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Intervention de Jean Noel sur le rapport développement durable

Intervention en séance du conseil de Paris des 17, 18 et 19 novembre 2014

Madame la maire, chers collègues,

Brassant des thématiques variées, ce rapport sur le développement durable montre l’étendue de ce que fait d’ores-et-déjà la gauche à Paris en la matière et ce qu’il reste à faire aussi. Car une politique de gauche passe incontournablement par les questions du développement et de sa durabilité, par la question du respect de l’environnement et de l’accès de tous à un environnement de qualité. Dans des époques pas si éloignées, l’aristocratie puis la bourgeoisie ont pratiqué l’exil local : elles construisaient leurs châteaux puis résidences secondaires en pleine nature afin principalement d’échapper à la pollution de la capitale, avant de pratiquer l’entre soi social.

Aujourd’hui, préserver les écosystèmes et offrir un environnement de qualité à tous, de l’habitât jusqu’au lieu de travail, sont deux faces d’une même pièce. La problématique du développement durable est donc absolument transversale à l’ensemble de nos politiques publiques. Que l’on pense au logement, à l’énergie, aux transports, aux crèches et écoles, à l’économie cyclique, et même à la recherche.

Mais si la promotion d’un développement durable est transversale à l’ensemble de nos politiques, elle est aussi traversée par l’ensemble des enjeux sociaux et démocratiques. Transversale et traversée, un schéma circulaire si je puis me permettre l’image. En touchant au système de production, aux rapports économiques et aux modes de vie, la transition écologique est une question profondément sociale et sociétale.

Cela apparaît à plusieurs endroits dans le rapport et il nous semble important de le souligner et de l’approfondir.

Par exemple, sur l’enjeu du réchauffement climatique qui est la menace majeure à laquelle nous avons à faire face. La France est déjà en avance sur d’autres pays, que l’on pense à des pays comparables comme l’Allemagne qui produit plus de deux fois plus de CO2 pour une population à peine 20% plus importante. Cette avance est due notamment à notre système de production d’électricité basé sur un service public efficace.
Pour lutter sur un enjeu aussi global, seule l’action publique, est appropriée et efficace, et certainement pas les logiques de marché que la droite et Mme Kosiuscko-Morizet prétendent vouloir verdir. La planification écologique que nous défendons dans le programme du Front de Gauche n’est ni un slogan éphémère ni une parole en l’air.

Sur Paris et la Région, le développement de l’offre de transports publics a été une constance de notre action. Il croise la question de l’amélioration de la qualité de l’air. Didier le Reste en a déjà parlé : la nécessaire transition écologique passera, entre autres, par le développement des transports en commun et la refonte totale des modalités de transports de marchandises, en explorant toutes les pistes.

En parallèle, le développement d’autolib’, certes à poursuivre, a permis l’éclosion d’un nouveau service public de la voiture électrique.

De même, la problématique du développement durable est croisée avec celle des besoins humains (que l’on résume à tord avec celle du pouvoir d’achat). Que l’on pense à la performance énergétique de l’habitat privé et social, ou aux bâtiments et éclairage publics de la Ville. Notre collectivité, et en particulier Ian Brossat, investit massivement dans le parc locatif social, notamment afin d’améliorer l’isolation des logements. Ces investissements sont intéressants pour notre modèle énergétique et intéressants pour les foyers en termes de diminution de la consommation et donc de la facture.

Nous pensons aussi que dans le parc privé, nous pourrions étendre les aides existantes pour la réalisation de travaux d’isolation ou de performance énergétique aux propriétaires occupants à revenus modestes. Nous pourrions aussi étendre notre soutien à la réalisation de travaux permettant d’assurer l’isolation phonique des logements, qui est une condition à la fois de santé et de qualité de vie qui touche particulièrement les parisiennes et les parisiens.

Sur le couplage développement durable/besoins humains, on peut aussi prendre l’exemple de gestion de l’eau que la gauche a passée en régie publique. Nos efforts pour économiser l’eau ont été payants puisque la consommation d’eau a baissé de près de 8%, ce qui se traduit par un meilleur respect de l’environnement et une baisse globale du coût. Seule une régie publique, détachée de la contrainte et du coût du capital, peut se permettre de mettre dans ses objectifs la baisse de la consommation de ses usagers ! Les libéraux peuvent jouer les tartuffes : seule la remise en question des logiques capitaliste court-termistes peut permettre d’apporter des réponses durables à l’interaction entre l’homme et la nature.

Enfin, je voudrais parler du couplage entre la problématique de la production agricole et celle de la satisfaction des besoins humains. Nous nous fixons l’objectif d’une agriculture urbaine, prenant appui sur les expériences menées dans de nombreuses métropoles. C’est certainement un progrès que de rapprocher la production et la consommation, en termes à la fois de consommation d’énergie et de minimisation des intrants. Par ailleurs, vous savez que nous sommes sensibles à l’engagement de notre campagne concernant les Halles alimentaires. Fournir à toutes et tous des produits sains et à un prix accessible, est évidemment notre objectif. Mais il serait fructueux de prévoir un couplage entre les expériences d’agriculture urbaine et son débouché dans les halles alimentaires.

Vous l’aurez compris, nous pensons que la collectivité et la puissance publiques doivent être les premiers acteurs pour promouvoir un nouveau modèle de société, profitable à toutes et tous. Il doit, bien entendu, impliquer un changement de comportements individuels, et ne doit pas peser sur la seule responsabilité des individus. Des moyens doivent exister, car les projets innovants que nous voulons mettre en place se traduisent par des coûts non négligeables d’investissement et de fonctionnement. Mais plus profondément, toute notre action pour le développement durable doit se coupler et s’immiscer dans l’ensemble des fondamentaux d’une politique proposant une alternative progressiste à la société dictée par les marchés.

Je vous remercie

Publié le

18 novembre 2014

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