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Intervention de Raphaelle Primet sur le rapport social 2014

Intervention en séance du conseil de Paris des 16 et 17 juin 2014

Madame la Maire, mes chers collègues,

Je me plie pour la première fois à l’exercice difficile du commentaire du rapport social. Nous parlons ici de plus de 50 000 agents, intervenant dans une grande variété de domaines. Alors bien sûr ; il n’est pas évident de se représenter les réalités de chacun et de tenir un propos complet qui n’occulte pas les réalités que vivent chaque jour les agents. Je me concentrerai donc sur trois questions essentielles :

1. La création de postes par la Ville de Paris. Ces embauches sont extrêmement utiles car elles permettent un service public de qualité.

2. La question de la déprécarisation des personnels, question qui comprend également la structuration de la filière animation.

3. L’action en faveur de l’égalité Femme/Homme, un domaine, madame la Maire, sur lequel je vous sais attentive au côté d’Hélène Bidard.

Ma première observation concerne la création de 261 postes accompagnant l’ouverture d’équipements. C’est un bon point de départ car le jeu des redéploiements d’effectif était arrivé en bout de course et a montré ces limites. Mais il y a encore des emplois à créer dans certains secteurs, je pense par exemple aux bibliothèques.

L’année 2013 a vu s’ouvrir plus de 1200 places en crèche accompagnées par l’embauche d’auxiliaires de puériculture, d’agents techniques de la petite enfance et d’éducateurs de jeunes enfants. C’est mieux, même si les problèmes rencontrés dans ce secteur restent nombreux, mais je ne rentre pas dans le détail car cette question a fait l’objet d’un vœu que le groupe Communiste présentera plus tard dans la séance.

La mise en œuvre de la réforme des rythmes scolaires, bien qu’elle pose question à notre groupe de manière globale_ nous y reviendrons _ a permis de créer de nouveaux postes d’ASEM et d’adjoints d’animation. La question des vacataires de l’animation a pu être traitée au travers du plan de déprécarisation. Cet effort devra se poursuivre avec l’objectif de titularisation des animateurs qui en feront la demande. Cette avancée est positive et peux contribuer à la structuration d’une filière animation que nous souhaitions avant la mise en œuvre de la réforme.

Je voudrai maintenant dire un mot de la déprécarisation des personnels. Engagés depuis mars 2013 avec l’adoption d’un plan pluriannuel d’accès à l’emploi, ce plan commence à porter ses fruits. Mais il n’est pas facile de l’évaluer sur la base du seul rapport social. Nous ne disposons que de données partielles ne permettant pas de juger pleinement, il faudrait pour cela un bilan précis lors d’une prochaine séance. Nous voyons qu’un effort a été réalisé pour les catégories C avec la titularisation de 434 agents, mais néanmoins, rappelons que les ayants droits de ce plan de déprécarisation ont été identifié sur la base de la loi Sauvadet, selon des critères relativement restrictifs, et que, malgré les efforts, la lutte contre la précarité des personnels de la Ville est loin d’être finie.

Je souhaite également parler de l’égalité Femme/Homme. Le rapport social se félicite de la poursuite de la dynamique de féminisation des effectifs : en 2013, 56,8% des agents de la Ville de Paris sont des femmes.

Il est intéressant de noter que les métiers deviennent de plus en plus mixtes. Les corps où l’on retrouve traditionnellement une écrasante majorité d’homme se féminisent peu à peu, c’est une avancée dont nous devons nous réjouir. Mais il faut encore affronter de nombreux préjugés, l’intégration des femmes dans ces services est encore un combat quotidien. Je note également que la part des femmes dans les emplois de direction et d’encadrement ne cesse de progresser, nous nous en félicitons. Lorsque l’on compare ces chiffres à ceux des grandes entreprises du CAC 40, nous ne pouvons que nous enorgueillir. Mais comparaison n’est pas raison et il ne faut pas que nous oubliions que le chemin à parcourir vers l’égalité est encore long.

Les femmes sont les plus représentées dans les emplois de catégorie C, ces emplois qui , au sein de la Ville sont les plus pénibles, ceux qui sont le plus souvent soumis aux temps partiel et aux horaires décalés.

Les écarts de revenus sont au cœur des enjeux d’égalité. Ainsi la part de femmes dans les déciles de rémunération les plus bas est écrasante. Il faut remonter jusqu’au 4e pour trouver un taux de femmes inférieur à 60%. Pour les 5 déciles les plus haut, les femmes sont toujours moins nombreuses que les hommes, et nous rappelle que les inégalités salariales perdurent. A ce propos, notre groupe demande à disposer de statistiques sexuées plus complètes sur l’emploi des femmes, leurs parcours et leur rémunération parce que rendre visible ces discriminations c’est commencer à s’y attaquer. Le travail engagé doit se poursuivre, je suis persuadée que ma collègue Hélène Bidard y contribuera.

Je conclu mon intervention par un détour vers le compte administratif. Bien qu’en hausse, les dépenses liées au personnel traduisent un manquement que je tiens à dénoncer. Ce manquement, mes chers collègues, ne relève pas de notre responsabilité mais de celle du gouvernement. Je le rappelle, le gel du point d’indice des fonctionnaires est la règle depuis 2010 et perdure malgré le changement de gouvernement. Ce blocage pèse lourdement sur les finances des agents qui font face à la crise et doivent entre autre trouver à se loger dans un contexte où la spéculation immobilière frappe de plein fouet les revenus les plus modestes.

Publié le

17 juin 2014

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