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Une grande ambition pour la petite ceinture et l’avenir de notre planète

Nicolas Bonnet-Oulaldj a porté une grande ambition politique pour la petite ceinture, dépassant les intérêts particuliers. Nous sommes pour que les Parisiennes et Parisiens profitent des atouts de la Petite Ceinture, mais nous devons trouver une solution globale et consensuelle pour organiser une vraie mixité des usages. Cela passe par des garanties plus solides sur la réversibilité des aménagements et une activité ferroviaire douce pour faire vivre ce site.

Retrouvez l’intervention de Nicolas Bonnet Oulaldj

Madame la Maire,

Nous ne voterons pas ce protocole d’accord, car nous défendons d’abord la vocation ferroviaire de la petite ceinture. La petite ceinture est inscrite au réseau ferré national et représente un enjeu stratégique pour notre métropole en lien directe avec la lutte contre la pollution.

Le débat n’est pas que parisien, encore moins un sujet strictement d’arrondissement. Il s’agit d’une compétence régionale portant sur la stratégie de transports en Ile de France, Didier le Reste reviendra sur cet aspect après moi.

Nous devons avoir une grande ambition pour la petite ceinture comme pour l’avenir de notre planète. Une ambition profondément politique, dépassant les intérêts particuliers et les fantasmes des uns et des autres. Nous avons tout entendu : de l’élevage d’escargots, la culture des cornichons, des boites de nuit dans les tunnels et autres activités à but purement lucratif.

A nos collègues de l’UMP, je voudrais rappeler que Jacques Chirac et Jean Tibéri ont défendu, en leur temps, la vocation ferroviaire de la petite ceinture. J’ajouterai que le projet des artisans du tunnel Baron Le Roy dans le 12eme arrondissement, que vous aviez prétendu défendre lors des dernières élections municipales, va à l’encontre de ce qui est proposé aujourd’hui et de l’esprit des vœux que vous déposez.

Je rappelle à mes collègues de la majorité que du conseil régional d’Ile de France, la fédération Nationale des usagers des transports, la CGT ou le Conseil économique social et environnemental, tous ont défendu systématiquement la réutilisation ferroviaire de ce site. D’ailleurs Le Schéma Directeur de la Région Île-de-France qui s’appuie sur une étude de l’IAURIF impose le maintien du linéaire et la réversibilité de tout aménagement sur la ligne.

Nous aurions d’ailleurs aimé entendre plus de voix s’élever contre l’abandon et le manque de volonté de la SNCF pour le potentiel de cette structure alors même que les questions de transport reviennent chaque fois dans notre hémicycle.

Nous sommes pour que les Parisiennes et les Parisiens profitent des atouts de la Petite Ceinture. Mais nous devons trouver une solution globale, mixte, harmonieuse et consensuelle. Nous entendons les craintes légitimes des riverains sur les potentielles nuisances, l’intérêt botanique du lieu et la volonté des associations d’animer des projets sur ce patrimoine.

Bien sûr, il y a des évolutions positives dans cette délibération, comme le rappel du classement dans le réseau ferré national et l’apparition d’acteurs comme le STIF, la Région île de France et les services de l’Etat.

Mais il reste trop d’incertitudes et même des contradictions pour accepter ce protocole en l’état. L’insuffisance de précisions sur la réversibilité des usages en est l’exemple. C’est d’ailleurs pour défendre ce potentiel que nous déposons un vœu pour la mixité des usages et nous relayons des propositions défendues par des associations.

Il est impératif que la plateforme comme les voies ferrées restent en état opérationnel, et que celles-ci ne soient recouvertes d’un quelconque platelage. Les rails, les traverses et le ballast doivent être préservés, les gabarits et les largeurs de sécurité indispensables à l’activité ferroviaire ne doivent pas être réduites. Une vraie réversibilité des aménagements suppose de l’entretien et de la maintenance des voies. C’est pourquoi nous pensons qu’il est indispensable de promouvoir dès maintenant une mixité des usages avec le maintien d’une activité ferroviaire douce sur le site.

Une solution moderne et innovante, résolument tournée vers l’avenir, prenant en compte les avancées technologiques pour des véhicules non polluants et non bruyants est possible. De vraies avancées ont été réalisées dans d’autres pays pour limiter les nuisances de l’activité ferroviaire et respecter de la biodiversité. Alors pourquoi à Paris, on tournerait le dos au progrès et la technologie, là même où nous parlons de l’arc de l’innovation et d’économie circulaire ?

Dans le cadre du budget participatif, 176 propositions concernent la petite ceinture. La proposition de faire circuler un train de découverte occasionnellement sur le site a remporté le maximum de soutiens. Toutes les expériences antérieures de ce type ont rencontré un succès inattendu et même des refus et frustrations par manque de place.

D’autres propositions doivent retenir notre attention, comme celle de créer un musée innovant des transports de Paris. De même que les propositions de Vélorail ou de Draisines à légumes.

Des propositions qui pourraient accompagnées la promotion des grands évènements pour lesquels la ville est candidate, comme le « train de la COP21 », le « vélorail olympique » pour la candidature de Paris 2024.

Madame la Maire, Chers collègues, vous l’aurez compris, il n’y a pas de nostalgie dans notre projet autour de la petite ceinture. Il y a un esprit de progrès et de modernité en lien direct avec les enjeux environnementaux.
Nous ne voulons pas d’une ville musée ou momifiée. La réversibilité des aménagements ne doit pas être une promesse sans lendemain, elle doit être un point d’appui pour l’avenir de l’une des plus ancienne et attachante ligne de chemin de fer de notre capitale, la PCF doit redevenir au plus tôt une des voies les plus utiles.

Je vous remercie.

Publié le

15 avril 2015

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