Rechercher sur le site

Intervention de Raphaelle Primet sur la réforme de l’administration parisienne

Intervention en séance du Conseil de Paris du 19 mai 2014

Madame le Maire, mes chers collègues,

Je souhaite compléter le propos d’Emmanuelle Becker concernant cette réforme qui nous est présentée aujourd’hui.

Je le redis à nouveau, le groupe communiste Front de Gauche s’opposera à toute réforme qui ne poursuivra qu’un seul but, celui de faire baisser les dépenses de fonctionnement. D’abord parce que nous considérons que l’investissement dans le service public est fondamental, surtout en temps de crise. Ensuite car nous risquerions de passer à côté des grands enjeux de la réforme de l’administration.

Cela ne devrait étonner personne, les élu-e-s du groupe communiste-Front de Gauche seront extrêmement attentifs à toutes les questions liées aux personnels de la Ville de Paris pour cette réforme et plus généralement, tout au long de la mandature. Pour nous de bonnes conditions de travail sont la garantie d’un bon service rendu aux parisiens.

Jeudi dernier 300 000 fonctionnaires des fonctions publiques territoriales, hospitalières et de l’État, étaient dans la rue contre le gel annoncé du point d’indice jusqu’en 2017 .Vous le savez, les salariés de la Ville de Paris, subissent ce blocage depuis 4 longues années ! C’est un record historique ! Cela équivaut à une baisse de leur revenu et lorsque l’on sait que les 2/3 des agents de la Ville de Paris sont des agents de catégorie C qui ne bénéficient que de salaires modestes, voire très modestes, cette situation est difficilement tenable. Même si nous ne sommes pas comptables des politiques menées par les gouvernements successifs, cet état de fait pèse lourdement sur les négociations globales relatives à cette réforme.

Si je partage la volonté affichée d’apporter un meilleur service aux parisiens, de favoriser la transversalité ou de réfléchir à une réduction de la hiérarchie, Il me paraît impensable de mener à bien une réforme de l’administration à cette échelle sans associer étroitement les salariés et leurs organisations syndicales à son élaboration.

Nous porterons donc une grande attention au dialogue avec les représentants des personnels qui sera instauré dans les mois à venir et aux conditions dans lesquelles il se déroulera.

Nous notons que Madame la Maire a voulu faire un geste symbolique en présidant le Comité Technique Paritaire central alors que vos prédécesseurs n’avaient pas souhaité y siéger. Cela dénote de l’intérêt porté à cette démarche de concertation et nous tenons à saluer cette initiative.

Le groupe Communiste-Front de Gauche émet néanmoins des réserves concernant les éléments de calendrier qui ont été communiqué jusqu’à présent.

Il nous paraît pour le moins compliqué d’annoncer d’ores et déjà un certain nombre des mesures de la réforme alors que le temps n’a pas été pris ni d’un état des lieux ni de construire un constat commun avec les organisations syndicales sur l’état actuel de l’administration. La réalisation d’un diagnostic, partagé à la fois par l’exécutif, les directions et les salariés, est pour nous un préalable à la réussite de cette réforme.

L’impression générale est celle d’une réforme menée dans la précipitation y compris d’ailleurs en passant outre l’obligation légale de la tenue d’un CHS-CT central. Je ne vois pas comment une réforme des services qui auraient été pensé à quelques-uns, aux plus hauts échelons de l’administration, sans l’assentiment des salarié-e-s pourrait s’appliquer de bonne façon. Même avec les meilleures intentions du monde, une réforme préparée sans concertation est vouée à l’échec.

C’est en partant de cette base que le dialogue social pourra se dérouler en toute sérénité. Et justement, le calendrier annoncé à l’heure actuelle qui donne un aboutissement en amont de l’élection professionnelle du 4 décembre prochain, ne nous semble pas favorable à l’instauration d’un cadre apaisé de négociation. Demander aux représentants du personnel de prendre des engagements à l’expiration de leur mandat fragilise la portée des engagements que pourront prendre les organisations syndicales.

Prendre le temps de la réforme, cela nous paraît d’autant plus nécessaire que votre communication traduit la volonté de faire évoluer en profondeur les pratiques et la culture professionnelle. Ce travail est un travail de fond qui doit s’inscrire dans le temps long. Il ne pourra pas porter ses fruits si la réforme est menée au pas de charge.

Notre groupe souhaite enfin relayer l’inquiétude légitime exprimée par les salariés précaires de la Ville. Ces derniers ne veulent pas payer les baisses de dotations de l’État, que ce soit au travers du maintien de leur statut de contractuel ou de la non-reconduction de leur contrat de travail. En ces temps de crise, c’est bien la sauvegarde et l’amélioration qualitative des emplois publics qui doit être notre premier objectif.

Je vous remercie.

Publié le

19 mai 2014

Auteur-e-s