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Intervention de Nicolas Bonnet sur la candidature de Paris au Jeux Olympiques 2024

Intervention en séance du 8 juillet 2014

Madame la Maire,

Nous nous félicitons de cette subvention attribuée au comité départemental olympique et sportif de Paris, et nous voterons bien entendu favorablement cette la délibération. Cette convention repose sur l’objectif de promotion de la pratique sportive et de l’esprit olympique, c’est-à-dire les valeurs universelles de paix, de solidarité et d’éducation, défendues par le mouvement olympique. Des objectifs importants dans une période marquée par des conflits internationaux aux quatre coins de la planète.
49 000 euros pour permettre au mouvement olympique de se développer dans la capitale, là où est née la charte des jeux olympiques modernes, c’est bien, mais nous pensons que nous devrions faire plus, bien plus, pour l’ambition olympique.
Cette délibération nous renvoie d’ailleurs à une question d’actualité, celle de l’éventuelle candidature de Paris aux Jeux Olympiques.
La Maire de Paris s’est exprimée à plusieurs reprises sans enthousiasme en expliquant qu’elle n’était pas emballée, que cela ne doit pas couter un centime d’euro aux parisiens, mais qu’elle était prête à écouter les propositions du mouvement sportif.

Nous le savons tous, c’est d’abord au mouvement sportif de décider, et avant de nous exprimer pour ou contre, nous devons rigoureusement respecter le travail engagé par le mouvement sport sur l’opportunité d’une candidature française. La ville de Paris est d’ailleurs présente dans les ateliers qui travaillent sur le sujet et qui rendront un avis à l’automne.

Je sais le traumatisme que les deux dernières candidatures malheureuses de Paris ont laissé chez nos concitoyens et chez les élu-e-s de notre ville. Je partage aussi que les critiques sur le caractère éléphantesque des récents JO, les sommes indécentes investies par les collectivités qui les ont accueillies nous donnent le vertige.
Comme beaucoup je constate que le financement repose essentiellement sur les deniers publics, les infrastructures lourdes sont prises en charges par les collectivités locales, tandis que les partenaires privés cherchent à dégager des bénéfices. Malheureusement nous constatons que le business et les stratégies géopolitiques, appuyés par un lobbying, redoutable ont pris le dessus sur les valeurs fondamentales de l’olympisme dans l’attribution des jeux.

Et malheureusement les populations locales sont tenues à l’écart de toutes décisions.
Oui le malaise est profond face à la marchandisation du sport, face à la corruption, aux paris truqués, au dopage, aux salaires indécents…

La question centrale que nous pourrions discuter est comment reprendre la main et transformer ce sentiment général d’impuissance en une volonté commune de combattre cette logique délétère et porter une nouvelle ambition olympique ?
C’est pourquoi il est urgent d’ouvrir de nouvelles perspectives pour des jeux populaires.

Quels sont les leviers politiques qui permettront cela ?
Je pense que nous devons renforcer l’intervention publique et citoyenne et pour cela d’accompagner au plus près le mouvement sportif associatif.
Nous devons retrouver le chemin du débat et de l’implication citoyenne, renforcer les initiatives qui replacent le sport et les compétitions internationales au cœur des questions sociales et des exigences démocratiques des populations. Le sport est un droit et pas une marchandise, il doit être libéré définitivement de l’emprise financière par une intervention publique forte, une exigence de démocratie, de transparence, et par la maîtrise collective des structures d’organisation et de gestion.

Alors, puisque Madame la Maire, s’exprime tant sur les jeux Olympique, puisque nous avons fait de la démocratie participative une priorité, pourquoi ne pas se donner les moyens d’organiser avec le comité départemental olympique et le mouvement sportif parisien, une grande concertation sur l’éventualité d’une candidature de Paris aux JO.
Selon l’étude de janvier de l’institut régional de développement du sport, 95% des franciliens ont une image positive des JO et 85% sont favorable à une candidature de la France.

Qu’on le veuille ou non, les jeux Olympiques sont un accélérateur d’investissement et d’aménagement. La finalité d’une candidature à l’organisation de Jeux olympiques n’est pas que sportive, même si, bien entendu, elle doit encourager l’accès du plus grand nombre à la pratique sportive.

Elle nous permettrait surtout de relever un vrai défi, celui d’améliorer la qualité de vie de nos concitoyens par une politique d’investissements importants, qui nous permettraient d’accélérer la stratégie d’aménagement et d’équipement du territoire dont nous avons débattu ce matin autour du PLU.

Cette ambition n’est pas tant un facteur de coûts qu’un investissement pour l’avenir.
La renommée internationale de Paris, son rayonnement culturel et son attractivité touristique mondial sont des vrais atouts et nous avons le potentiel nécessaire pour prétendre à l’organisation d’un évènement de cette ampleur.
Nous pourrions citer les nombreux équipements sportifs de Paris, tels que le Palais Omnisports de Paris Bercy, le stade Roland Garros, le parc des princes, le stade Jean Bouin, l’esplanade des Invalides, ou même la tour Eiffel. Nous pourrions citer les évènements à venir comme les championnats du monde de handball, l’euro 2016 ou les gays games.

Montrons que nous ne boudons pas, mais que nous sommes exigeants sur le contenu, le format ainsi que sur son montage financier.

Des sommes dont les dépenses ne seraient pas seulement assumées par la Mairie de Paris, mais bien par l’ensemble de notre métropole. La taille métropolitaine est la seule à même de conférer une véritable stature internationale à une candidature.
Tom Waddell, le fondateur des Gays Games que nous allons accueillir en 2018 à Paris, avait un idéal celui de créer de nouvelles olympiades dans le sens le plus authentique du terme : un festival sportif et artistique comme un puissant moteur de changement pour lutter contre les discriminations par le sport et par l’éducation. Cette ambition d’un ancien athlète olympique est pleinement réalisée aujourd’hui.
Tirons de son expérience la possibilité de changer le monde en menant le combat.
Mes chers collègues, nous avons la responsabilité, au regard de notre héritage de relever l’ambition olympique pour les générations futures et pour le monde entier, voilà le message que nous vous proposons de porter avec le mouvement olympique pour notre ville.

Publié le

15 juillet 2014

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