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Intervention de Raphaelle Primet sur la dénomination "Jardin des Combattants de la Nueve" au jardin de l’Hôtel de Ville (4e)

Intervention en séance du conseil de Paris des 16, 17 et 18 mars 2015

Madame la Maire,
Mes cher-es collègues,

« C’est les français » voilà le cri qui a parcouru nos rues et nos avenues en ces journées d’août 44, pendant lesquelles les parisiens se remirent à reprendre le chemin des barricades. Les premiers chars étaient bien français mais conduits par des espagnols qui avaient traversé la guerre civile, la campagne d’Afrique et qui allaient aider les parisiens à recouvrer la Liberté.

Paris se libérait par lui-même, mais l’aide de la deuxième DB du général Leclerc arrachée de haute lutte auprès du commandement allié, allait être décisive.
Le temps me manque pour rappeler le destin de ces 160 hommes qui prirent part aux combats de la capitale.

La majorité d’entre eux anarchistes espagnols avaient connus le destin douloureux de ceux qui avaient combattu jusqu’au bout contre le franquisme, mais avaient dû, en 39, abandonner armes et bagages aux postes frontières des Pyrénées.
La France était passée de la non intervention à la méfiance et c’est sans ménagement aucun que beaucoup de républicains espagnols ont été parqués dans les camps d’Argelès ou d’ailleurs.

Ils avaient pourtant combattu pour la Liberté…

Beaucoup sont envoyés dans le sud algérien où ils travailleront dans des conditions épouvantables à améliorer les réseaux routiers et construiront des pistes d’aviation.
Beaucoup choisiront de s’engager dans l’armée française qui se reconstitue après le débarquement de novembre 1942 des alliés en Afrique du Nord.

Se battre, ils l’avaient déjà fait à Barcelone ou à Teruel. Et puis il y avait ce doux rêve de libérer d’abord la France puis la France et les alliés les aideraient à libérer l’Espagne de ce Franco qui avait prêté main forte à Hitler.

Alors quand les half tracks pénètrent dans Paris c’est pour ces hommes une première victoire et un avant-goût du retour à Madrid.

Leur histoire aurait pu être effacée tant les mythes dépassent souvent la réalité et il était important de dire que les français s’étaient libéré eux-mêmes qu’ils soient des forces françaises de l’intérieur ou de l’armée de Leclerc.

Patiemment, inlassablement, les survivants, les historiens n’ont eu de cesse que la France et bien entendu Paris rende hommage à ces soldats de la Liberté.

Ce fut fait des plaques ont été apposées, Madame la Maire et Catherine Vieu Charrier ont contribué à redonner à la « Nueve » la place qui était la sienne dans les combats de la libération de Paris et plus largement dans l’Histoire de France.

Le prix qu’ont payé ces hommes qui se sont battu pour notre Liberté est énorme, cela vaut aussi pour les combattants venus du Maghreb ou de l’Afrique sub saharienne.

Au moment où certains refont l’histoire et rendent ouvertement hommage à l’OAS, la décision que nous allons prendre ici montre notre attachement à l’esprit de la libération mais plus encore aux constituants de 1793 qui voulaient que l’on soit français si on avait d’une manière ou d’une autre aidé un citoyen ou la République elle-même.

Bel exemple de fraternité et d’universalité du message révolutionnaire. Certains feraient mieux de s’inspirer de ces pages d’histoires là.

Publié le

19 mars 2015

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