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"Le plan de prévention du bruit est un enjeu tant de santé publique que de qualité de l’environnement"

11% des parisiens sont exposés à des niveaux sonores dépassant les normes françaises. Il faut se saisir de la lutte contre le bruit routier et environnemental, problématique de santé publique qui touchent les populations les moins aisés, celles qui à Paris ne trouvent à se loger qu’à proximité du périphérique. Nous avons voté pour ce plan de réduction du bruit, que nous avons complété par un amendement spécifique au 20eme arrondissement, adopté en conseil de Paris.

Retrouvez l’intervention de Jean Noel Aqua

Madame la Maire,

Le plan de prévention du bruit est un enjeu tant de santé publique que de qualité de l’environnement. L’exposition au bruit est source de décès, près de 10.000 par an en Europe , et de problèmes de santé comme l’hypertension. Le bruit est aussi une gène pour près d’un français sur 2. Les cartes du bruit révèlent que 11% des parisiens le jour et 5% la nuit sont exposés à des niveaux sonores dépassant les normes françaises. Notons qu’avec les recommandations de l’OMS (45dB la nuit, 55dB le jour) , ce serait 85% des parisiens qui seraient soumis à des niveaux sonores gênant pour la santé.

Mais comme pour la pollution de l’air, cette problématique environnementale se double de celle des inégalités sociales. Plus on est pauvre, plus on est exposé au bruit. Ainsi la proximité du périphérique, qui n’attire pas les plus aisés, est la zone la plus touchée par le bruit avec des indicateurs de nuit supérieurs à 65dB voire 70dB, quand l’OMS recommande un seuil de 55dB, soit une intensité sonore plus de 8 fois trop importante. Ce sont essentiellement les plus pauvres qui le subissent au quotidien comme au long terme. La mission parlementaire sur les nuisances sonores de 2011 a ainsi souligné que le bruit est un facteur important d’inégalités et de déterminismes sociaux, notamment quand la mauvaise qualité de sommeil se manifeste par des retards scolaires.

Pour toutes ces raisons, sanitaire, environnementale mais aussi sociale, l’action de la ville en la matière est importante. Beaucoup a déjà été fait depuis 2001 mais beaucoup reste à faire.

En diminuant l’émission de bruit grâce au développement des transports doux et en commun. Par la protection contre le bruit : l’aménagement de l’espace public, les programmes de construction doivent inclure des objectifs environnementaux acoustiques. L’action de la ville en direction de ses bailleurs sociaux est à souligner, tant dans l’amélioration du parc ancien que dans les certifications acoustiques du parc nouveau.

Permettez-moi de tracer quelques pistes supplémentaires. Tout d’abord le développement des bus électriques. Le plan d’action met l’accent sur les bus au Gaz Naturel de Ville. S’ils sont moins polluants que le diesel, les bus électriques sont les moins bruyants et ne dégagent pas de CO2. La RATP y est sensible, notre ville devrait le promouvoir.

Par ailleurs, une centaine d’établissements scolaires et notamment des crèches sont exposés le jour à des niveaux sonores trop importants. Quels sont les moyens qui seront déployés pour l’isolation phonique des bâtiments ? Devrions-nous interdire l’installation de nouveaux établissements scolaires dans les zones les plus polluées ? Il nous semblerait aussi intéressant que la Ville investisse plus activement dans la pose de murs anti-bruit aux abords du boulevard périphérique.

Cette délibération s’inscrit naturellement dans la continuité du débat relatif à la lutte contre la pollution atmosphérique, et partage avec cette lutte un grand nombre de réponses, car beaucoup de nuisances sonores sont liées au trafic routier.

Parallèlement , elle partage un grand nombre de limites que nous avions relevées. Il serait ainsi souhaitable d’aider financièrement les particuliers qui ne peuvent se passer d’un véhicule personnel, de pouvoir acquérir des véhicules électriques ou hybrides, moins polluants en CO2 et en particules fines, mais aussi plus silencieux. C’est un enjeu pour la collectivité, mais c’est aussi un enjeu de justice sociale. Les plus pauvres font déjà les frais de la pollution, il ne doivent pas en payer le prix.

Le besoin de renforcer et de développer des transports en commun non bruyants des personnes et des marchandises suppose aussi d’élargir ce plan à une échelle dépassant Paris, notamment avec les villes de la Petite Couronne Parisienne pour arriver à une solution commune et concertée.

Vous l’aurez compris, le groupe communiste votera la délibération qui nous proposée. Mais permettez-moi encore une fois de souligner que si les investissement de la Ville de Paris contre la pollution sont remarquables , ils ne doivent pas faire oublier le désengagement de l’Etat en la matière, notamment sur le développement des transports en commun. La politique d’austérité et de réduction de la dépense publique menée par les libéraux de tous bords, est incompatible avec la satisfaction des besoins humains.

Nous apprécions la lucidité politique et le volontarisme de la Ville de Paris en la matière. Elle montre tout le sens que la politique peut revêtir quand elle se départit des logiques comptables et courtermistes.

Publié le

15 mars 2015

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