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Intervention de Nicolas Bonnet Oulaldj sur la communication de Ian Brossat : « Réforme de la gestion de la demande et des attributions de logements sociaux ».

Madame la Maire, mesdames et messieurs les Adjointes et Adjoints à la maire, mon cher Ian, mes chers collègues,

Avant chaque conseil de paris, cela est devenu une habitude, madame la Présidente du groupe UMP s’épanche dans un quotidien national afin de donner ces conseils avisés sur la gestion municipale. Comme démocrates nous écoutons et nous lisons avec attention les déclarations de Madame la députée de l’Essonne.

Cette fois ci, le mot est lâché : c’est l’inaction qui dominerait dans les couloirs de l’Hôtel de Ville. Les élus parisiens et en particulier l’exécutif ne feraient que parler et auraient oublié d’agir.

N’en déplaise à madame Kosciusko-Morizet, les élus de la majorité travaillent et travaillent plutôt bien dans un contexte budgétaire et de réformes institutionnelles qui pourtant ne favorise pas un travail apaisé et serein de celles et ceux qui ont en charge la gestion des collectivités territoriales.

La profondeur de nos critiques à l’égard de la politique du gouvernement en direction des collectivités locales, ne nous empêche pas, loin s’en faut, d’agir au sein de cette majorité pour que Paris puisse continuer à se revendiquer d’une politique de gauche et donc de justice sociale.

Je sais madame la présidente, que vous continuez de penser que cette majorité est illégitime et que sa composante communiste une aberration de l’histoire, mais voilà nous sommes là et encore bien là et notre énergie nous la mettons au service de toutes les parisiennes et de tous les parisiens et pas seulement au profit de certains…

Dans votre interview au vitriol dans un grand quotidien du soir, vous vous en prenez à l’inaction de l’équipe municipale, mais que n’avez-vous oublié de prendre l’exemple du logement ?

Pourquoi ?

Mais parce que ce dossier et la manière dont il a été pris à bras le corps par notre ami et camarade Ian Brossat vous dérange. Il est l’exemple même de la noblesse de l’action politique : dire ce que l’on fait et faire ce que l’on dit.

Le logement est la première préoccupation des parisiennes et des parisiens. Ils veulent pouvoir vivre dans une ville ouverte à toutes et tous. Et non pas dans un ghetto musée comme de nombreuses villes européennes en prennent le chemin.

Paris est une ville à visiter mais aussi une ville à vivre et qu’il y ait à terme 30% de logements sociaux dans la ville capitale vous hérisse. Je peux le concevoir, normal quand on a chevillé au corps une attitude de classe qui frise le mépris à l’égard des parisiens modestes.

Que dites-vous aux 148 000 demandeurs de logement parisiens ? Venez à Longjumeau ?

Que faites-vous pour que les salariés qui travaillent à Paris puissent se rapprocher de leur lieu de travail ? Allez vivre en Essonne ?

Les différentes municipalités de gauche à Paris ont depuis de nombreuses années réorienté très largement la politique du logement mené par la droite pendant des décennies. Paris évacuait ses pauvres et le projet d’une ville totalement gentrifiée était dans vos cartons.

Nous sommes arrivés avec les difficultés que l’on connaît à 20% de logements sociaux dans la capitale. Une véritable gageure quand on connaît le prix du foncier dans notre ville et celui-ci continue d’exploser. Un pari risqué quand les moyens de l’état s’amenuisent dangereusement laissant la collectivité un peu seule dans cette bataille homérique d’un toit pour tous.

Suite à l’exposé de ses orientations, un mois après, oui un mois est-ce trop mesdames et messieurs de l’opposition pour proposer une réforme de la demande et des attributions des logements sociaux ?

Non car cette communication a demandé beaucoup de rencontres, de dialogue avec les actrices et les acteurs du logement parisien. Je sais qu’il y a eu sur la mise en place de ce « scoring » des inquiétudes de certains y compris sur les bancs de la majorité.

Je ne rentrerai pas dans le détail de la réforme, mon ami Ian Brossat le fera certainement mieux que moi, mais je tiens à en souligner l’audace.

D’abord il y a la transparence et la traçabilité de la demande. Combien de parisiennes et de parisiens nous ont interpellés les uns et les autres pour nous dire : « où en est mon dossier ? » « Pourquoi ma voisine qui attend depuis moins longtemps que moi a eu un logement ? » « Je veux juste un échange » « ca fait huit ans que j’attends ». Ces phrases ponctuent tous nos rendez-vous, toutes nos permanences.

Le système proposé sera une nette amélioration car il aide objectivement à la prise de décision. En aucun cas il ne s’agit de mettre en place un système automatisé et déshumanisé mais bien d’appliquer avec le système de points une lisibilité des priorités et la recherche de la meilleure solution pour le demandeur.

Nous espérons que la suspicion qui règne partout et pas seulement à Paris sur les attributions sera levée.

Un autre argument s’est fait jour c’est celui qui dit que la cotation va faire reculer la mixité sociale. Cet argument spécieux est distillé par certains avec des arrières pensées bien peu honnêtes. Pour être clairs : « ce seraient toujours les mêmes les plus pauvres qui vont être favorisés ! »

D’abord la mixité sociale dans une ville comme Paris se construit. Elle a besoin de volontarisme pour faire sauter les égoïsmes de certains exécutifs d’arrondissements qui préfèrent l’entre soi au vivre ensemble.

Oui il y a besoin de logements sociaux partout et aucun arrondissement ne doit s’exempter de cette nécessaire solidarité. Permettez-moi cette incise, j’ose espérer, que si la Métropole voyait le jour, elle mettrait en œuvre la mixité sociale partout, plutôt que de confirmer la forte tendance actuelle : les emplois à l’ouest, les logements à l’est… ou dans les seules villes ayant des majorités de gauche. Si elle ne choisissait pas le chemin de la solidarité et de la mixité elle serait alors totalement détournée de son objet premier : la solidarité métropolitaine.

Il y a donc un risque, j’attends de celles et ceux qui pourraient prendre les rennes de l’éventuelle métropole qu’ils s’expriment à ce sujet. Car il serait regrettable que le volontarisme de la Maire de Paris et de son adjoint au logement se heurtent au mur de l’égoïsme si bien représenté par la droite francilienne.

La mixité se construit, je le disais, par le nombre et le type de logement, leur localisation et la politique d’affectation. C’est un triptyque. Et nous avançons l’amble dans ces trois domaines : plus de logements 10 000 par ans pour les parisiens, plus d’opérations diffuses dans tous les arrondissements, et une meilleure connaissance et souplesse dans l’aide à l’attribution.

Alors Madame la Maire, mes chers collègues vous ne vous étonnerez pas que nous soutenions avec un enthousiasme non feint les propositions de l’exécutif mises en œuvre par notre camarade Ian Brossat.

Publié le

19 juin 2014

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