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Intervention de Raphaelle Primet sur le budget Culture et le personnel de la Ville de Paris

Intervention en séance du conseil de Paris des 15, 16, 17 et 18 décembre 2014

Madame la Maire, mes chers collègues,

J’interviendrai pour ma part sur la culture et les personnels.

Nous avons travaillé conjointement avec le groupe écologiste sur une proposition concernant l’offre musicale des discothèques parisiennes. Si historiquement, le prêt de livre a toujours été gratuit dans nos établissements, il n’en ait rien pour les Cd où il faut payer 30 euros à l’année ! C’est un obstacle majeur et une des causes de la baisse de la fréquentation des discothèques .Cette situation a quelque chose de paradoxal et les bibliothécaires nous disent la difficulté à expliquer aux usagers que Victor Hugo est gratuit quand Mozart, lui, est payant ! Avec la musique gratuite sur internet certains peuvent penser que le problème de l’accès démocratique à la musique est réglé mais c’est mettre de côté tout le travail pédagogique qui permet de créer des ponts et d’initier à la découverte de musiques différentes et variées. Pour les aficionados le développement des sections spécialisées dans différents styles, opéra ou blues, musique du monde ou rock mettant en valeur les fonds riches et les raretés de nos discothèques et où les amateurs profiteraient des conseils avisés des discothécaires.

Nous demandons donc d’anticiper sur les conclusions des diverses études pour, expérimenter dès 2015 la gratuité des prêts CD pour les jeunes mineurs et les bénéficiaires de minimas sociaux parce que nous croyons en l’avenir d’une offre musicale modernisée.

Nous vous proposons d’ apporter un soutien à l’association Ferraille pour l’organisation de « formula Bula « un festival « de bande dessinée et arts associés" qui avait lieu à St Ouen mais à qui le nouveau Maire UDI de la Ville a décider unilatéralement de couper les financements pensant sans doute, que pour ses habitants la Culture est un supplément d’âme inutile à moins qu’il n’est pas apprécié le contenu trop novateur, tourné vers la bande dessinée indépendante. Nous pensons au contraire que permettre l’accès au plus grand nombre à la culture dans ses formes les plus diverses est facteur d’émancipation. Formula Bula travaille sur l’interpénétration des arts graphiques, sonores et de la bande dessinée, c’est un festival ouvert à ceux qui bousculent les règles du 9ème art et à la fois à des maîtres plus reconnus ou internationaux comme Carlos Gimenez dont ils sont les premiers à avoir exposés les planches en France. Nous proposons donc à la Ville de prendre le relais pour que ce festival puisse continuer à Paris et perdurer dans les années à venir.

J’aborde maintenant les questions de personnel. Nous avons accueillis ce budget 2015 avec appréhension. Comment pourrait-il en être autrement après l’annonce de la baisse des dotations par l’État ? Nous le voyons dans de trop nombreuses collectivités, elles causent des dégâts importants qui se traduisent, in fine, par une dégradation des conditions de travail des agents et un recul du service public.

En ce qui nous concerne la masse salariale est relativement préservée dans le budget de la Ville, sachant qu’il est prévue une augmentation de 1,7 % due en grande partie à la progression des carrières. Et pourtant n’oublions pas que les fonctionnaires restent victime du gel du point d’indice depuis 2010 .Nous appelons d’ailleurs Madame la Maire nous appelons madame la maire dans un vœu à interpeller le ministre de la fonction publique pour mettre fin à ce blocage..

L’augmentation de la masse salariale appelle une deuxième remarque : le solde net du budget emploi de la Ville sera positif, ce qui n’était pas arrivé depuis des années. La masse salariale va continuer de s’accroître et c’est une bonne chose pour nous qui considérons les dépenses de personnel, comme des investissements vertueux, utiles à la collectivité. Mais il y a encore de nombreux secteurs qui manquent de personnel comme la petite enfance, la propreté, les parcs et jardins, les ASEM.
Nous remarquons ensuite l’effort consenti en direction des services publics de proximité et des nouveaux équipements. Mais cet effort, réalisé au prix de redéploiements dans les services fonctionnels, nous pose lui aussi question. Car même si les postes disparaissent, certaines missions, qui étaient exercées par des services fonctionnels, ne disparaîtront pas pour autant et devront être assuré par les agents de service de proximité. Pour prendre l’exemple des bibliothécaires : l’an passé, la décision a été prise de fermer le service central qui s’occupait de la préparation des documents, du coup ce sont les bibliothécaires eux-mêmes qui doivent s’en occuper et donc consacre moins de temps aux usagers : cette situation n’est pas positive.

Ces données qualitatives ne ressortent pas des tableaux et statistiques mais nous devons les prendre en compte si nous ne voulons pas que les redéploiements se traduisent par une dégradation du service public.

Dans de nombreux services, la politique de redéploiement a atteint ses limites et ne permet plus de répondre aux enjeux, aux besoins constatés sur le terrain. C’est le cas notamment au sein de la direction de la propreté, C’est la raison pour laquelle nous avons déposé un vœu rattaché à ce budget. Il manque à l’heure actuelle plusieurs centaines de poste d’éboueurs sur l’ensemble de Paris. Nous avons également besoin de postes d’encadrants et d’agents verbalisateurs chargés de faire respecter les règles élémentaires de propreté sur les voies et espaces publics.

Je réagirai au passage au propos de la Droite et à la proposition phare du contre budget de l’UMP en matière de personnel : la réduction de l’absentéisme. Pointer les agents comme une variable d’ajustement du budget est à proprement parler scandaleux ! Je rappellerai à Madame Kosciusko Morizet quelques chiffres simples qui lui feront prendre conscience, je l’espère, de la pénibilité du travail des agents de la fonction publique territoriale. Une récente étude du cabinet Sofaxis sur l’absentéisme nous apporte justement des éléments objectifs sur le sujet : nationalement, 30% des agents publics territoriaux travaillent le dimanche, même occasionnellement, contre 25,8 % dans le secteur privé, 16 % remplissent des astreintes contre 8 % dans le privé, 35,1 % sont exposés à des risques biologiques contre 18 % des salariés du privé. En 2010, 10% des départs en retraite se sont faits au motif de l’invalidité. Dans ces conditions, nous ne pouvons pas accepter que l’absentéisme des agents soit qualifié de gaspillage et qu’en creux, la Droite se permette de considérer les fonctionnaires comme des fainéants qui profiteraient des soi-disant largesses du service public. Nous pourrions peut-être proposer au directeur de la DPE d’intégrer nos chers collègues de l’UMP dans ses équipes d’éboueurs. Cet enseignement en vaudrait sûrement 1000 autres et leur ferait à coup sûr changer d’avis sur l’absentéisme.

Pour finir, le groupe communiste a également souhaité aborder la question du travail du Dimanche des agents. Nous le savons, c’est une question d’ampleur. Là encore, contrairement à ce que dit la Droite, Paris est loin d’être une ville morte le Dimanche. Pour preuve, plusieurs milliers d’agents municipaux travaillent le Dimanche dans les médiathèques, les parcs et jardins, les équipements sportifs. Depuis des mois les agents des piscines se battent pour !’Augmentation de leur prime et une égalité de traitement avec les personnels des autres directions mais aujourd’hui, du fait des élections professionnelles et d’autres motifs, le dialogue entre les organisations syndicales est au point mort. Nous présentons donc un vœu qui demande la reprise du dialogue social. Nous devons avoir un débat sur la nécessité ou pas de faire fonctionner certains services publics le dimanche. Dans certains cas cela se justifie, dans d’autres beaucoup moins mais dans tous les cas la concertation avec les salariés et la juste compensation des efforts consentis doit être notre boussole.

Publié le

16 décembre 2014

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