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Une tarification sociale pour Autolib’

Malgré nos réserves sur la convention passée avec la ville, Autolib’ est un service public qui répond à un véritable besoin. Nous pensons qu’il faut le développer, et qu’il faut encore plus démocratiser son utilisation, si nous voulons permettre à tous les parisiens de participer à la transition énergétique que nous impulsons. C’est pourquoi nous avons proposé, par le biais d’un vœu (rejeté), la mise en place d’une tarification sociale dans son offre.

Retrouvez l’intervention de Jean Noël Aqua

Madame la Maire,

En cette année de Cop21 où les enjeux du réchauffement climatique sont dans tous les esprits, nous saluons l’action de notre majorité en faveur du développement de la voiture électrique.

Nous le savons, le transport routier, à côté des centrales à charbon, est le principal émetteur de gaz à effet de serre à l’origine du réchauffement climatique. S’attaquer à la pollution des véhicules utilisant les énergies carbonées (diesel, essence et même gaz), suppose que nous proposions des modes de transport alternatifs, variés, en phase avec la diversité des usages : transports en commun, vélo, mais aussi voitures électriques qui répondent à certains besoins. Car c’est bien en partant de besoins humains, et en mettant les moyens en face, que nous ferons une politique juste socialement et responsable pour l’environnement.

Mais nous le savons la voiture électrique est insuffisamment développée pour plusieurs raisons :
(i) le manque criant d’ambition industrielle des constructeurs automobiles, (ii) le coût de la voiture électrique, à l’achat ou à la location, et (iii) l’insuffisance du nombre de points de recharge.

La délibération qui nous est proposée vise ainsi à étendre le nombre de points de recharge pour les particuliers, au-delà des voitures d’Autolib. Cela permettra un meilleur usage des véhicules électriques dans la ville et nous saluons cette initiative.
En même temps, nous avons deux réserves sur le dispositif.

Notre première remarque concerne la délégation de service public, qui n’est certes pas dans notre idéal. Mais dans sa réalisation, nous nous interrogeons sur la convention adjointe à la délibération, et en particulier sur l’absence d’indemnité d’occupation que devra acquitter le groupe Bolloré.

Cette absence est justifiée par l’absence de subvention de la part de la ville à l’installation. Mais l’investissement sera rentabilisé en moins de 10 ans, avant de donner lieu à une occupation du domaine public à titre gracieux. Un cadeau de près de 200 000 € par an, un manque à gagner curieux en cette période d’austérité. Il nous semblerait plus intéressant de ne pas prévoir ce cadeau et de réviser la convention. En l’état, nous ne pourrons pas voter la délibération si la convention n’est pas amendée sur ce point.

Notre deuxième remarque concerne l’accessibilité du programme Autolib, et en particulier sur le besoin d’une tarification sociale, qui fait l’objet d’un vœu rattaché à cette délibération.

Si Autolib propose une offre alternative de transport, elle reste encore réservée aux plus aisées. Avec un abonnement annuel de 120€ et 10€ pour une heure d’utilisation, ce service ne s’adresse pas à tous les budgets. Alors que nous voulons interdire à terme les véhicules les plus polluants, mesure qui touchera en premier les plus modestes, nous ne pouvons que regretter que les tarifs d’Autolib ne permettent pas que ce service soit une alternative accessible à tous. Si nous voulons démocratiser l’utilisation de ce service, si nous voulons permettre à tous les parisiens de participer à la transition énergétique que nous appelons de nos vœux, nous devons aider les plus modestes.

C’est l’objet de notre vœu demandant une tarification sociale du service d’Autolib.

Je vous remercie.

Publié le

3 juillet 2015

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