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Intervention de Jean Noël Aqua sur le voeu relatif à la fin des tarifs réglementés d’électricité

Vous le savez, la doxa libérale de l’union européenne nous impose de sortir du service public et de mettre en concurrence notre système d’électricité. Ce libéralisme soumet concrètement l’électricité aux fameuses lois du marché, ces lois qui pour paraphraser Alan Greenspan, prétendent que la somme des avidités individuelles aboutira à une société harmonieuse.

Mais les eaux glacées du calcul égoïste non seulement ne donnent pas du sens à une société, mais montrent tous les jours leur aberration économique. Même si Greenspan a eu la lucidité et l’honnêteté de reconnaitre ses erreurs, les libéraux de tout poil continuent leur inlassable mise en concurrence de tout et de tous.

Ces lois du marché et la gestion à court terme qu’elles imposent sont incompatibles avec la prise en compte d’intérêts à long terme. Les considérations écologiques n’échappent pas à cette règle.

Cette année de Cop21 nous rappelle que la principale menace sur l’environnement est le réchauffement climatique qui se joue sur des échelles de temps longues, de l’ordre de 50 ans. Avoir une réponse à cet enjeu suppose de ne pas être esclave des variations quotidiennes des cours de l’énergie, de pouvoir faire des investissements à long terme utiles à la société et pas forcément aux traders

Mais quand nous parlons d’électricité et d’énergie, nous parlons aussi d’un droit fondamental de l’humanité. Avoir accès à l’énergie est aujourd’hui une condition nécessaire d’une vie digne. La précarité énergétique touche durement la vie quotidienne de nombreux français et en particulier de près de 30 000 parisiens.

Investissement à long terme, aide aux plus modestes, péréquation et égalité sur tout le territoire, tels sont les atouts du service public au-delà sa pertinence économique.

Nous le savons, nous n’allons pas décider sur Paris de refaire les lois européennes. Mais il nous reste la possibilité de mettre en avant les valeurs du service public dans les achats d’électricité de la ville.

Que ce soit pour les marchés de 2016 ou pour les suivants, nous demandons donc que la Ville prenne en compte un certain nombre d’aspects qui font le sens d’une politique de gauche :

- l’aide sociale des fournisseurs aux particuliers les plus modestes,
- la stabilité des prix qui permet des investissements de long terme,
- l’aide du fournisseur pour la réduction de la consommation d’énergie, qui est a priori un contre-sens pour une entreprise capitaliste qui n’a pas intérêt à baisser son volume de vente.

Enfin, si la mise en concurrence imposée par Bruxelles et la loi Nome n’est obligatoire en 2016 que pour les moyennes puissances, nous demandons aussi que la ville de Paris s’engage sur les tarifs régulés pour l’ensemble de ses points de petite puissance, les tarifs bleus..

Nous le disons sur plusieurs sujets, les dimensions sociale et écologique sont étroitement intrinquées. C’est aussi le modèle de développement économique dont nous parlons ici. Nous sommes convaincus qu’il existe une voie permettant de concilier tous ces aspects à la fois.

Publié le

13 avril 2015

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