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Observatoire Parisien des ondes électromagnétiques : un enjeu public

Nous désirons aborder la question de la pollution des ondes à la lumière de toutes les connaissances. Sa surveillance doit être pratiquée de façon éclairée, et la plus rationnelle possible. Si elle doit exister au niveau parisien par le biais de cet observatoire, elle doit être assurée par le service public, plus à même de garantir son indépendance vis-à-vis des lobbys, ne pas être doublon des dispositifs nationaux, et associer tous les acteurs concernés. Retrouvez l’intervention de Jean Noël Aqua

Madame la maire, chers collègues,

Les ondes électromagnétiques sont parmi nous. Les plus connues, celles de la lumière, nous entourent depuis la nuit des temps. Celles utilisées pour la télécommunication sont aussi anciennes. La radio s’est généralisée massivement dès 1920 et la télévision dès 1931, sans conséquence. Avec le wifi et le téléphone portable, des ondes pas très nouvelles suscitent des inquiétudes qui le sont plus.

En matière de science, comme ailleurs, le doute est essentiel. ¿Des personnes pensent que les ondes ont un impact sanitaire ? Cela mérite réponse.

Premier point, le constat trivial : le soleil chauffe. L’absorption d’une onde échauffe, un phénomène bien connu et quantifié. Il sert au calcul des limitations de puissance des émetteurs.

Deuxième point, y aurait-il un autre impact des ondes sur la santé ? Y a-t-il un doute raisonnable qui justifierait un principe de précaution ? Qu’en dit l’organisation mondiale de la santé ?

Je cite : « Jusqu’ici, aucun effet sanitaire indésirable imputable à une faible exposition à des radiofréquences n’a été mis en évidence. Toutefois, comme le public est préoccupé par la sécurité des téléphones portables, la recherche va s’efforcer de déterminer si des effets moins évidents ne pourraient pas malgré tout résulter de niveaux d’exposition très faibles ». Mais « Le débat sur les résultats qui pouvaient prêter à controverse, a quitté l’arène scientifique pour devenir un problème de société, voire un enjeu politique. »

Nous désirons donc aborder la question à la lumière de toutes les connaissances. Le dogme, en science comme ailleurs, est à fuir. Mais la politique doit être pratiquée de façon éclairée et la plus rationnelle possible.

J’en viens à mon deuxième point, le service public. Pour nous, il est le plus à même d’assurer l’indépendance. L’exemple parfait est celui du GIEC sur le réchauffement climatique. Celui-ci est constitué de chercheurs du monde entier, sous statut, payés par la puissance publique, en toute indépendance avec les différents lobbys, notamment pétroliers. C’est leur statut et leurs budgets pérennes qui leur ont permis de mener leur recherche en toute liberté et indépendance.

Enfin, troisième point, la surveillance des pollutions. L’agence nationale des fréquences, établissement public, surveille déjà les niveaux d’onde. Elle recense les points atypiques dépassant les niveaux recommandés, et pilote un comité rendant public les niveaux d’exposition. L’agence participe sur demande du préfet aux réunions des instances départementales de concertation, et répond aux sollicitations des mairies. Pourquoi doublonner sur Paris ?

Nous serons vigilants à ce que le groupe de travail passe en revue ces enjeux.
Le groupe de travail qui est ébauché dans la délibération prévoit la présence d’élus et d’associations. L’habitude est soit de le restreindre aux seuls élus, soit de l’élargir à l’ensemble des parties prenantes. Nous proposons donc que le groupe de travail inclue

i. la communauté scientifique, avec des membres de l’académie des sciences er du cnrs,

ii. l’agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail
iii. es organisations syndicales des entreprises concernées

Cela nous paraît assez naturel si vous me passez le mot, et nous vous assurons que dans de bonnes conditions, nous participerons aux futurs travaux de la ville.

Publié le

17 mai 2016

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