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Intervention de Nicolas Bonnet Oulaldj sur l’économie circulaire

Intervention en séance du conseil de Paris des 9 et 10 février 2015

Madame la Maire,

Je voulais tout d’abord saluer l’excellente communication que vous venez de prononcer. J’y retrouve nos fondamentaux marxistes.

L’heure est aux solutions nouvelles à Paris pour réinventer notre modèle de société. Le développement de l’économie circulaire annonce un rivage de circuits courts, d’écologie industrielle, d’usage raisonné des ressources et de respiration humaine.
Elle nous emmène vers la fin du gaspillage, du jetable et de l’obsolescence programmée, de la surexploitation des hommes et de la nature, des pillages néocoloniaux et de la mondialisation libérale.

Penser l’économie en réduisant son impact sur l’environnement, organiser la réutilisation de produits usagés pour faire émerger le nouveau, privilégier l’économie du partage à celle de la possession, font partie de ces tournants que notre société doit prendre pour être durable.

Des nouvelles filières économiques et écologiques doivent éclore pour préserver notre environnement. L’économie circulaire aura, bien évidemment, toute sa place dans la mission d’information et d’évaluation "Fabriquer à Paris pour relever les défis sociaux et environnementaux " que nous proposons.

Cette réflexion met en lumière un ensemble de nouvelles perspectives. Le recyclage et la valorisation des déchets ménagers ou industriels dans un nouveau cycle de production, fait des grandes villes comme Paris et sa métropole des viviers de matières premières réutilisables en circuit courts.

L’exposé des motifs rejoint bien la démarche que nous souhaitons adopter pour avancer sur ce sujet. Ce mouvement doit concerner l’ensemble des acteurs de la société. Aussi bien les citoyens, le service public que les entreprises. Nous mettons d’ailleurs un accent plus prononcé sur la participation des entreprises au développement de l’économie circulaire.

Si la responsabilisation des citoyens est bien entendue indispensable pour construire ce nouveau modèle, nous devrons à très court terme poser la question de la manière dont on incite les industriels à faire plus en matière d’économie circulaire. Comment les obliger à valoriser ce qu’ils ne valorisent pas spontanément, comme les surplus et les produits périmés dans les magasins, ou les déchets industriels ? Comment développer l’écoconception des produits, afin qu’ils soient conçus dès le départ comme entièrement recyclables ?

Nous pensons que la démarche de sensibilisation dans les entreprises est indispensable, car des initiatives porteuses d’emploi et en faveur de l’environnement, notamment en matière d’écoconception, ne nécessite un peu de bonne volonté.
Nous pouvons parler aussi de la responsabilité de ces grandes entreprises chargées du recyclage, qui se contentent de ne répondre qu’aux obligations imposées par la loi en pourcentage de la masse du produit de départ.

Un exemple pour être plus clair : une voiture doit être recyclée à 90% de sa masse. Les entreprises font fondre le métal et les plastiques, mais laissent les circuits électriques, où sont pourtant les matériaux les plus rares et les plus dangereux à manipuler. Obliger ces entreprises à recycler les 10 % restants permettrait de créer de nouveaux emplois pour un travail qui est aujourd’hui assuré dans des pays bien peu regardants sur les conditions de travail.

Toutes ces pistes sont des éléments essentiels à prendre en compte si nous voulons avancer sur la thématique de l’économie circulaire. Les lois du marché n’assurent ni l’intérêt général, ni l’emploi, car les logiques de rentabilité à court terme prennent le pas sur le long terme et négligent l’intérêt général. L’intervention économique de l’état et des collectivités est indispensable si nous voulons une économie circulaire en action.

Nous devons y répondre tout d’abord par l’exemplarité, en développant à notre échelle des dispositifs allant dans ce sens, comme le fait de favoriser l’agriculture urbaine en ayant recours dans la restauration collective à des produits à proximité de Paris, ou encore par la mise en place de dispositifs locaux de collecte de déchets industriels.
En tant que communistes et marxistes, l’économie circulaire fait partie de notre projet politique. C’est l’alternative du système capitaliste, en sortant du modèle de l’économie linéaire du type « extraire produire, consommer, jeter » et en favorisant l’économie sociale et solidaire pour ces nouvelles filières économiques que nous soutenons.

Nous soutenons donc l’initiative de l’exécutif et nous serons très attentifs à sa mise en place. Nous apprécions d’ailleurs la dimension de coopération et de partage avec les collectivités de notre métropole qui est indispensable si nous voulons obtenir de réelles avancées en la matière.

Je vous remercie.

Publié le

10 février 2015

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