Rechercher sur le site

Nous demandons à la Ville de cesser toutes relations avec la banque HSBC

La Banque HSBC est le symbole d’un monde de la finance vérolé. Condamnée dans l’affaire d’évasion fiscale swissleaks, accusée de liens avec les cartels de la drogue mexicains et les filières terroristes, HSBC reste le principal partenaire bancaire de la Ville de Paris qui lui confie même le financement du « plan climat énergie ». Un scandale auquel nous voulons mettre fin.

Retrouvez l’intervention de Jean Noel Aqua.

Madame la Maire, chers collègues,

La lutte contre la délinquance financière et la dette de la Ville. Tel est l’objet de notre vœu. Quel lien me direz-vous ?

Le rapport financier témoigne de l’orientation politique que nous donnons à l’action de la Ville. Nous nous sommes engagés à répondre aux besoins des parisiennes et parisiens en investissant plus. Et oui, cela a un prix. Surtout quand dans le même temps, l’Etat met en danger l’investissement public en réduisant notre DGF de 400 millions en 2 ans.

Au 31 décembre 2015, la dette bancaire et obligataire de la Ville s’établissait donc à 4 milliards 446 millions d’euros. La Ville est donc un acteur financier de poids, dont les stratégies sont scrutées par les observateurs. Voilà pourquoi nous pensons que la Ville doit être exemplaire en matière financière, et avoir ainsi un effet d’entrainement. Pour celles et ceux qui croient à l’action des maires, nous disons : Pourquoi pas une ville 100% finance éthique ? sans lien avec la finance délinquante ?

En effet, dans leur obsession de profit à court-terme, les marchands financiers ont mis en place des mécanismes toujours plus innovants et sophistiqués, pour soustraire à l’imposition et à la justice une part croissante de la richesse. Cette délinquance en col blanc est insupportable en temps de crise où l’austérité frappe l’action publique ; elle est insupportable car elle sert à cacher autant les grandes fortunes que les réseaux mafieux, de la drogue, des armes et des êtres humains. Ainsi, chaque année, ce sont près de 80 milliards d’euros qui échappent à l’imposition en France.

Il y a un an, Le Monde publiait une enquête sur l’un de ces systèmes de fraude. Cette affaire, dite « Swissleaks », plaçait la banque HSBC au cœur d’un vaste réseau criminel. La justice française, bien consciente du problème, a mis HSBC en examen pour « complicité de blanchiment aggravé de fraude fiscale » et « complicité de démarchage illégal », procédure assortie d’une demande de versement d’une caution de 100 millions d’euros par la chambre d’instruction de la cour d’appel de Paris.

Mais HSBC ne s’est pas contenté d’être actif dans le domaine de l’évasion fiscale. En 2012, HSBC a consenti à régler à l’état fédéral des Etats Unis, la modique somme de 1.9 milliard de dollars. La raison en est simple. La chambre haute du Congrès étatsunien avait révélé que les cartels de la drogue mexicains avaient recours à HSBC pour blanchir l’argent sale issu de leurs trafics. La même autorité a également révélé les liens d’affaires de la banque avec des organisations suspectées de soutien au terrorisme.

Bref, HSBC est le symbole d’un monde de la finance vérolé dont le seul but est d’engranger les profits sans aucune considération pour le monde qui l’entoure.
Vous me direz : « quel est le lien avec la Ville ? » Le lien est très simple : HSBC est notre plus gros partenaire bancaire ! 24% des opérations de financement de la dette parisienne passe par HSBC. La banque est notre principal intermédiaire sur le marché des obligations et gère plus d’un milliards d’euros d’obligations parisiennes. Beaucoup des contrats qui lient la Ville à cette banque ont été passés il y a longtemps, souvent avant que les affaires que j’ai citées n’aient été révélées. Oui mais voilà, très récemment, en novembre 2015, un peu avant la COP 21, la Ville a émis un « emprunt vert » destiné à financer des projets visant à lutter contre le changement climatique. Intention très louable. Qui est au cœur de ce montage financier ? La banque HSBC.

Nous ne doutons pas que cette opération de « green washing », opération somme toute raisonnable de 300 millions d’euros, contribuera à redorer le blason d’HSBC. En revanche pour la Ville, nous trouvons que l’opération est déplorable.

Voilà pourquoi notre vœu rattaché demande à la Ville de cesser progressivement toute relation avec la banque HSBC. Et surtout, notre vœu demande à la Ville de cesser, à l’avenir, d’avoir recours à nouveau aux services de la banque HSBC.

Retrouvez notre vœu sur HSBC

Publié le

15 juin 2016

Auteur-e-s