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Intervention de RaphAelle PRIMET sur Modification de délibération fixant les conditions d’attribution de la prime de fonctions et de résultats

Conseil de Paris
26,27,28 mai 2015

Madame la Maire, mes chers collègues,

Comme nous l’avions fait en novembre dernier sur le même sujet, le groupe communiste-Front de Gauche votera contre la délibération DRH 51 qui prévoit l’extension des primes de fonctions et de résultats au grade d’administrateur général.
Je ne répéterai pas l’intervention que j’avais alors prononcée et je vais me contenter de rappeler rapidement les deux points sur lesquels repose notre position.

Il y a d’abord le principe même du recours à la prime, coup de pouce aux salariés qui vient compléter leur rémunération. Alors que les salariés de la fonction publique sont pointés du doigt, le point d’indice de leur rémunération statutaire gelé depuis des années, les rémunérations maintenues à un bas niveau, le recours aux primes permettrait d’augmenter le pouvoir d’achat des agents de la Ville. Mais le système des primes porte en lui une notion d’arbitraire, il met à mal l’égalité de traitement des fonctionnaires, tout le monde n’est pas éligible à la prime. Le débat autour des primes et de leur niveau, permet d’évacuer la question centrale de l’augmentation de la rémunération statutaire et de la refonte des grilles de rémunération.

En pleine période d’austérité appliqué au pas de charge par le gouvernement, à un moment où l’on demande toujours plus aux fonctionnaires sans pour autant leur donner les moyens nécessaires de mener à bien leur mission, cette mesure étatique, mise en place sous le mandat de Sarkozy et maintenu par le Parti socialiste au pouvoir depuis 2012, est une provocation. Elle sape les piliers du statut général de la Fonction publique qui repose d’une part sur la qualification et le concours afin de fixer les corps et grade de prise de fonction de l’agent et d’autre part sur les droits et obligations du fonctionnaire pour s’assurer de sa conscience professionnelle. Ces piliers sont remplacés par l’individualisme, la concurrence et leurs cortèges d’inefficacité, de violence et de souffrance au travail.

Mais notre opposition va au-delà, car nous sommes réticents à l’idée même d’appliquer les outils du management du secteur privé à la gestion des administrations publiques. Les finalités de l’action publique telle que nous la concevons ne peuvent se conjuguer aux exigences de rentabilité du privé.

S’il s’agit d’améliorer la qualité du service public, les solutions ne manquent pas : permettre aux usagers de mesurer le niveau de réponse apporté à leur besoins, mais aussi et surtout augmenter les budgets de fonctionnement et d’investissement pour donner les moyens aux fonctionnaires de mener à bien les missions qui leur sont confiées.

Je vous remercie.

Publié le

27 mai 2015

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