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Lutte contre la pollution : « problème global réponse locale »

Intervention de Nicolas Bonnet Oulaldj

Les communistes se sont engagés pour un environnement de qualité pour tous : donner un environnement sain est une mesure de justice sociale et de santé publique. Les parisiens ne peuvent pas être les seuls à payer les frais de la pollution, et nous devons nous battre sur le plan de l’agglomération, de la région et même du pays. Chacun à son échelle doit mettre l’investissement nécessaire. Les élus communistes réaffirment que la lutte contre la pollution ne peut pas se conduire dans le carcan d’une politique d’austérité. C’est dans une politique d’investissement et de relance économique que nous devons nous inscrire.

Madame la Maire,

Nous nous engageons résolument à vos cotés dans la lutte contre la pollution. Il y a urgence, c’est la santé de nos enfants, des parisiennes et parisiens, et notre espérance de vie dont il est question.

Les premières mesures que vous nous proposez au débat, ont pour objectif d’accompagner celles et ceux qui veulent renoncer à leur voiture, en favorisant les alternatives non-polluantes. Nous soutenons pleinement vos intentions, mais ce débat ne peut aborder l’évolution des usages sans tenir compte de la dimension économique du problème. Les parisiens ne peuvent pas être les seuls à payer les frais de la pollution. Nous avons fait le choix de nous engager dans un programme d’investissement ambitieux avec un milliard pour développer les transports collectifs, 850 millions pour la transition écologique. Or nous le savons tous ici, la pollution n’a pas de frontière. Nous aboutirons à des résultats efficaces et partagés par le plus grand nombre que si nous battons sérieusement sur le plan de l’agglomération, de la région et même du pays. Chacun à son échelle doit mettre l’investissement nécessaire.

D’abord, nous ne pouvons pas inciter les usagers à prendre les transports en commun, sans que les conditions d’investissement soient réunies. Notre réseau de transport collectif est déjà saturé, je pense à la ligne 13 ou la ligne B du RER. Le réseau souffre d’un manque d’investissement chronique pour la maintenance, cause de nombreux dysfonctionnements et même pire comme nous l’avons vu avec la catastrophe de Bretigny-sur-Orge qui a couté la vie à 7 personnes en 2013.
Deuxièmement, au-delà de l’usage personnel d’un véhicule, le principal problème est l’acheminement de marchandises par poids lourds et par camionnettes polluantes. Interdire ces véhicules doit s’accompagner d’un investissement massif pour le fret par le rail et par voies fluviales. Or nous ne voyons rien venir de concret du côté de l’Etat, ni de la SNCF, ni de RFF.

Prochainement, le Conseil Régional examine le projet de Contrat de Plan Etat-Région qui va structurer les investissements en Ile-de-France pour les six ans à venir. Ce contrat de plan est offensif en matière de transports collectifs et nous nous en réjouissons. C’est une avancée majeure, historique, décisive. Nous l’avons obtenue grâce à la mise en place de recettes dédiées très conséquentes, comme l’augmentation de la taxe locale sur les bureaux ou à la création d’une contribution des parkings des grandes entreprises et des centres commerciaux. Des propositions portées depuis 2005 par les élus communistes. Très récemment encore une nouvelle recette a été affectée suite à un vœu défendu au conseil d’administration du STIF par notre collègue Jacques Baudrier.

Mais malheureusement, nous constatons qu’à ce stade, Il n’y a pas un centime pour le fret ferroviaire. Alors que nous portons un projet emblématique avec Chapelle International, qui doit pour nous être le premier d’une longue liste. Je pense par exemple à la ZAC Bercy-Charenton, dont nous pourrions en faire un pôle multimodal alliant le rail, le fleuve et la route pour les derniers kilomètres.

Paris ne réussira pas seul. Il faut des moyens, de nouvelles recettes dédiées pour ces politiques essentielles. Nous pensons que les recettes indument perçues par les sociétés d’autoroutes devraient être affectées à ces objectifs.

La lutte contre la pollution ne peut pas se conduire dans le carcan d’une politique d’austérité. Bien au contraire, c’est dans une politique d’investissement et de relance économique que nous devons nous inscrire. Lutter contre la pollution c’est d’abord investir pour créer des emplois et développer des nouvelles filières. C’est en sens que je vous propose une mission d’information et d’évaluation sur "fabriquer à Paris pour relever les défis sociaux et environnementaux, quelles filières d’avenir ?".

Publié le

9 février 2015

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