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Intervention de Raphaelle Primet sur la dénomination d’un place "Jean Michel Basquiat"

Intervention en séance du conseil de Paris des 16 et 17 juin 2014

Jean-Michel Basquiat n’est pas seulement le premier peintre noir américain a avoir connu un succès international, c’est un peintre de génie, un véritable artiste qui a plus que sa place à Paris.

A ces début il peint la rue , graffitant , taguant la signature SAMO avec son ami Al Diaz sur les murs de Soho à Manhattan, il peint tous les supports , des boites , des frigos tout ce qui lui tombe sous la main . Mais il le dit lui-même je n’ai jamais fait de tags, j’ai fait de la peinture dès le début.

Il rencontre le succès très jeune et délaisse les murs pour la toile et sa peinture vibre de l’énergie nocturne et urbaine, de la solitude de la ville. Sa peinture parle de la mort : silhouettes décharnées et fragiles, masques funéraires. Rappelant l’art primitif, couleur noire et rouge omniprésentes, elle parle du corps humain qui le fascine depuis son enfance.

Sa peinture est musicale rythmée comme le jazz, le reggae, le rap, le rock bruitiste qu’il écoute et qu’il pratique parfois en musicien dans les groupes qu’il a formé. Il remixe violemment la peinture occidentale comme un dj pour mieux la renouveler.
Sa peinture parle, ses toiles couvertes de phrases, de mots peints, biffés, raturés, mettent en peinture la technique du cut-up up (collage littéraire) de William Burroughs son écrivain préféré de la beat génération.

Sa peinture raconte l’histoire du peuple noir, sa culture, ses musiciens, ses boxeurs, ses sportifs, ses hommes politiques .Dans son panthéon les grands hommes sont Charlie Parker, Jesse Owens, Malcom X, Marcus Garvey...

Sa peinture dénonce l’esclavage, le racisme, on y voit sa fierté de ses origines lointaines d’Afrique, de la révolte des esclaves et de la lutte des afros américains.
Prolixe, Il laisse malgré sa courte vie des milliers d’œuvre. Il fait partie du mouvement néo-expressionniste au côté d’artistes tels que Keith Haring , Julian Schnabel, Francesco Clemente …

En 1983, Basquiat rencontre Andy Warhol, devient son ami et conçoit avec lui nombres d’œuvres. En 1987, la mort d’Andy Warhol anéantit Basquiat qui se réfugie davantage encore dans la drogue. Il décède d’une overdose le 12 août 1988 : à seulement 27 ans, deux musées européens lui avaient déjà consacré une rétrospective.

Jean-Michel Basquiat a marqué l’art de la fin du 20eme siècle. Son œuvre est riche et complexe ne se satisfait pas d’un regard superficiel. Je finirai par ces mots d’Enrico Navarra "Jean-Michel Basquiat n’a pas de couleurs, il est de toute celles qu’il a inscrites sur ses toiles".

La place Jean Michel Basquiat (13e)

Publié le

19 juin 2014

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