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Intervention de Raphaelle Primet " Nous n’approuvons pas le déménagement de la DPA, cette direction a surtout besoin de nouveaux postes "

Séance du Conseil de Paris des 29, 30, 1er et 2 juillet 2015

Madame la Maire, mes chers collègues

Nous profitons de cette délibération pour aborder de manière plus générale la réorganisation de la Direction du Patrimoine et de l’Architecture et le mouvement social en cours des agents de la DPA porté par une large intersyndicale à l’exception de la CFDT. Fait assez rare pour être souligné, le projet de réorganisation de la DPA a réussi à créer l’union des cadres et des ouvriers dans une direction historiquement très clivé dans ses métiers.

La réforme de la DPA avait déjà débuté sous l’ancienne mandature, avec à la clef 147 suppressions de postes. Sous celle-ci, les restructurations continuent avec un projet de direction intitulé « mieux vivre au travail », dont les objectifs consisteraient à rapatrier les fonctions bâtiment des directions au sein de la DPA, à créer un réseau des magasins, un réseau des ateliers de fabrication, ainsi que des subdivisions dédiées à l’exploitation technique dans chaque service, tout en « diminuant les échelons hiérarchiques » et « vérifier la taille critique des équipes ».

Dans les faits, cela se traduit essentiellement par une démarche de rationalisation des coûts avec une mise sous tension des effectifs et des suppressions de postes lors des transferts massifs de personnel vers la fonction bâtiment. En clair, nous craignons que le but recherché soit bien plus de réaliser les économies, du fait des coupes imposées par le gouvernement à toutes les collectivités, que d’améliorer réellement la qualité du service.

Cette réforme de la DPA permettrait de supprimer 150 postes au cours de cette mandature et 28 dès cette année. Alors même que la DPA est une direction dans laquelle les surcharges et la dégradation des conditions de travail sont monnaie courante. Beaucoup d’agents, cadres et ouvriers, expriment une souffrance au travail due à l’impossibilité matérielle d’exercer correctement l’ensemble des missions qui leurs sont confiés. Beaucoup d’entre eux craignent d’ailleurs que les missions qu’ils ne pourront réaliser dans les temps, soient confiés secteur privé.

A cela s’ajoute le démantèlement de la filière ouvrière et la perte des cœurs de métiers. Par le passé, les ateliers de la DPA étaient structurés autour de métiers très identifiés comme les menuisiers ou les électriciens. Mais la tendance actuelle est à la polyvalence des agents et au recentrage des métiers sur l’entretien des bâtiments. En résumé, la DPA demande aujourd’hui à ses menuisiers et à ses électriciens de devenir des sortes de « bricoleurs », ce que les ouvriers vivent comme une dévalorisation complète de leur qualification.

Les premières négociations ont montrées quelques avancées. Je pense notamment au déblocage des 10 millions d’euros pour la rénovation des locaux, la création de 244 places de stationnement pour faciliter les déplacements des agents, la prime annuelle portée de 700 à 735 € en 2015, puis de 735 à 770€ en 2016 ou encore la « Sanctuarisation » des effectifs des SLA pour 2016, même si cela fait craindre aux syndicats une accélération des suppressions de poste sur la fin 2015 . Mais le compte n’y est pas et le déménagement du siège vers la ZAC Bédier a été vécu comme la cerise sur le gâteau, la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.

En effet ces nouveaux bâtiments situés à la porte d’Ivry, dans le 13e arrondissement, sont excentrés par rapport à la localisation actuelle en plein cœur de Paris. Cela va considérablement augmenter les temps de déplacements quotidien d’une majorité d’agents. D’une part, les trajets domicile/travail vont être rallongés pour la majeure pour ceux qui habitent dans le 93 et le 95 et qui sont très majoritaire au sien de la DPA. D’autre part, les déplacements journaliers, liés à l’exercice de leur mission, vont tout autant s’allonger avec la perte de centralité du siège de la gare de Lyon qui leur permettait de rejoindre, dans des temps quasi équivalents, n’importe quel chantier à Paris. Chacun le sait, « le temps c’est de l’argent » et donc cette perte de temps engendrera des surcoûts pour la ville.

De plus, les nouveaux bureaux seront organisés en « open-space », technique managériale infantilisante et culpabilisatrice dont le rôle est principalement d’assurer la surveillance des équipes tout en économisant des mètre carrés. Mes chers collègues, si vous ne connaissez pas je vous propose de tester le confort du travail en « open-space » sur lequel les grandes entreprises privées commencent d’ailleurs à revenir.

En conclusion, alors même que nous sommes convaincus de l’intérêt de créer des logements sociaux au cœur de Paris et de décentraliser l’emploi dans l’est de Paris, nous avons des doutes sur cette démarche en ce qui concerne la DPA.
Nous soutenons les demandes des salariés quant au maintien des postes et à la création de nouveaux, ainsi que leur demande de respect des métiers et d’accès à la formation professionnelle. Voilà pourquoi nous nous abstiendrons sur cette délibération.

Publié le

2 juillet 2015

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