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"Des nouvelles recettes pour le vélo en Ile de France"

Jean Noel Aqua est intervenu pour la création d’une nouvelle recette dédiée au financement de la pratique du vélo. Ce plan vélo ambitieux à l’échelle de Paris doit s’inscrire dans le cadre d’un programme plus large, dépassant notre ville. La lutte contre la pollution ne peut se résumer à une action locale, si légitime et nécessaire soit elle. Elle se doit d’impliquer tant la métropole que la Région pour avoir une réponse à la hauteur des enjeux.

Retrouvez l’intervention de Jean Noël Aqua

Retrouvez le vœu du groupe communiste-Front de Gauche sur le plan vélo

Madame la Maire, Chers Collègues,

Ce plan vélo assez volontariste fait partie de ces mesures qui améliorent l’environnement à Paris mais aussi la vie au quotidien.

L’augmentation sensible de l’utilisation du vélo depuis plusieurs années est le résultat entre autre de l’action de notre Ville : vélib’, aménagement de pistes cyclables en site propre et des voies de circulation , développement d’infra-structures comme des aires de stationnement sécurisées ou des consignes à proximité des transports en commun. Toutes ces actions participent à l’amélioration durable de la qualité de vie des parisiennes et des parisiens.

Mais ce plan remplit aussi un objectif de santé publique à double titre , car il contribue à la réduction durable de la pollution mais aussi au développement des activités sportives à Paris.

En ce sens , passer à 15% de déplacements cyclables à Paris d’ici à 2020 , alors qu’ils s’élèvent aujourd’hui à 5% , est un objectif ambitieux. Faciliter l’acquisition et l’utilisation du vélo au quotidien permettront d’y répondre.

Sur le volet de l’acquisition de vélo , nous apprécions tout particulièrement l’aide accordée aux agents de la ville pour l’achat d’un vélo électrique. Les collectivités locales doivent être incitatrices de nouvelles pratiques et se doivent d’être exemplaires.

Sur le volet de l’utilisation du vélo , beaucoup va être fait pour faciliter l’usage du vélo , soit par la création de voies dédiées , soit par un meilleur partage des routes avec les voitures. Par ailleurs, il nous semble important de développer progressivement une « culture du vélo » dans notre ville , par l’éducation au vélo dès l’école (et notamment avec la sécurité routière), mais aussi en veillant à ce que les entreprises facilitent l’usage du vélo pour leurs salariés. Ma camarade et amie Danièle Premel , développera les compléments que nous souhaiterions apporter à ce plan pour favoriser cette culture , des propositions concrètes auxquelles je suis sûr que l’exécutif saura être attentif.

Mais nous le savons , la lutte contre la pollution ne peut se résumer à une action locale , si légitime et nécessaire soit elle. Sur notre territoire , elle se doit d’impliquer tant la métropole que la Région pour avoir une réponse à la hauteur des enjeux. La délibération s’inscrit parfaitement dans les objectifs du Plan de Déplacement urbain d’Ile-de-France , qui propose notamment la réalisation d’un réseau régional de pistes cyclables de 3500 km à l’horizon 2020.

Mais nous devons être plus exigeants pour que les moyens soient à la hauteur des besoins au niveau régional. Et force est de constater que c’est loin d’être le cas aujourd’hui. C’est pourquoi nous voulons que notre collectivité agisse pour résoudre cette insuffisance.

Nous l’avions dit lors d’un conseil de Paris précédent , les investissements déclinés dans le projet de contrat de plan état région 2015-2020 sont satisfaisants en matière de transports en commun. De nouvelles lignes vont être créées , d’autres renforcées , et un vrai projet d’un maillage plus dense et plus efficace se dessine. Vous le savez , nous déplorons le manque abyssal d’investissements pour le développement du transport de marchandises non polluant, notamment du Fret ferroviaire. Mais nous déplorons aussi l’absence de moyens suffisants dédiés au développement du vélo.
Sur la Région , l’investissement pour les 6 années à venir ne représente que 10 millions d’euros pour l’ensemble de la région Ile-de-France. Une somme dérisoire au regard des enjeux sous–tendus.

Le groupe Communiste Front de gauche l’a dit à plusieurs reprises , les investissements publics en faveur de la transition écologique sont indispensables. Ils doivent être massifs et supportés à tous les niveaux institutionnels. Ils sont incompatibles avec une politique d’austérité.

C’est pourquoi nous pensons indispensable la création d’une nouvelle recette dédiée au financement de la pratique du vélo. C’est ce que nous proposons par le biais d’un vœu rattaché à la délibération.

Alors que les moyens des collectivités locales sont de plus en plus limitées et qu’en l’état actuel des financements , les objectifs du Plan de Déplacement Urbain d’Île-de-France ne seront malheureusement pas atteints , nous pensons que le gouvernement doit créer une ressource dédiée pour co-financer la réalisation d’aménagements cyclables. Et nous faisons une proposition concrète pour trouver cette ressource.

La mise en place à la mi-2014 , d’une nouvelle contribution sur les parkings des grandes entreprises tertiaires, a permis de financer à hauteur de 60 millions d’euros par an le plan de mobilisation pour les transports. Nous proposons d’augmenter cette fiscalité de façon très sensible, en particulier dans les zones très bien desservies en transports en commun d’Ile-de-France.

Il est en effet singulier que l’entreprise d’un salarié utilisant sa voiture au quotidien ne participe pas autant que l’entreprise d’un salarié utilisant les transports en commun aux budgets permettant une alternative au tout routier. Par cette fiscalité, nous visons à réparer cette singularité.

Nous nous devons, en tant que porteurs d’un plan ambitieux sur Paris, pousser à la création de cette ressource à l’échelle francilienne. Alors que les collectivités souhaitent à l’occasion de la Cop21 s’engager pleinement dans la lutte contre le réchauffement climatique, nous devons envoyer des signaux forts pour créer des nouvelles réponses politiques. Des réponses qui supposent une action publique volontaire et non un capitalisme vert court-termiste, une action publique qui peut seule être à la hauteur des enjeux environnementaux.

Publié le

15 avril 2015

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