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Intervention de Raphaëlle Primet pour la reconnaissance de l’Etat palestinien

Intervention en séance du conseil de Paris des 17, 18 et 19 novembre 2014

Madame la maire, mes chers collègues

Nous nous félicitons de cette subvention accordée à l’institut franco palestinien qui fait un travail remarquable pour promouvoir la culture palestinienne dans le cadre d’échanges fructueux.

La culture est vitale pour tous les peuples. Elle l’est encore plus pour le peuple palestinien.
Chassé de sa terre natale, si le peuple palestinien éclaté a pu se conserver en tant que peuple c’est grâce à l’affirmation de sa culture nationale diverse et universelle. C’est L’aspect culturel de la résistance qui constitue d’abord un lien essentiel entre toutes les composantes du peuple palestinien, qu’elles soient celle de la diaspora, partout dans le monde, des Palestiniens en exil, à Gaza ou en Cisjordanie. A partir d’actions culturelles, dans les domaines du théâtre, de la musique, de la littérature, de la peinture ou du cinéma, les palestiniens témoignent des souffrances de leur peuple, refusent et combattent la colonisation. A partir de 1967 et l’occupation de la Palestine, culture et résistance se confondent. La résistance s’inspire de la culture et la culture participe à l’approfondissement de la résistance. La stratégie qui consistait à nier cette culture et à vouloir la faire disparaitre a échoué.
La Palestine a son identité nationale, culturelle et politique. Elle a su se doter d’un état viable avec les structures régaliennes indispensables et d’une autorité palestinienne de réconciliation.
Cela me permet de faire le lien avec le vœu, pour la reconnaissance de l’état palestinien déposé par Danielle Simonnet et de la remercier d’avoir ainsi poser le débat au conseil de Paris.
Le moment est bien choisi, dans une dizaine de jours, le 28 novembre exactement vont être examinées la proposition de résolution n°201 déposée par les députés Front de gauche en 2012, ainsi que celles des groupes écologistes et socialiste en faveur de la reconnaissance de l’État palestinien.
Le 11 décembre à l’occasion d’une niche du groupe communiste ce sera au tour du Sénat de se prononcer.

C’est qu’il y a urgence !

Le processus de paix, l’échec des négociations mené l’année dernière, le conflit meurtrier à Gaza cet été, la poursuite illégale de la colonisation et les multiples provocations du gouvernement d’extrême droite de Netahnyaou amène la tension à son comble.

La reconnaissance de l’État palestinien doit être comprise comme une première étape nécessaire pour ceux qui veulent une résolution pacifique du conflit. Ce serait la réparation d’une injustice.

En 1988 l’OLP avait fait le douloureux compromis historique d’une reconnaissance d’Israël sur les frontières de 1967 concédant ainsi 78% de la Palestine historique,
Pour permettre une solution à deux états dans les frontières de 1967 avec Jérusalem est pour capitale.

Depuis, les négociations entre Israël et Palestine n’ont pas permis d’avancer, bien au contraire.

Le gouvernement israélien en continuant ses politiques d’expansion des colonies à marche forcée, de grignotage du territoire palestinien, en construisant le mur de la honte cherche à rendre impossible l’idée même d’un Etat de Palestine viable puisque morcelé tronqué. Le risque c’est de faire reculer la perspective d’une solution à deux Etats et de rendre impossible une solution politique négociée et pacifiste.
Il faut des pressions internationales à la hauteur de la situation et de sa gravité. Et ceci non seulement pour faire cesser le soutien dont Israël fait l’objet, mais aussi pour changer l’état d’esprit interne à Israël.

Bien sur la seule reconnaissance ne sera pas suffisante et c’est pour cela que le parti communiste est partie prenante des campagnes BDS, B pour boycott des produits issues des colonies, D pour désinvestissement et S pour sanctions ainsi que de la campagne internationale pour la libération de Marwan Barghouti et de tous les prisonniers politiques.

La reconnaissance de la Palestine comme État observateur à l’ONU a été précédée par son entrée dans les instances de l’Unesco. C’est ce processus qui est important parce que la bataille politique qui se joue vis-à-vis des différents gouvernements Israéliens qui violent les résolutions passées, c’est le fait qu’Israël cesse de se considérer comme un État hors ou au-dessus du droit international indifférent à l’application des résolutions de l’ONU…
Un appel a été lancé aux parlementaires européens par plus de 660 personnalités israéliennes dont Elie Barnavi ex ambassadeur d’Israël en France, Avraham Burg ancien président de la Knesset.

Alors que plus de 130 pays ont déjà reconnu l’état palestinien et que la Suède a donné l’exemple, la France, membre du conseil de sécurité, a de grandes responsabilités par sa position et l’action qu’elle peut mener au sein de la communauté internationale. Elle peut retrouver le rôle positif qu’elle avait avant.
Le 28 novembre, l’assemblée par un vote positif pourrait réouvrir de nouvelles perspectives et redonnerai de l’espoir à tous les pacifistes.

Publié le

18 novembre 2014

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