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Intervention de Raphaëlle Primet sur la dénomination belvédère Willy Ronis (20e)

Intervention en séance du conseil de Paris des 16, 17 et 18 mars 2015

Madame la maire,
Mes cher-es collègues,

La photographie est un art et Willy Ronis est et restera un artisan.

Cet enfant de Paris né de parents immigrés juifs ayant fui les pogroms, avait tout connu de la photographie avant d’être un photographe connu.

Les enfants posant sur des peaux de bête, des mariés timides sur un fond peint, des retouches de rides pour des photos de famille, il avait tout fait avant qu’en 1936, le photoreportage ne devienne sa passion.

On a toutes et tous en nous comme parisienne et parisien, un cliché de Ronis en tête, particulièrement de ces enfants dévalant les contreforts de Belleville ou de Ménilmontant, sur des caisses à savon improbables.

Il nous parle du Paris populaire des années 50. Celui où l’on entendait le claquement de talons sur les pavés, celui de la sonnette du contrôleur de bus, celui du poinçonneur pas forcément des lilas, celui où les bouteilles de rouges s’achetaient en caisse et où la baguette de pain n’était pas vendue en sachet…

Et où même en plein désert des hommes se souvenaient de Paname en respirant un ticket de métro.

Ronis a su donner non seulement une image mais un parfum, une musique, ah si les photos pouvaient parler on entendrait la gouaille du petit peuple de paris et les ritournelles des chanteurs des rues à peine interrompues par les cris du « rémouleur » ou du « vitrier » ambulant.

Ronis aimait aussi le peuple des usines et le peuple en marche pour le pain la paix et la liberté.

Il restera fidèle, sans carte, à son engagement communiste d’après-guerre. Il a déambulé tant que sa santé lui permettait dans les allées de la fête de l’Huma.
Il aimait ce peuple de Paris qui a encore tant besoin de son humanité et de sa chaleur.
Alors oui, le belvédère surplombant Belleville, c’est-à-dire tout paris est un excellent choix.
Ne disait-il pas : « La majorité de mes photographies sont composées en hauteur, car je travaille en surplomb pour faire émerger les différents plans distinctement. C’est pour moi comme les trois ou quatre portées d’une fugue de Bach ».
Que ce lieu soit propice à l’éclosion de nouveaux talents de photographes le Paris populaire a encore besoin de témoins…

Je vous remercie

Publié le

19 mars 2015

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