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Intervention de Nicolas Bonnet Oulaldj sur le vote « Ambition Olympique »

Conseil de Paris des 26, 27 et 28 mai

Madame la Maire, mes cher(e)s collègues,

Nous sommes favorables à la création de l’association de préfiguration de la candidature « Ambition Olympique et Paralympique ». En effet, nous avons voté pour la candidature de Paris à l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques en 2024. Notre travail à cette occasion témoigne de notre grande implication dans ce projet et nous sommes convaincus que celui-ci est essentiel et doit être approfondi.

Or, la délibération qui nous occupe aujourd’hui porte sur une association qui a d’ores et déjà tenu son assemblée générale fondatrice le 15 avril dernier, au lendemain du vote du Conseil de Paris pour la candidature à l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024. Nous sommes devant le fait accompli !

Notre volonté est de travailler au projet Olympique.
De refonder l’idéal Olympique autour des valeurs de solidarité, de fraternité, et des droits de l’Homme. De faire de Paris la ville de la reconquête de l’idéal Olympique : d’abord l’Humain !

Nous observons que sur les trois places prévues pour la représentation de la ville de Paris ne figurent que des personnalités d’une même sensibilité politique.
Mais surtout, ce projet n’est pas qu’un projet économique, ou d’urbanisme. Il est avant tout un projet porteur des valeurs, dois-je les rappeler, d’égalité femmes/hommes, de lutte contre les discriminations, des droits de l’Homme.
Ces thèmes, qui vont sont chers Madame la Maire auraient parfaitement eu leurs places dans la construction de ce projet, qui n’en aurait été que plus riche.

Le projet se doit aussi d’être construit par les populations.
La composition de cette association ne compte aucun représentant des territoires concernés. Je pense au Conseil Départemental de Seine-Saint-Denis, au Conseil Départemental du Val de Marne ou encore au Syndicat Paris Métropole, alors même que ceux-ci ont tous soutenu l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques en 2024.
Par ailleurs, qu’est devenue l’idée d’une concertation « exemplaire et ambitieuse » pour reprendre les termes du vœu voté au conseil dernier ? Se résumera-t-il en une seule possibilité d’approbation d’un projet entièrement rédigé hors de tout dialogue ? De toute prise en compte des volontés populaires ? Je rappelle ici que nous portons l’idée de comités populaires qui auraient pour rôle de faire remonter les idées des parisiennes et des parisiens afin que le projet « Ambition Olympique et Paralympique » puisse les prendre en considération.

Il est troublant que ce mouvement de distance de l’association « Ambition Olympique et Paralympique » vis-à-vis des populations soit concomitant à la refonte des statuts opérée au CNOSF.

En effet, nous souhaitons vous interpeller sur l’inquiétude qui traverse le mouvement sportif, particulièrement après la modification des statuts du CNOSF intervenue le 21 mai dernier.
C’est toute la question de l’ouverture des valeurs de l’olympisme qui se pose alors même que le mouvement olympique tend à se refermer sur lui-même.
Quatre grands universitaires, Jean-Paul Callède, Pierre Chifflet, Dominique Charrier et Yvon Liézart, auteurs d’un article daté du 5 mai dernier, alertent sur le fait que, je cite : « le centre de gravité du mouvement olympique se déplace vers le sport professionnel hyper-argenté », rappelant également que « la marque olympique incarnée par les fédérations olympiques et délégataires sont renforcées dans leur prérogatives au détriment des autres composantes, qui constituent le cœur de la société civile des sports ! »
Pourtant, il est nécessaire de mobiliser largement autour d’un tel projet sportif ! Et en premier lieu viennent évidemment les fédérations affinitaires et le sport scolaire (qui représentent à elles 2 près de 5 millions de pratiquants).

Enfin, nous nous interrogeons sur le budget de 2 millions d’€ alloués à l’association « Ambition Olympiques et Paralympiques », dont 500 000 € de la part de la ville de Paris.
Est-il indispensable de faire appel à une expertise privée ? L’Etat, L’Ile-de-France, l’Institut Régional pour le Développement du Sport ou même la ville de Paris n’était-il pas en mesure d’effectuer une telle expertise ?

Pour toutes ces raisons, le groupe Communiste-Front de Gauche s’abstiendra sur cette délibération.

Je vous remercie.

Publié le

29 mai 2015

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