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Non à l’ouverture de la médiathèque Hélène Berr le dimanche !

Notre groupe s’oppose à l’ouverture de la médiathèque Hélène Berr le dimanche.
En mars 2016, notre groupe avait demandé un bilan qualitatif de l’ouverture de 5 médiathèque le dimanche. A ce jour, aucun bilan n’a été communiqué.
La direction des Affaires Culturelles ne propose qu’un nombre restreint d’agents qui ne permettra pas le fonctionnement optimal de la médiathèque. De plus, ce sont les étudiants qui composent une part importante du public dominical des bibliothèques. Or, l’implantation prochaine de l’université Paris III Sorbonne Nouvelle prévoit une bibliothèque de 5000 places.

Retrouvez l’intervention de Nicolas Bonnet-Oulaldj.

Consulter le vœu

Madame la Maire, mes chers collègues,

Je vais concentrer mon propos sur le passage de la communication qui propose d’adapter les jours et horaires d’ouverture de nos équipements aux besoins des Parisiens. Nous avons déposé justement déposé un vœu sur ce sujet. Un vœu qui concerne le projet d’ouvrir bibliothèque Hélène Berr le dimanche.
Nos positions sur le travail de nuit et le travail du dimanche ont le mérite d’être claires. Nous sommes opposés par principe à la dérégulation continue des modes de vie.

Toutefois, nous ne sommes pas non plus dans la caricature. Certains services, et notamment certains services publics, doivent nécessairement fonctionner le dimanche et en horaire décalés. Je pense notamment aux transports publics ou aux hôpitaux. Ces services sont nécessaires au bon fonctionnement de la société dans son ensemble et nous ne remettons pas cela en cause.

En revanche, nous restons fermement attachés à la préservation de moment de respiration, de temps libre qui permettent à tout un chacun de passer du temps avec ses proches et de s’adonner à des activités de loisirs. C’est une question de cohésion sociale qui nous semble primordiale, surtout dans la période, difficile à plusieurs égards, que nous traversons actuellement.

Voilà pourquoi nous sommes opposés à l’ouverture continue des services publics à toutes heures et tous les jours. D’autant que ce n’est pas une demande récurrente des parisiennes et des parisiens.

Si je prends le cas de la médiathèque Hélène Berr dans le 12e arrondissement, la très grande majorité des usagers n’a pas exprimé cette demande. Si je m’en tiens aux résultats de l’enquête de satisfaction liée à la démarche « QualiParis », il faut déjà se rendre compte que la question des horaires n’est pas centrale pour les usagers. Ces derniers sont bien plus nombreux à demander l’enrichissement du fond documentaire ou l’amélioration des conditions d’accueil. Ensuite, si l’on se concentre sur la question des horaires, la plupart des usagers demandent l’ouverture le lundi, le jour où les bibliothèques sont traditionnellement fermées car les agents travaillent tous les samedis. Ensuite, les usagers demandent des ouvertures en matinée car la bibliothèque n’ouvre jamais avant 10h voire 13h. Ce n’est finalement qu’une minorité qui demande l’ouverture du dimanche.

On peut donc s’interroger sur la principale motivation du projet d’ouverture dominicale qui serait de répondre aux besoins des usagers.

En creusant le débat, certains me répondent que le but est de répondre aux besoins d’espaces de travail des étudiants car les bibliothèques universitaires sont fermées le dimanche et que les étudiants vivent dans de petits logements qui ne leur permettent pas de travailler dans de bonnes conditions. D’abord, je ne suis pas persuadé que ce soit aux bibliothèques municipales de répondre aux travers du marché immobilier qui obligent les étudiants à se loger dans de petits logements. Par ailleurs, dans le cas précis de la bibliothèque Hélène Berr, je ne vois pas pourquoi la future université qui ouvrira à quelques centaines de mètres ne pourrait pas accueillir des espaces de travail adaptés aux rythmes particuliers des étudiants.

Vous l’aurez compris, nous ne saisissons pas les objectifs politiques de l’ouverture des bibliothèques le dimanche. Raphaëlle Primet le rappelait dans son intervention, l’État a diminué notre budget de fonctionnement de 15% en 5 ans et la Direction des Affaires Culturelles doit aujourd’hui fonctionner avec des moyens constants qui ne permettent pas de créer les postes nécessaires au bon fonctionnement sur des places horaires plus large. Cela veut dire que les ouvertures du dimanche se feront à minima comme c’est d’ailleurs le cas dans les 5 médiathèques parisiennes qui le font déjà. Les agents sont cantonnés aux postes informatiques sur l’enregistrement des retours de documents et ne peuvent pas faire le travail d’accompagnement et de conseil des usagers qu’ils font le restant de la semaine.

J’ai rencontré les agents de la bibliothèque Hélène Berr, à leur invitation, le 2 septembre dernier. Ils m’ont fait part de leurs craintes de se retrouver en position difficile alors qu’ils seront peu nombreux sur le site. Comment gérer les évacuations incendies, les situations de tensions avec les usagers ou entre usagers ? Les questions s’accumulent et la DAC ne peut y répondre de manière satisfaisante dans le carcan budgétaire qui lui ait imposé.

Voilà pourquoi nous avons déposé ce vœu demandant l’abandon du projet d’ouverture dominicale de la bibliothèque Hélène Berr.

Je vous remercie.

Publié le

28 septembre 2016

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