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Intervention de Jean Noel Aqua "Paris : territoire zéro gaspillage, zéro déchet"

Intervention en séance du conseil de Paris des 15, 16, 17 et 18 décembre 2014

Madame la Maire, mes chers collègues,

La ville de Paris met en œuvre une politique publique globale de gestion des déchets dans le cadre de la politique 3R : réduction, réemploi et recyclage , pilier majeur de l’économie circulaire. La réduction des déchets en amont et leur recyclage en sont les objectifs.

“ Les résidus résultant des échanges physiologiques naturels de l’homme devraient , aussi bien que les déchets de la production industrielle et de la consummation , être réintroduits dans le cycle de production au sein d’un cycle métabolique complet.” J’imagine que M Pozzo di Borgo , qui semble intéressé par l’histoire du communisme quand ça l’arrange , aura reconnu la citation du Capital, tome III. L’objectif d’une économie circulaire ou d’une production cyclisée , est un vrai objectif progressiste , qui permet de concilier développement durable et protection de la nature. À un système capitaliste où l’obsolescence est érigée en dogme , où les profits sont d’autant plus élevés que le renouvellement des objets par le consommateur est rapide , doit être substituée une économie mondiale « circulaire » dont le fondement réside dans la conception du cycle de vie des biens et la récupération des matières premières quand elles sont usagées.

En juin 2014 , un vœu a été adopté positionnant la ville de Paris sur une trajectoire zéro déchet : cela passe par la valorisation optimale des déchets , le tri de l’ensemble des déchets valorisables et la réduction de leur quantité pour supprimer à terme l’enfouissement et l’incinération.

Nous devons poursuivre les actions engagées , avec en priorité la lutte contre le gaspillage alimentaire. Celui-ci représente dans le monde plus de 40 tonnes de nourriture chaque seconde , soit plus d’1 milliard de tonnes par an , 13 de la production globale de denrées alimentaires. C’est un enjeu de société.

Le projet national « zéro gaspillage, zéro déchet » est un idéal à atteindre : ne pas gaspiller , limiter au maximum la production de déchets , recycler tout ce qui est recyclable , limiter au maximum l’élimination.

Mais ne pas gaspiller , c’est aussi apprendre à mieux consommer , à ne pas jeter trop vite , à acheter uniquement ce dont on a besoin , à respecter notre planète mais aussi les autres. Il s’agit de sortir de la logique consumériste et productiviste.
C’est aussi adopter un autre mode de production et d’échange , puisque notre réponse se doit d’être à la hauteur des enjeux , en agissant sur le système économique. En favorisant les circuits courts , en favorisant la vente directe du producteur au consommateur , en luttant contre l’obsolescence programmée. Tout ceci doit être favorisé par notre action.

Mais nous avons aussi le devoir d’informer et de sensibiliser les citoyennes et les citoyens , notamment en associant les mairies d’arrondissements. L’éducation en amont est décisive. Elle permet de sensibiliser les futurs citoyens mais aussi les parents par diffusion progressive. Il serait intéressant dans ce cadre , de faire l’état des lieux de ce qui est déjà fait dans le cadre de nos partenariats des ARE , et d’étudier d’éventuelles interventions supplémentaires sur la limitation des déchets et le recyclage.

Nous devons aussi mettre à la disposition de tous les moyens nécessaires pour lutter contre le gaspillage. Avec le projet national « zéro gaspillage zéro déchet » , ce sont tous les acteurs , collectivités, citoyens, entreprises, associations , qui doivent être impliqués dans la réflexion et l’action.

Lutter contre le gaspillage enfin , c’est aussi lutter contre les inégalités à travers le monde. Alors que l’obsession des pays riches est de maximiser leurs profits , quitte à piller les ressources naturelles des pays pauvres , limiter le gaspillage c’est aussi limiter l’exploitation. C’est un combat politique. Comme je l’avais déjà exposé ici , les considérations écologiques sont définitivement indissociables des considérations sociales. Ce projet « zéro gaspillage, zéro déchet » montre qu’une autre politique progressiste est possible , une politique sociale et écologique. Elle s’inscrit dans notre projet de développement humain durable , qui vise à satisfaire aux besoins humains tout en respectant l’environnement , en soi , mais aussi pour la qualité du cadre de vie pour tous.

Publié le

16 décembre 2014

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