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Intervention de Nicolas Bonnet sur la communication politique internationale de la ville

Conseil de Paris
26,27 et 28 mai 2015

Madame la Maire,
Mes chers collègues,

Je mettrai mon intervention sous les auspices d’un grand homme qui a dit "la France est grande quand elle est universelle". Nous pourrions je crois adopter cette formule pour notre ville.

André Malraux, l’auteur de « l’Espoir », puisqu’ il s’agit de lui, ne voyait pas la France au-dessus des autres, mais comme un pays qui avait un rôle et une place particulière dans le monde.

Vous comprendrez ainsi pourquoi dans chacune de nos interventions concernant un évènement international qui se tient dans notre capitale, nous insistons sur les valeurs de paix, de tolérance, de fraternité.

Oui Paris a une place particulière. Nous l’avons vu au début du mois de janvier quand on touche à sa liberté, à sa chair, à ses valeurs le monde entier réagit.
Ceci nous donne donc des obligations.

Quand, dans le monde, les droits humains sont bafoués, Paris se doit de réagir. Nos concitoyens, quelle que soit leur origine, sont attentifs à nos positions et à nos actes.

Depuis la Révolution Française notre ville a su accueillir celles et ceux qui étaient persécutes pour leurs idées ou souhaitaient échapper à la misère.

Cela vaut pour les juifs d’Europe de l’est fuyant les pogroms, aux arméniens fuyant les massacres, aux allemands ou italiens fuyant le nazisme et le fascisme et tant d’autres...

Mais j’aimerais que nous nous rappelions ce qui se disait ici même ou dans la presse quand il a fallu aller aider les « boat people » vietnamiens en mer de chine à la fin des années 70. À cette époque la France et Paris ont su accueillir ces populations en détresse.

J’avoue ne pas comprendre l’indifférence, ou pire le rejet, qui s’exprime actuellement, lorsque l’on parle d’aider celles et ceux qui au péril de leur vie franchissent la méditerranée. Cette mer est désormais leur tombeau.
Oui nous avons un devoir de solidarité et que l’on ne leur demande pas d’abord à quels dieux ils croient, ou d’où ils viennent.

Mais depuis l’égoïsme d’une Europe forteresse qui renonce à ses obligations de solidarité et de coopération s’est installé. Cette Europe encadre, contrôle, pèse sur nos décisions nationales, avec la lâche complicité de nos gouvernants qui ont depuis longtemps renoncés à réorienter sa construction.

J’en veux pour preuve la timidité, pour ne pas dire la complicité du gouvernement français, qui a accepté que la négociation du traité transatlantique soit menée par la Commission Européenne.

À notre initiative la majorité de notre ville s’est retrouvée sur une position commune de vigilance à l’égard de ce traité. Nous avons permis que se tienne, dans le 12 ème arrondissement, une initiative d’ATTAC qui a réuni plus de 300 personnes.

Il nous faut aller plus loin, comme nous y invite le conseil d’arrondissement du 14 ème qui vient de voter un vœu demandant à être hors TAFTA. Oui Paris doit se déclarer hors TAFTA.

Il y a péril en la demeure, sur le seul aspect de la création d’un tribunal arbitral on sait que cela pourrait mettre à mal nos droits sociaux, le principe de précaution et surtout le principe d’une justice égale pour tous.

Il y a 10 ans le peuple de France dans sa majorité rejetait le Traité Constitutionnel.

Depuis avec le traité de Lisbonne puis l’adoption de la règle d’or, l’Union Européenne est devenue un carcan libéral. L’orthodoxie économique qu’elle prône a aggravé les conséquences de la crise de 2008 avec les politiques d’austérité.

La copie que notre gouvernement vient de remettre à la commission confirme les coupes budgétaires y compris pour les collectivités locales ce qui a des conséquences dramatiques sur nos budgets y compris sur la coopération décentralisée.

La démonstration de ce qui se passe avec la Grèce est criante. Soit un gouvernement légitimement élu doit renoncer aux engagements pris devant sa population soit il sort du jeu.

Ce qui se passe en Espagne est porteur d’espoir. Les peuples du sud n’ont plus peur de Bruxelles ou de la Troïka. La formule « There Is No Alternative », ne fait plus recette.

Voilà le choix qui est offert à nos amis grecs. Vous avez reçu monsieur Tsipras à peine élu, nous espérons madame la Maire, que vous répondrez d’une manière ou d’une autre aux appels à la solidarité envers le peuple grec.

Et je vous invite à venir ce week end sur la place de la République au forum européen des alternatives là où seront celles et ceux qui ne renoncent pas à changer l’Europe et la vie.

Publié le

27 mai 2015

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