indispensable d’information auprès des familles victimes du saturnisme. Nous vous demandons de la soutenir aussi. Nos deux autres amendements concernent la Goutte d’Or, et veulent illustrer les difficultés de nombreux acteurs sociaux dans les quartiers populaires. Ainsi, l’Echomusée et le centre social Accueil Goutte d’Or. Cette dernière association est une victime de la baisse des subventions publiques, tandis que la première illustre malheureusement la disparition progressive de ces petites structures culturelles, qui font la trame de ce quartier.

J’ai bon espoir que ces amendements soient ici adoptés. Car je sais que nous partageons a volonté d’insister aujourd’hui sur le social. Ce Budget supplémentaire en témoigne. Notre ville est en bonne santé financière : partageons-la, investissons plus encore, empruntons pour financer de nouveaux services et de nouveaux équipements. Et combattons les effets de la crise aux côtés des Parisiens. Car c’est ce qu’ils nous demandent, aujourd’hui. Et pas après-demain.

Je vous remercie.

Publié le

19 juillet 2012

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